Rue de la Brasserie 21-23

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Projet "Brasserie"
Image illustrative de l’article Rue de la Brasserie 21-23
Projet "Brasserie", 21-23 rue de la Brasserie (2019)
Localisation
Situation 21-23 rue de la Brasserie, 1050 Ixelles
Région de Bruxelles-Capitale
Drapeau de la Belgique Belgique
Coordonnées 50° 49′ 40″ nord, 4° 22′ 28″ est
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Projet "Brasserie"
Géolocalisation sur la carte : Belgique
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Projet "Brasserie"
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Projet "Brasserie"
Architecture
Type Immeuble (logement social)
Style Architecture contemporaine avec références Art nouveau
Niveaux 6
Superficie 1 380 m2
Histoire
Architecte Cabinet R2D2 Architecture
Commanditaire Commune d'Ixelles
Date d'érection Octobre 2010

Le bâtiment du 21-23, rue de la Brasserie à Ixelles[1],[2] en Belgique est conçu par le cabinet R2D2 Architecture[3] dans le cadre de l'appel d'offre pour le contrat de quartier "Malibran"[4] dont la finalité est la création de logements sociaux. Avec un total de 1 380 m2, le projet « Brasserie », achevé en 2010, est le premier ensemble de logements sociaux de type habitat passif de la région bruxelloise[5].

Il existait à cette adresse des installations d'ingénierie qui devaient éviter l’affaissement et l’effondrement des maisons situées tout le long de la rue, par l’intermédiaire de treillis métalliques[6].

Projet "Brasserie"[modifier | modifier le code]

La rue de la Brasserie présente un problème urbanistique complexe. La forte pente de la rue oblige les architectes à penser un nouveau bâtiment de sorte à ce qu’il supporte les charges (physique) du terrain et empêche l’affaissement et l’effondrement des maisons attenantes[6]. Les constructions doivent y respecter une certaine hauteur d’urbanisme et répondre aux autres bâtiments, essentiellement créés par la fratrie Delune[7] et conçus dans un style éclectique teinté d'éléments Art nouveau. Le bureau R2D2 Architecture[3] a construit un bâtiment contemporain répondant à ce cahier de charges.

C’est un bâtiment contemporain dont les installations et les aménagements ont été conçus pour l’écoconstruction et l’efficience énergétique. Néanmoins, le bureau d'architecture a décidé de conserver quelques traits de l'Art nouveau.

Description de la façade[modifier | modifier le code]

Le projet se place dans l'alignement de la rue et en conserve la plupart des critères urbanistiques. En effet, la majorité des bâtiments de la rue de la Brasserie possèdent cinq à six niveaux. Les numéros 21-23 sont conçus avec cinq étages pour neuf logements. Ils se composent de deux blocs séparés par un large îlot amenant de la respiration à l’ensemble de la construction[8]. La composition contemporaine de la façade est en rupture avec les codes traditionnels des immeubles environnants. Il comporte une composition axiale de quatre travées[9] avec deux baies[10] plus larges aux extrémités et deux plus fines au centre.

Un large passage au rez-de-chaussée donne accès à un alignement de trois unités d’habitations qui se trouvent au fond de la parcelle. Ce sont en réalité des duplex[11].

La perspective générale du bâtiment montre des lignes horizontales soulignées par des balcons[12] qui filent tout le long de l’étage en bandes droites. Ces balcons continus sont séparés au centre du bâtiment par des encadrements en verre pour créer des balcons bien distincts pour chaque logement mais transparents depuis la rue. Ces balcons sont faits en bois et entièrement couverts d’une seconde peau en ferronnerie recréant des motifs Art nouveau et mettant un retrait entre la rue et les habitations.

Cette seconde peau fonctionne par des encadrements en métal à doubles vantaux[13] prenant toute la hauteur d’un étage et pouvant être ouverts ou fermés selon les besoins des propriétaires[14],[15]. Ces encadrements sont fins et accentuent la verticalité du bâtiment, sans prendre le pas sur l’horizontalité des balcons continus. Les balcons possèdent des garde-corps[16] qui, comme les séparations entre balcons, ont des cadres en métal. L’intérieur du garde-corps est en verre, ce qui permet une sécurité sans surcharger la vue depuis la rue. Au rez-de-chaussée, la pierre[17] bleue est présente sur tout l’étage créant une assise au bâtiment. Une large baie avec l’ébrasement[18] couverte de pierre bleue donne sur un grillage[19] qui ouvre vers un passage et vers les duplex situés en fond de parcelle. Sur la partie gauche, une baie rectangulaire à l’intérieur de laquelle est disposée une baie vitrée aux encadrements gris reprenant les couleurs de la pierre bleue avec un garde-corps rectangulaire à barreaudage de même couleur que les encadrements métalliques des étages supérieurs (qui eux-mêmes reprennent la couleur des ferronneries du style Art nouveau). La pierre bleue est striée et recouverte de motifs.

