Sémiophonie

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La sémiophonie est une méthode de rééducation des troubles du langage. Élaborée, à partir de la fin des années 1960, par le Docteur Isi Beller selon l'idée que la plupart des troubles du langage sont l'expression de troubles relationnels, la question était alors que pouvait signifier rééduquer et que pouvait-on chercher à rééduquer ?

La méthode sémiophonique est le fruit de recherches, d'observations cliniques et d'exercice de Isi Beller, phoniatre, psychanalyste, de ses connaissances des théories linguistiques (Saussure, Jakobson), psychopédagogiques (Piaget), des gestaltistes (Gelb, Goldstein), philosophiques, des travaux des neuropsychiatres notamment Ajuriaguerra[Lequel ?], Pierre Marie, A.R. Luria ; elle a pour cœur surtout un dispositif original permettant la réorganisation des automatismes du langage via un appareil le « lexiphone » dont il est l'inventeur et d'un protocole visant à reparcourir sur un mode accéléré différents stades de l'acquisition et du développement des capacités d'expression.

L'objet de cette méthode est de réorganiser et de stimuler la perception auditivo-verbale ; ses enjeux, de favoriser différents aspects participant du développement du langage comme l'attitude catégorielle, et de recréer la possibilité d'une circulation entre les facultés gnosiques, praxiques et affectives : la fonction du langage se structurant à partir de la communication que l'enfant établit peu à peu avec l'univers qui l'entoure, elle ne saurait être réduite à un phénomène strictement physiologique, mécanique, phonétique, phonémique ou grammatical.

Elle permet de pallier les difficultés généralement désignées sous les noms de dyslexie, retard de langage, mais aussi d'autres désordres identifiés sous les termes de dyspraxie, dyscalculie, dysorthographie, des troubles de l'attention ou des problèmes de concentration aussi, voire dans certain cas des troubles du comportement - apathie, « hyperactivité » autrement appelée trouble du déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité.

Processus[modifier | modifier le code]

Selon le Docteur Beller, « La sémiophonie est fondée sur une conception essentiellement phonologique (reposant sur les sons propres à une langue) de la dyslexie. Je propose que l'enfant dyslexique soit ramené au stade du langage tel qu'il l'entendait au cours des premiers mois de sa vie, quand les mots n'avaient pas encore de signification pour lui. Ces éléments significatifs - la mélodie des mots, la capacité de séparer le langage en syllabes - doivent être automatisés dans le cerveau pour que l'enfant puisse aborder le problème de la signification. »

La sémiophonie est une méthode audio-phonatoire destinée aux enfants, adolescents et adultes atteints d’un trouble du développement du langage (retard de parole, dyslexie-dysorthographie…). .

Cette méthode fait appel à un appareil appelé « lexiphone », qui agit sur la boucle audio-phonatoire du patient. Dans la pratique il s'agit d'un micro-casque couplé à un système d'enregistrement.

Depuis 2010, le logiciel Dialogo, développé par l'association Lexidia[1], intègre tous les éléments nécessaires à la méthode sémiophonique.

Dispositif[modifier | modifier le code]

La rééducation sémiophonique nécessite l’utilisation d’un lexiphone, qui a la capacité de modifier acoustiquement les sons que le sujet perçoit dans des écouteurs[2].

Le but est rééduquer à l'enfant les éléments structuraux constitutifs de la parole tels qu’ils se sont mis en place dès l’origine, au moment où celui-ci découvrait sa capacité de discriminer et de décoder les phonèmes et les mots.

Cet appareil permet d’agir sur la sensibilité prosodique en accentuant les éléments structurants rythmiques et acoustiques des mots et des phonèmes. En les accentuant, l'appareil permettrait à l'enfant d'apprendre à distinguer la structure des phonèmes et des mots.

Selon le docteur Beller, « en règle générale, on compte quatre-vingt-dix séances, à raison de deux séances d'une heure par semaine »[3].

Aspects cliniques[modifier | modifier le code]

Une étude, subventionnée par le ministère français de la Santé, menée dans quatre hôpitaux Parisiens Robert Debré, Trousseau, Val-de-Grâce et la Salpêtrière() a été menée auprès de trois groupes de 9 enfants dyslexiques, sous la surveillance de l'Inserm.

Neuf enfants ont suivi une méthode orthophonique traditionnelle, neuf autres la méthode de Paula Tallal (méthode FastForWord parfois appelée « méthode américaine ») et les neuf derniers une méthode sémiophonique.

Le rapport est disponible sur Internet : [1]. L'étude ici résumée [2] conclut que les trois méthodes ne se distinguent pas par des résultats quantitativement différents mais pourraient offrir des prises en charge complémentaires. Il faut cependant relever le fait que cette étude ne portait que sur 27 sujets (dont seulement 5 filles) et que ses résultats n'ont pas fait l'objet d'analyses statistiques rigoureuses, ce qui en limite fortement la portée.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Louise L. Lambrichs, La Dyslexie en question, Préf. Dr Isi Beller, Paris, Robert Laffont, 1989.
  • Isi Beller, La Sémiophonie, Paris, Maloine, 1973.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Lexidia », sur lexidia.org.
  2. Réf : Orthomagazine no 48 -octobre 2003.
  3. http://www.apedys.org/dyslexie/article.php?sid=339.