Sequoyah

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Sequoyah (homonymie).
SE-QUO-YAH – une lithographie de Tribus indiennes, McKinney et Hall, 1856. Cette lithographie vient du portrait peint par Charles Bird King d'après un modèle vivant en 1828.

Sequoyah (ᏍᏏᏉᏯ Ssiquoya en langue cherokee), également connu sous le nom de George Guess, Guest ou Gist, né vers 1767 et mort en juillet ou août 1843 est un orfèvre cherokee et inventeur de l'alphabet cherokee.

Il en complète indépendamment la création en 1821, rendant par la même l'écriture et la lecture du Cherokee possible. Il est l'un des seuls membres d'un peuple pré-alphabétisé à avoir crée un système d'écriture original et efficace par lui-même[1]. La nation Cherokee commence rapidement à utiliser l'alphabet, celui-ci est officiellement adopté en 1825. Leur taux d'alphabétisation a rapidement dépassé celui des colons européens vivant autour d'eux[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

La première partie de sa vie est très mal connue. Comme noté par John B.Davis[3], peu de documents existent décrivant la vie de Sequoyah. Certaines anecdotes ont circulé oralement, mais celles-ci sont souvent en contradiction, ou trop vagues sur les dates et lieux.

Sequoyah est né dans la ville Cherokee Tuskegee autour de 1770. James Mooney, historien et anthropologiste, cite un de ses cousins disant de lui qu'il était un petit garçon passant la plupart de ses jeunes années avec sa mère. Sa date de naissance est estimée entre 1760 et 1776. Son nom peut venir du mot Cherokee siqua , voulant dire porc. Cependant, Davis dit que ce nom peut également être dérivé de sikwa, voulant dire opossum. Ce nom lui venait peut être d'une déformation physique à l'enfance, ou d'une blessure plus tardive qui le laissa handicapé.

La société Cherokee traditionnelle étant matrimoniale, et le clan de chacun étant obtenu au travers de la mère, les informations les plus pertinentes sur le passé de Sequoyah sont à trouver auprès de sa mère. Son nom était Wu-te-he, et elle appartenait au "Red Paint Clan". Elle avait deux frères, Tahlonteeska and Tahnoyanteehee[4]. Sequoyah avait au moins deux frères, Tobacco Will, un des signataires de la constitution Cherokee, et le Chef Dutch (U-ge-we-le-dv).

Les sources diffèrent quant au père de Sequoyah, certaines l'identifiant comme métis, allemand, ou anglais. Certains affirment qu'il aurait fait du commerce de fourrures ; d'autres affirment qu'il était le fils de Christopher Gist, un éclaireur de George Washington. Un article du Cherokee Phoenix, publié en 1828, affirme qu'il était métis et que son grand père était un homme blanc.

James Mooney (en), anthropologue et historien du peuple Cherokee indique que Sequoyah aurait vécu ses premières années avec sa mère dans le village de Tuskegee (Tennessee). Quoi qu'il en soit, il ne parlait pas l'anglais, ce qui pourrait être un indice que lui et sa mère ont été abandonnés par le père. À une date inconnue, mais antérieure à 1809, il s'installe dans la Wills Valley, en Alabama, en tant qu'orfèvre. Il est possible qu'il ait pris part à la guerre civile qui déchire les Creeks en 1813–1814. S'il était handicapé, il est peu probable qu'il aurait combattu, mais quelques historiens supposent que son incapacité était en fait le résultat d'une blessure de guerre.

L'Encyclopédie d'Alabama affirme que Sequoyah se marie à Sally Benge en 1815.

Sequoyah et la littérature Cherokee[modifier | modifier le code]

Exemple de caractères faisant partie du syllabaire imaginé par Sequoyah. Les trois premiers caractères se lisent tsalagi ce qui signifie cherokee.

En tant qu'orfèvre, Sequoyah est au contact de la population blanche. En 1809 il assiste à l'installation d'une imprimerie actionnée par des Blancs, tombée après un pillage dans les mains des Cherokees. Il est impressionné par le système d'écriture des colons, et comprend rapidement l'utilité d'avoir un système de communication permettant de transmettre des informations sur de grandes distances. Mais la majorité des Cherokee percevaient les systèmes d'écritures à l'époque comme de la sorcellerie, ou un cadeau spécial. Sequoyah refusait ces perceptions de l'écriture et décide d'inventer un système pour le Cherokee qui permettrait la communication sur le papier.

La création de l'alphabet[modifier | modifier le code]

Autour de 1809, Sequoyah entreprend la création d'un système d'écriture pour la langue Cherokee[1]. Au départ, il pense créer un caractère pour chaque mot. Il travail avec acharnement sur cette idée pendant un an, ses amis et voisins pensant qu'il a perdu la tête[5]. Sa femme brûle ses travaux initiaux, pensant qu'il s'agit de sorcellerie.

