Sheshonq (grand prêtre de Ptah)
| Sheshonq | |
Le grand prêtre de Ptah Sheshonq en prière. La légende devant lui précise : Le fils du maître des deux terres Osorkon II et de Karoma, sa mère | |
| Surnom | Shéshonq (D) |
|---|---|
| Famille | |
| Grand-père paternel | Takélot Ier |
| Grand-mère paternelle | Kapes |
| Père | Osorkon II |
| Mère | Karoma II Mérytmout |
| Enfant(s) | ♂ Takélot (B) |
| Fratrie | ♀ Tjesbastperet ♂ Nimlot II ♂ Hornakht ♀ Karomama (Karomama Mérytmout ?) ♀ Tashaâkhéper ♀ Taiirmer ♀ Tanytsepeh ♂ Sheshonq III ? ♂ Ioupout Ier ? |
| Sépulture | |
| Type | Tombeau |
| Emplacement | Memphis |
| Date de découverte | 1942 |
| Découvreur | Ahmed Badawy |
| Objets | Sarcophage Amulettes Bracelets en or Fragments de colliers Quatre vases canopes en albâtre 200 ouchebtis |
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Sheshonq, nommé aussi Shéshonq (D)[note 1], fils d'Osorkon II était grand prêtre de Ptah sous le règne de ce dernier.
Généalogie
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Fils du roi Osorkon II et de la reine mère Karoma II Mérytmout, il est nommé à la tête du clergé memphite par son père qui, dès son accession au trône, mène une politique de contrôle des principaux pouvoirs du pays ainsi que des rouages qui en découlaient[1]. Sheshonq administrait ainsi directement, officiellement au nom de pharaon, tous les biens des temples dépendant du culte de Ptah de l'antique capitale et des environs, présidant aux rites principaux de la cité ainsi qu'au culte de l'Apis.
Sheshonq (D) a un fils : Takélot (B), qui hérite de sa fonction de grand prêtre de Ptah à Memphis, et cumule également la fonction de grand chef des Mâ. Sa descendance est à la tête du clergé memphite de Ptah, au moins jusqu'au règne de Sheshonq V[2].
Sheshonq (D) est qualifié par le titre de jry-p‘t (« iry pat »), qui par sa traduction habituelle en « prince héréditaire » a laissé penser qu'il était l'héritier présomptif au trône. Cependant, il semblerait qu'il soit mort après son père, sous le règne de Sheshonq III, indiquant qu'il n'a pas hérité du trône[2].
Inhumation d'un taureau Apis
[modifier | modifier le code]En l'an 23 du règne, survient un événement capital pour le pays et surtout pour la ville de Memphis. Le taureau Apis, hypostase du dieu Ptah, meurt ce qui jette tout le pays dans une grande affliction. En tant que grand pontife, Sheshonq préside donc aux cérémonies liées à l'inhumation du taureau[3]. On transporta l'animal sacré dans la ouâbet[note 3] que le fondateur de la dynastie avait fait édifier à l'ouest du grand temple de Ptah afin de préparer le corps pour son voyage dans l'au-delà. Puis au bout du temps nécessaire, le taureau devenu Osiris-Apis était alors conduit par le grand prêtre dans les catacombes du Sérapéum de Saqqarah où un caveau lui avait été spécialement préparé. Il y est enterré avec tous les honneurs dus à un dieu vivant, sa dépouille momifiée placée dans un sarcophage, les vases canopes contenant ses viscères embaumés placés à côté de lui, les traditionnels ouchebtis déposés dans la tombe. Une fois les rites funéraires accomplis, on procéda à la fermeture du caveau et apposa une stèle relatant le procès-verbal de cette cérémonie[note 4].
Monument
[modifier | modifier le code]Osorkon II fit édifier une chapelle funéraire à Memphis même en l'honneur des dieux de Memphis et de son fils. Située à l'ouest du grand temple de Ptah, dans le district d'Ânkh-Tâouy, elle a été identifiée en 1942 par l'égyptologue égyptien Ahmed Badawy.
Ses vestiges retrouvés sur place ont permis de remonter l'entrée principale, décorée en l'honneur des dieux de Memphis, et devant lesquels Osorkon II et son noble fils officient.
Un examen attentif du relief du linteau permet de penser à une réutilisation d'un relief plus ancien pour cette partie de l'édifice. Plusieurs détails indiquent en effet que le relief a été repris notamment dans les cartouches royaux mais surtout pour la représentation de Sheshonq lui-même.