Les étages sont tous similaires, de composition axiale et séparés en leur centre. Ils sont composés d’une ossature en béton soutenant le bâtiment mais aussi les bâtiments voisins à la manière des échafaudages[20] mis en place[14]. Sur l’ossature en bois a été placé un parement en brique jaune rappelant les constructions éclectiques teintées d’Art nouveau de la rue de la Brasserie. Les ébrasures[21] des baies de fenêtres sont également parées de briques jaunes. Les encadrements des fenêtres sont tous identiques et reprennent la couleur des ferronneries. La seconde peau qui fait la particularité de ce bâtiment est une volonté de conserver l’alignement des bâtiments à la rue[8] et une contrainte de construction puisque les fondations[22] de l’ancien bâtiment ont obligé les architectes à reculer le bâtiment d’un mètre. Des balcons sont alors créés pour conserver l’alignement par cette seconde façade[23],[24]. Cette peau est composée d’encadrements métalliques à l’intérieur desquels, un motif en volutes est dessiné et répété à l’identique tout le long de la façade. Ce «Croll[25] » est le résultat d’un dessin numérisé et ensuite reproduit en métal[14],[26].

La corniche[27] est imposante mais continue aussi la lignée des bâtiments avoisinants qui possèdent, pour la plupart, des corniches reposant sur des consoles[28]. Pour ce projet, pas de consoles mais une corniche à la face recouverte de bois, reprenant les couleurs des menuiseries[29] de l’immeuble attenant. La toiture en pente est en grande partie couverte de panneaux solaires.

Engagements écologiques[modifier | modifier le code]

Ce bâtiment écologique et social[30],[31] est le premier bâtiment social passif bruxellois. Il est constitué de deux blocs distincts. Le premier bâtiment possède une ossature béton pour amener de la masse thermique et une ossature bois pour une isolation performante grâce à la cellulose dont le rôle est de diminuer les déperditions thermiques[32]. Pour les duplex, la construction est une combinaison de bois et blocs silico-calcaire[33]. Les deux bâtiments partagent un puits canadien qui permet une aération constante des bâtiments ainsi qu’un rafraîchissement ou un chauffage de l’air par la terre sans utilisation d’éléments énergivores[14],[34]. L’aération minimise au maximum les déperditions calorifiques et empêche le gâchis d’énergie. Des citernes d’eau de pluie jouent le rôle de récupérateurs pour l’évacuation des WC et les panneaux solaires placés sur le toit amènent des échanges calorifiques peu coûteux en énergie[14],[35]. Le triple vitrage participe à la minimisation des déperditions[32].

La conception du bâtiment permet une économie de moyens par l'utilisation d'éléments préfabriqués évitant les déchets et offrant un avancement continu du chantier[33]. Le bâtiment a été primé à plusieurs reprises pour son engagement en matière de développement durable et de qualité énergétique[36],[37].

