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Rova d'Antananarivo

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Rova d'Antananarivo
Rova de Manjakamiadana
Rovan'Antananarivo
Rovan'i Manjakamiadana
Le palais de Manjakamiadana et l'église protestante après leur reconstruction en 2010.
Présentation
Type
Surnom(s)
Anatirova, palais de la Reine
Destination initiale
Résidence royale
Destination actuelle
Fondation
Style
Architecte principal
Ingénieur
Matériau
Bois, pierre
Béton (après reconstruction)
Reconstruction
2006 pour le palais de Manjakamiadana
pour le reste du complexe
Destruction
Commanditaire
Localisation
Pays
Commune
Quartier
Manjakamiadana
Région historique
Haute-Ville d'Antananarivo
Accès et transport
Autobus
Coordonnées
Carte

Le Rova d'Antananarivo (malgache : rovan'Antananarivo), également appelé Rova de Manjakamiadana (malgache : Rovan'i Manjakamiadana) ou simplement le Rova[a], est une enceinte royale fortifiée ou protégée situé au centre de la Haute-Ville d'Antananarivo à 1462 mètres d'altitude, dans le 2e arrondissement de la capitale de Madagascar. De nombreuses parties de cet ensemble sont dues à des architectes que les différents monarques firent venir d'Angleterre et de France au XIXe siècle.

Cet ensemble prestigieux est le plus célèbre des rovas, nom qui désigne une forteresse royale. La forme du Rova d'Antananarivo est à peu près pentagonale. Dominant la capitale depuis le sommet de la colline Analamanga, il rassemble à l’intérieur de son enceinte des palais dont le caractéristique palais de la Reine (Manjakamiadana).

Après l'incendie du palais de la Reine a Manjakamiadana, le Rova d'Antananarivo a rouvert officiellement ses portes au grand public le [1].

La restauration s'est achevée fin 2025. Tel un phénix, le Palais de la Reine, désormais appelé Rovan'i Madagasikara (Rova de Madagascar), renaît de ses cendres. Depuis sa réouverture, le complexe a fait l'objet d'une restauration complète, alliant structures en pierre et équipements modernes. Le Rova se dresse majestueusement sur les collines de la « Cité aux Mille ». Un incontournable de la capitale pour quiconque souhaite découvrir le patrimoine royal de Madagascar.

Les souverains du Rova d'Antananarivo

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  • Andrianjaka 1610-1630
  • Andriantsitakatrandriana 1630-1650
  • Andriatsimitoviaminandriandehibe 1650-1670
  • Razakatsitakatrandriana 1670-1675
  • Andriamasinavalona 1675-1710
  • Andrianjakanavalomandimby 1710-1727
  • Andriamponimerina 1727-1747
  • Andrianavalobemihisatra 1747-1767
  • Andriambalohery 1767-1774
  • Andriamboatsimarofy 1774-1796
  • Andrianampoinimerina 1787-1810, Roi d'Ambohimanga puis d'Imerina
  • Radama Ier 1810-1828
  • Ranavalona Ier 1828-1861
  • Radama II 1861-1863
  • Rasoherina Ier 1863-1868
  • Ranavalona II 1868-1883
  • Ranavalona III 1883-1896

Les origines du complexe

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Map showing the layout of nearly twenty small structures within the compound
Le site sous le règne d'Andrianampoinimerina en 1800.
Chapelle du Rova d'Antananarivo.
Le palais de Manjakamiadana après rénovations.

Perché sur l'une des plus hautes collines de la ville, il est visible à des kilomètres. Le site était depuis le XVIIe siècle durant le règne de premiers souverains de l'Imerina, le rova se développa essentiellement dans sa partie sud. Besakana, demeure du Roi Andrianjaka, est le point de départ de ce parcours historique et architectural qui nous mènera jusq'à Ranavalona III. Siège d'une importante garnison royale merina, ce rova a d'ailleurs valu son nom à la ville (Antananarivo, la « Ville des Mille » (guerriers). C'est sous le règne d'Andrianampoinimerina (1787-1810), unificateur de l'Imerina, et de Radama Ier (1810-1828), conquérant de la plus grande part de l'île de Madagascar, que les premiers aménagements significatifs d'une résidence royale sont effectués.

