Sōwilō

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis Sieg Rune)
Aller à : navigation, rechercher
Crystal Clear app fonts.svg Cette page contient des caractères spéciaux ou non latins. Si certains caractères de cet article s’affichent mal (carrés vides, points d’interrogation…), consultez la page d’aide Unicode.

"Rune Sieg" et "Sieg rune" redirigent ici. Pour le symbole nazi, voir Insigne de la Schutzstaffel.

Sōwilō
« Soleil »
Nom
Proto-germanique Vieil anglais Vieux norrois
*Sōwilō Siȝel Sól
Tracé
Vieux futhark Futhorc Futhark récent
Runic letter sowilo.svg Runic letter sowilo variant.svg Long-branch Sol.png Long-branch Sol.png
Unicode (HTML)

U+16CA
(#5834;)

U+16CB
(#5835;)

U+16CC
(#5836;)
Transcription et translittération
s
API
[s]
Position dans l'alphabet
16 16 11
Évolution de Sōwilō

Sōwilō est la seizième rune du Futhark et la huitième de la famille de Hagalaz. Elle est précédée d’Algiz et suivie de Tiwaz. Elle est nommée Sigel (Siȝel) en anglo-saxon et Sól en vieux norrois. Dans toutes ces langues, elle désigne la personnification du Soleil, Sól.

Le Codex Vindobonensis 795 donne un nom de lettre correspondant dans l’alphabet gotique sous la forme sugil, restitué en gotique comme sauil, 𐍃. *Sōwilō est la forme reconstruite pour le proto-germanique à partir de cette correspondance.

D’un point de vue étymologique, le mot « soleil » présente dans les langues germaniques une alternance entre les racines -l- et -n- : ainsi on peut opposer le proto-germanique *sunnon (vieil anglais sunne, vieux norrois, vieux saxon et vieux haut-allemand sunna) à *sōwilō ou *saewelō (vieil anglais siȝel, vieux norrois sol, gotique sauil, vieux saxon *sôwal, *sôl). Cette particularité trouve ses origines dans l’alternance proto-indo-européenne *suwen- / *sewol- (cf. avestique xweng / latin sol, grec ancien helios, sanskrit sūrya, gallois haul, breton heol), vestige d’un système de déclinaisons archaïque dit hétéroclitique qui ne s’exprima que dans les langues anatoliennes.

Cette rune notait à l'origine le son [s].

Elle est identique graphiquement et phonétiquement à la lettre phénicienne Phoenician sin.svg, Šin [ʃ] (Soleil) issue du protosinaïtique Proto-Canaanite - shin.png, qui sera reprise par le sigma Σ grec ionien (noté ᛋ jusque vers 400 avant J.C)[1] puis le EtruscanS-01.png S étrusque et le 𐌔 italique (semblable par ailleurs au Phoenician nun.svg nun phénicien). Elle est aussi proche des San ϻ grec archaïque (alternative à sigma)[1] et tsan и acadien, voire du Phoenician sade.svg tsade [sʼ] phénicien[2].

Poèmes runiques[modifier | modifier le code]

Les trois poèmes runiques décrivent cette rune :

Poème runique[3] Traduction en français

Vieux norvégien
ᛋ Sól er landa ljóme;
lúti ek helgum dóme.


Le Soleil est la lumière du monde ;
je m’incline face au jugement divin.

Vieil islandais
ᛋ Sól er skýja skjöldr
ok skínandi röðull
ok ísa aldrtregi.
rota siklingr.


Le Soleil est le bouclier des nuages
et rayon lumineux
et destructeur de glace.

Anglo-saxon
ᛋ Sigel semannum symble biþ on hihte,
ðonne hi hine feriaþ ofer fisces beþ,
oþ hi brimhengest bringeþ to lande.


Le Soleil est pour toujours l’espoir des marins,
quand ils voyagent sur le bain des poissons,
jusqu’à ce que le coursier des eaux les mène à la terre.

Usages au XXe siècle[modifier | modifier le code]

Emprunté à la mystique völkisch, la rune est un des symboles les plus utilisés par le régime national-socialiste (à travers ses trois plus pléthoriques organisations), sous le nom de Sieg rune (rune de la Victoire). La rune doublée est le sigle de la Schutzstaffel. Moins connu car non visible sur les uniformes et dans les pays occupés, la Sieg rune est aussi un des principaux emblèmes de la Jeunesse hitlérienne [4], et fait partie de celui de la SA. Sól est de plus visible dans le symbole du Soleil noir.

La Sieg rune couplée à la clef de la division Leibstandarte forme le blason divisionnaire de la 12. SS-Panzerdivision Hitlerjugend.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Laurent Pflughaupt, Lettre latines, Éditions Alternatives, , 158 p., p. 116
  2. Il est plus hasardeux de remonter au hiéroglyphe /ʃ/ (Aa32)-Soleil, qui présente néanmoins une sinuosité que l'on retrouve dans les lettres protosinaïtiques Mem-eau et Nun-poisson/serpent. Si le serpent/Apophis égyptien est paradoxalement l'opposé du Soleil, le poisson Samech (consonne sifflante comme tsade) à la valeur phonétique [s].
  3. Poèmes et traduction en anglais sur cette page.
  4. [1]