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Ixelles - Rue de la Brasserie », sur www.irismonument.be (consulté le 3 juin 2019).
  2. « […] Ceux qui se souviennent de ce qu’il y avait avant se souviendront qu’il y avait une énorme structure tubulaire qui passait d’un bâtiment à l’autre et qui permettait de retenir les maisons du haut de la rue de la Brasserie.» explication d’une utilisation de l’ossature béton dans le bâtiment attenant à la voirie dans l’interview de SZPIRER Vincent in Archi Urbain, R2D2 / Logements sociaux rue de la Brasserie, Archiurbaine.be (consulté le 20 mai 2019), 2010.
  3. a et b « R2D2 », sur www.r2d2architecture.be (consulté le 3 juin 2019).
  4. « Contrat de quartier Malibran | Ixelles », sur www.ixelles.be (consulté le 3 juin 2019).
  5. « Contrats de quartiers durables - Rue de la Brasserie, 21-23 », sur quartiers.brussels (consulté le 3 juin 2019).
  6. a et b « Région Bruxelles-Capitale, Contrat de quartier « Malibran » - programme quadriennal de revitalisation, 2014. ».
  7. ss. La dir. de VAN LOO, Anne, Dictionnaire de l'architecture en Belgique : de 1830 à nos jours, Anvers, éditions Fonds Mercator, (ISBN 9789061535263), pp. 251-252, La famille Delune construit la plupart des « nouveaux quartiers sur de Bruxelles au début du XXe siècle ». Ils vont durant cette période véritablement transformer le paysage bruxellois en réalisant « plus d’une soixantaine de maisons Art Nouveau et autant de style éclectique »..
  8. a et b « R2D2 - BRASSERIE », sur www.r2d2architecture.be (consulté le 3 juin 2019).
  9. https://fr.wikisource.org/wiki/Dictionnaire_raisonn%C3%A9_de_l%E2%80%99architecture_fran%C3%A7aise_du_XIe_au_XVIe_si%C3%A8cle/Trav%C3%A9e.
  10. https://fr.wikisource.org/wiki/Dictionnaire_raisonné_de_l’architecture_française_du_XIe_au_XVIe_siècle/Baée,_Bée.
  11. https://fr.wiktionary.org/wiki/duplex.
  12. Bretèche et évolution vers le balcon https://fr.wikisource.org/wiki/Dictionnaire_raisonné_de_l’architecture_française_du_XIe_au_XVIe_siècle/Bretèche.
  13. https://fr.wikisource.org/wiki/Dictionnaire_raisonné_de_l’architecture_française_du_XIe_au_XVIe_siècle/Vantail.
  14. a b c d et e Archi Urbain, « ARCHI URBAIN (05/02) : R2D2 / Logements sociaux rue de la Brasserie », (consulté le 3 juin 2019).
  15. « Le but recherché aussi, c’est que les gens ouvrent et ferment ces volets à leur gré […] pour animer la façade qui est assez visible puisqu’elle est dans le tournant, soit en descendant de l’avenue de la Couronne, soit en montant de Flagey » SZPIRER Vincent in Archi Urbain, R2D2 / Logements sociaux rue de la Brasserie, Archiurbaine.be (consulté le20 juini 2019), 2010.
  16. Garde-fous et balustrade https://fr.wikisource.org/wiki/Dictionnaire_raisonn%C3%A9_de_l%E2%80%99architecture_fran%C3%A7aise_du_XIe_au_XVIe_si%C3%A8cle/Balustrade.
  17. https://fr.wikisource.org/wiki/Dictionnaire_raisonné_de_l’architecture_française_du_XIe_au_XVIe_siècle/Pierre.
  18. https://fr.wikisource.org/wiki/Dictionnaire_raisonné_de_l’architecture_française_du_XIe_au_XVIe_siècle/Ébrasement.
  19. https://fr.wikisource.org/wiki/Dictionnaire_raisonné_de_l’architecture_française_du_XIe_au_XVIe_siècle/Grillage.
  20. https://fr.wikisource.org/wiki/Dictionnaire_raisonné_de_l’architecture_française_du_XIe_au_XVIe_siècle/Échafaud.
  21. https://fr.wiktionary.org/wiki/ébrasures.
  22. https://fr.wikisource.org/wiki/Dictionnaire_raisonné_de_l’architecture_française_du_XIe_au_XVIe_siècle/Fondation.
  23. DI VINCENZO M, « « Au-delà de la grille » », A+ 226 – Revue belge d’architecture,‎ , pp. 38-41. (ISSN 1375-5064, lire en ligne).
  24. « Mais la présence des fondations préexistantes de l’ancienne bâtisse écroulée compliquent le chantier. Pour pouvoir enfoncer les pieux de fondation, il faudra reculer la façade d’un mètre par rapport aux bâtiment voisins. » DI VINCENZO M,"Au delà de la grille", dans A+ 226 – Revue belge d’architecture, 2010, p. 38-41.
  25. Il s'agit du nom donné à ce motif en référence au belgicisme "crolle" qui désigne des cheveux bouclés.
  26. « On a appelé ça les crolls puisque c’est un dessin qu’on a fait au bureau puis qu’on a scanné et on a créé donc cette façade où il y a toute une série de cadres, dont certains sont ouvrants ». SZPIRER Vincent inArchi Urbain, R2D2 / Logements sociaux rue de la Brasserie, Archiurbaine.be 2010 (consulté le 20 juin 2019).
  27. https://fr.wikisource.org/wiki/Dictionnaire_raisonné_de_l’architecture_française_du_XIe_au_XVIe_siècle/Corniche.
