Hypostase

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Le terme hypostase vient du mot hypostasis, terme latin qui à son tour vient du grec ancien ὑπόστασις/hupóstasis, qui désigne « l'action de se placer dessous ». La signification étymologique du substantif « hypostase » serait donc « ce qui est placé en dessous ». Il a comme doublet en français le mot « substance » (sub-stantia).

En partant de cette même origine étymologique le terme hypostase a été repris dans différents domaines et disciplines :

  • Hypostase en médecine. Dans le domaine médical le terme hypostase désigne une accumulation de sang dans la partie basse des poumons, accumulation produite en général à la suite d'une insuffisance cardiaque.
  • Hypostase en grammaire. Dans le domaine grammatical l'hypostase est la substitution d'une catégorie grammaticale par une autre. La substantivation est, par exemple, un phénomène d'hypostase grammaticale. L'adjectif « beau » devient ainsi un substantif lorsqu'on parle du beau comme d'un concept esthétique : « le beau » (terme où l'adjectif est utilisé comme un substantif par le biais d'une forme concrète d'hypostase, la substantivation).
  • Hypostase dans les arts. Dans le domaine artistique l'hypostase est la définition du soubassement d'un concept, par exemple « l'hypostase esthétique », qui définit les soubassements de l'esthétique. Ce terme fut cité pour la première fois dans le cadre d'un travail artistique collectif intitulé Cantina Project, réalisé par des artistes du mouvement néo-fluxus en résidence à l'ESAD Grenoble[réf. nécessaire].
  • Hypostase en égyptologie. Chaque dieu possède un animal par lequel il se manifeste. Ces animaux sacrés sont appelés hypostases. Par exemple, l'ibis est l'hypostase du dieu Thot, et de la même manière le crocodile est l'hypostase du dieu Sobek.
  • Hypostase en philosophie du droit. Hans Vaihinger, dans son ouvrage La philosophie du comme si, utilise l'hypostase pour décrire la tendance à poser dans l'être ce qui n'est au départ qu'une simple manière commode et fictionnelle de parler : « La personne juridique est l'hypostase d'un pur concept destiné à faciliter la description du droit[2] »[3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Éditions Larousse, « Définitions : hypostase - Dictionnaire de français Larousse », sur www.larousse.fr (consulté le 22 novembre 2016)
  2. (de) Hans Vaihinger, la philosophie du comme si,
  3. Christophe Bouriau, Les fictions du droit: Kelsen, lecteur de Vaihinger, ENS éditions, , 101 p.