La pierre a été nivelée et un nouveau tableau en bas-relief a été exécuté pour la figure du grand prêtre, agenouillé derrière Pharaon, devant les divinités qui sont figurées en haut-relief.
Le style indiquerait une œuvre du Nouvel Empire, ce qui en soi n'a rien d'étonnant, mais démontre que les édifices royaux de cette époque pourtant « récente » pour la XXIIe dynastie faisaient déjà l'objet de réemploi et dans le meilleur des cas de remaniement.
Autre détail intéressant pour l'époque de ce réemploi, le grand prêtre, certes fils royal, s'est fait représenter à la même échelle que pharaon. D'autres exemples de cette volonté manifeste d'égaler le roi sur les représentations officielles sont connus, notamment pour les grands prêtres d'Amon lors de la XXIe dynastie.
Les montants de la porte et le reste des reliefs du monument datent de Sheshonq et le représentent faisant des offrandes aux dieux des nécropoles, dont Osiris, suivi et épaulé par Isis et Nephtys, Sokar, Hathor et Anubis. Ce dernier est représenté par deux fois, encadrant de part et d'autre la porte dans la position classique du chacal couché sur un coffre, le flagellum nekhekh émergeant de son dos et le sceptre sekhem entre les pattes avant, en tant que gardien des tombes.
Le monument est actuellement exposé dans les jardins du Musée du Caire.
Il s'agit de la chapelle funéraire qui recouvrait le tombeau du grand prêtre dans une nécropole installée dans ou à proximité de l'enceinte temple de Ptah comme les divines adoratrices d'Amon le feront dans l'enceinte du temple de Médinet Habou à Thèbes, ou encore les rois des XXIe et XXIIe dynasties en faisant du temple d'Amon à Tanis leurs nécropoles dynastiques.
Sépulture
[modifier | modifier le code]| Le prince, le doyen des chefs des artisans, Sheshonq | ||||||||||||||
| jry-p‘t wr ḫrp ḥmw Ššnq |
Découvert et fouillé en 1942 par Ahmed Badawy, le tombeau de Sheshonq avait été pillé, sans doute dès l'Antiquité. Il a livré néanmoins les restes d'un viatique funéraire assez riche digne d'un prince de son rang dont notamment des vases canopes en albâtre, don du roi à son fils, ainsi qu'un grand nombre d'ouchebtis destinés à accompagner le défunt dans son voyage dans l'au-delà[4].
La tombe de Takélot, son fils, a été découverte à proximité.
Notes et références
[modifier | modifier le code]Notes
[modifier | modifier le code]- ↑ L'appellation avec une lettre entre parenthèses est définie par K. A. Kitchen dans son ouvrage The Third Intermediate Period in Egypt.
- ↑ L'expression maât-kherou qui suit le nom du prince est la formule usuelle chez les anciens Égyptiens désignant les défunts, que l'on traduit par justifié ou au bâ (à l'âme) juste de voix.
- ↑ Lieu où l'on procédait aux rites de momification.
- ↑ La tombe de cet Apis a été retrouvée par Auguste Mariette en 1852 lors des fouilles des petits souterrains qui réunissent les tombes des taureaux sacrés enterrés entre l'an 70 de Ramsès II et l'an 52 du règne de Psammétique Ier.
Références
[modifier | modifier le code]- ↑ Grimal 1988, Les Libyens, p. 419.
- 1 2 Payraudeau 2020, p. 122-123.
- ↑ Brugsch 1859, ch. XI, Osorkon II, p. 229 ; on notera qu'à l'époque de la rédaction de l'ouvrage le prince Sheshonq était identifié avec le pharaon éphémère Sheshonq II dont la sépulture sera retrouvée à Tanis en 1939.
- ↑ Aubert 1987, Tanis, ..., p. 150-151, ill. 33.
Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Heinrich Karl Brugsch, Histoire d'Égypte dès les premiers temps de son existence jusqu'à nos jours - Première partie : l'Égypte sous les rois indigènes, Leipzig, Librairie J. C. Hinrichs, ;
- Ahmed Badawy, « Das Grab des Kronprinzen Scheschonk, Sohnes Osorkon’s II. und Hohenpriesters von Memphis », Annales du service des antiquités de l'Égypte, no 54,
- Nicolas Grimal, Histoire de l'Égypte ancienne, [détail de l’édition], Les Libyens ;
- L. Aubert, Tanis, l'or des Pharaons, Paris, Association Française d’Action Artistique,
- Frédéric Payraudeau, L'Égypte et la Vallée du Nil : Les époques tardives, t. 3, Paris, PUF, coll. « Nouvelle Clio », , 624 p. (ISBN 978-2130591368).