  28. https://fr.wikisource.org/wiki/Dictionnaire_raisonné_de_l’architecture_française_du_XIe_au_XVIe_siècle/Console.
  29. https://fr.wikisource.org/wiki/Dictionnaire_raisonné_de_l’architecture_française_du_XIe_au_XVIe_siècle/Menuiserie.
  30. Leprince P., « « Le passif, c’est bon aussi pour les prolos » », Le Soir,‎ (lire en ligne).
  31. « Il s’agit avant tout d’un symbole, lance José Garcia, le président du Syndicat des locataires. À tous ceux qui pensent que ce standard est réservé́ aux bobos, nous répondons qu’il convient également très bien pour les prolos. Nous pensons que le passif est tout à fait applicable à la construction de logements sociaux » in Le Soir, Leprince P., "Le passif, c'est bon aussi pour les prolos", 25 mars 2008. Société du Logement de la Région de Bruxelles-Capitale, SLRB info, dossier : logements passifs et « basse énergie », Bruxelles, 2010.
  32. a et b « COMMUNE D'IXELLES - in Advance », sur www.inadvance.be (consulté le 3 juin 2019).
  33. a et b IBGE (Institut bruxellois pour la gestion de l’environnement), « Brasserie [063] 2 entités avec espace semi-public regroupant 12 logements passifs », Info Fiches – bâtiments exemplaires 2008,‎ 2014. (lire en ligne).
  34. « C’est ce qui permet, entre autres, au bâtiment d’être le moins énergivore possible en hiver et de ne pas avoir de surchauffe en été. C’est-à-dire qu’on prend l’air le plus loin possible du bâtiment, on le fait passer à 2 msous terre et puis il rentre dans le bâtiment. L’intérêt c’est que l’hiver, son brassage sous terre a permis de réchauffer l’air […]. La grosse différence avec une construction classique, c’est que comme on a un apport d’air frais continu, […] on a plus ce besoin de vouloir ouvrir une fenêtre » SZPIRER Vincent in Archi Urbain, R2D2 / Logements sociaux rue de la Brasserie, Archiurbaine.be 2010 (consulté le 20 juin 2019).
  35. « C’est-à-dire que tout le pan de toiture côté rue, qui est exposé au Sud, est pratiquement couvert de panneaux solaires destinés à couvrir au moins 50% des besoins en eau de chaude de tout l’ensemble des deux bâtiments. » SZPIRER Vincent in Archi Urbain, R2D2 / Logements sociaux rue de la Brasserie, Archiurbaine.be 2010 (consulté le 20 juin 2019).
  36. Le Journal de l’Architecte, « , Prix belge de l’énergie et de l’environnement 2012 », Le Journal de l’Architecte,‎ (lire en ligne).
  37. « On appelle ça bâtiment exemplaire plutôt qu’habitation. Ici en l’occurrence c’est un ensemble donc l’appellation bâtiment convient très bien.» SZPIRER Vincentin Archi Urbain, R2D2 / Logements sociaux rue de la Brasserie, Archiurbaine.be 2010 (consulté le 20 juin 2019).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • Archi Urbain, Logements sociaux rue de la Brasserie, 2010. [(fr) lire en ligne]
  • Archi Urbain, R2D2 / Logements sociaux rue de la Brasserie, vidéo, 2010. [(fr) lire en ligne]
  • Bruxelles Environnement, Rue de la Brasserie. [(fr) lire en ligne]
  • Contrats de Quartiers Durables, Rue de la Brasserie, 21-23, 2014. [(fr) lire en ligne]
  • In Advance, Commune d’ixelles – quartier malibran – rue de la Brasserie 21-23 à 1050 bruxelles. [(fr) lire en ligne]
  • Ixelles, Contrat de quartier malibran. [(fr) lire en ligne]
  • MRBC (Ministère de Région de Bruxelles-Capitale), Ixelles – rue de la Brasserie, site web sur internet, 2009-2011. [(fr) lire en ligne]
  • R2D2 Architects, Projet Brasserie. [(fr) lire en ligne]
  • R2D2 Architecs, Présentation de la société. [(fr) lire en ligne]
  • DI VINCENZO M, « Au-delà de la grille », dans A+ 226 – Revue belge d’architecture, 2010. [(fr) lire en ligne]
  • IBGE (Institut bruxellois pour la gestion de l’environnement), Info Fiches – bâtiments exemplaires 2008 : Brasserie [063] 2 entités avec espace semi-public regroupant 12 logements passifs, Bruxelles, 2014. [(fr) lire en ligne]
  • Le Journal de l’Architecte, Prix belge de l’énergie et de l’environnement 2012, Bruxelles. [(fr) lire en ligne]
  • Région Bruxelles-Capitale, Contrat de quartier « Malibran » - programme quadriennal de revitalisation, 2014. [(fr) lire en ligne]
  • Société du Logement de la Région de Bruxelles-Capitale, SLRB info, dossier : logements passifs et « basse énergie », Bruxelles, 2010. [(fr) lire en ligne]
  • Anne Van Loo (dir.), Dictionnaire de l'architecture en Belgique : de 1830 à nos jours, Anvers, Fonds Mercator, , 623 p. (ISBN 9-0615-3526-3).