Sequoyah réalise rapidement que son approche est mauvaise et peu pratique. Les mots Cherokee sont trop nombreux, il faudrait se souvenir de beaucoup trop d'images. Il essaye alors de créer un symbole par idée, mais cette approche pose également trop de problèmes pratiques[3].

Sequoyah décide alors de développer un symbole pour chaque syllabe dans le langage. Après environ un mois de travail, il obtient un système de 86 caractères, certains latins qu'il obtient dans un livre d'orthographe[5]. "Dans la forme actuelle, beaucoup des caractères de l'alphabet ressemblent à des lettres romaines, ou grecques", dit Janine Scancarelli, une universitaire travaillant sur l'écriture Cherokee. "Mais il n'y a pas de relations apparentes entre leur son dans aucun autre langage et dans le Cherokee ".

Enseigner l'alphabet[modifier | modifier le code]

Sequoyah enseigne l'alphabet en premier à sa fille de six ans[6], Ayokeh, ne trouvant aucun adulte prêt à l'apprendre. Il voyage dans les réserves indiennes du territoire de l'Arkansas, où quelques Cherokee se sont installés. Quand il essaye de convaincre les chefs locaux de l'utilité de l'alphabet, beaucoup doutent de lui. Sequoyah demande alors à chaque chef de dire un mot, il l'écrit, puis appelle sa fille pour qu'elle vienne lire le mot. Cette démonstration convainc les chefs de le laisser apprendre l'alphabet à plus de monde. Ce processus prit quelque mois, durant lesquels des rumeurs selon lesquels ils apprenaient de la sorcellerie à ses élèves circulèrent. Après avoir terminé les leçons, Sequoya dicta une lettre à chaque étudiant, puis la réponse. Ce test convainc les Cherokee de l'Ouest que l'alphabet avait une utilité pratique.

Quand Sequoyah retourna à l'est, il emmena une enveloppe scellée contenant un discours écrit par l'un des chefs cherokee de l'Arkansas. En lisant ce discours, il convainc les Cherokee de l'est qu'il était nécessaire d'apprendre rapidement l'alphabet, qui se diffusa très rapidement par la suite[7],[5].

En 1824, le Conseil Général des Cherokee de l'est offrit à Sequoyah une médaille d'argent en honneur de l'alphabet.

Utilisation de l'alphabet dans les documents officiaux et les publications[modifier | modifier le code]

En 1825, la Nation Cherokee adopte officiellement l'alphabet. En 1826, le Conseil National Cherokee commanda George Lowrey et David Brown pour une traduction et impression de huit copies des lois de la nation Cherokee en Cherokee utilisant le nouvel alphabet. De 1828 à 1834, les missionnaires américains assistèrent les Cherokee dans l'utilisation de l'alphabet, pour développer et imprimer le Cherokee Phoenix, le premier journal de la nation Cherokee, écrit à la fois en Cherokee et en anglais.

L'impact de Sequoyah au delà de la nation Cherokee[modifier | modifier le code]

La nouvelle qu'un illettré Cherokee aurait créé un alphabet se répandit au travers des Etats Unis. Un missionnaire travaillant dans le nord de l'Alaska apprit la nouvelle et créa un alphabet, maintenant connu sous le nom de Cree syllabics. Cet alphabet en inspira beaucoup d'autres au travers du Canada.

Mémoire[modifier | modifier le code]

Sequoyah Memorial en face du Musée Cherokee en Caroline du Nord.

Le nom de Sequoyah fut donné à un district de l'Oklahoma. Enfin, dans les années 1920, un rassemblement de cinq tribus élabore un projet de constitution pour un État qui aurait été situé sur le territoire de l'Oklahoma et aurait porté le nom d'« État de Sequoyah ».

Son nom fut également donné à un arbre, le séquoia (également connu sous le nom de wellingtonia) en raison de sa force et de sa persévérance[8]. Cette dédicace fut faite par le botaniste autrichien Stephan Ladislaus Endlicher.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b John Noble Wilford, « Carving From Cherokee's Script's Dawn », New York Times,‎
  2. John Noble Wilford, « Carvings From Cherokee Script's Dawn », New York Times,‎
  3. a et b John B. Davis, « The life and Work of Sequoyah », Chronicles of Oklahoma,‎
  4. (en) « Sequoyah », sur Cherokee Nation
  5. a, b et c G.C, « Invention of the Cherokee Alphabet », Cherokee Phoenix,‎
  6. Langguth, {{Ouvrage}} : paramètre titre manquant, p. 70
  7. Ellias Boudinot, Invention of a New Alphabet, American Annals of Education,
  8. Foreman 1938, p. 3

Annexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]