Incendie et lente réhabilitation

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Les travaux s'arrêtent brutalement en 2009 en raison de la crise politique menée par Andry Rajoelina, alors maire d'Antananarivo.

Le rova en rénovation en janvier 2009, avant la crise politique ayant suspendu les travaux.
Map showing a dozen buildings of various sizes, overlaid on top of the earlier map
Plan du site avec ses bâtiments en 1990.
Palais de Manjakamiadana après rénovation.
Manjakamiadana en 2019.
Reconstruction de la chapelle royale et de Besakana, 2013.
Le rova en 2022. Vue depuis Mahamasina
Le rova en 2022. Vue depuis Mahamasina.

Après l'indépendance, le rova ne retrouve pas la fonction politique qui était la sienne autrefois, mais intègre le patrimoine national de la Madagascar. Devenu un musée, il est le théâtre d'un incendie criminel le  : les collections d'œuvres d'art, les intérieurs et les toitures disparaissent dans les flammes, tandis que la structure de l'édifice elle-même — ses piliers et fondations étant en bois précieux de la côte Est — est dangereusement fragilisée.

Seules les tombes royales du temple protestant ont pu être restaurées dès 1996-1997, les finances de l'État ne permettant pas plus.

Un plan général de rénovation a finalement débuté en 2006 sous la conduite notamment de la société Colas Madagascar (filiale locale du l'entreprise française Colas) et les deux premières phases de la restauration consistent en :

  • pour la première, la consolidation des fondations et des façades (en remplaçant les anciens pylônes de bois par du béton armé) s'est terminée en décembre 2009.
  • pour la seconde, le remplacement des pierres de la façade et la pose du toit recouvert d'ardoise bleue d'Angers.

Construction du colisée et polémiques

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En , Andry Rajoelina annonce la construction, sur le site du Rova de Manjakamiadana, d'un amphithéâtre d'inspiration romaine en béton. Le projet, financé par l'état malgache et réalisé par l'entreprise française Colas, est édifié sur les vestiges de l’ancienne piscine sacrée du roi Andrianampoinimerina[2]. D'une capacité de 400 places, il est destiné, selon la présidence, à accueillir des représentations populaires et culturelles sur l'histoire du pays.

Sa construction suscite une controverse. Plusieurs associations de protection du patrimoine ainsi que des organisations liées à l'ancienne noblesse merina introduisent plusieurs recours devant le conseil d'État demandant l'annulation du permis de construire et l'annulation des décrets de création du conseil scientifique ayant approuvé le projet[3]. Les opposants au projets dénoncent l'anachronisme architectural de l'édifice susceptible de compromettre l'inscription du Rova et de la haute ville d'Antananarivo au patrimoine mondial; on évoque également un risque géologique, en particulier d'éboulements. Un pétition en ligne, rassemblant plus de 12000 signature, est lancé contre la construction de l'édifice, sans succès[2],[3]. Le colisée, appelé Kianja masoandro (l'arène du soleil en malgache), est finalement inauguré en 2020, en même temps que la fin des travaux de réhabilitation du complexe[4].

Le , suite aux manifestations de masse de 2025 et le départ d'Andry Rajoelina du pouvoir, l'état malgache ordonne la démolition du colisée[5].


Bâtiments du complexe

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Plan de façade du palais.

L'édifice édifié à la demande de la reine Ranavalona Ire sur les plans de l'ingénieur français Jean Laborde, dont le navire sur lequel il avait embarqué s'est échoué sur la côte Est de Madagascar et était devenu consul de France à Madagascar. Le premier palais est construit en bois, matériau noble dans la tradition malgache, bien que seuls les planchers étaient en bois précieux. La pierre considérée comme matériau fady est alors réservée aux fondations et aux tombeaux[6].

Deux décennies plus tard, il est rebâti en pierre sous la direction du missionnaire et architecte écossais James Cameron, qui ajoute un temple protestant à l'ensemble royal, à la suite de la conversion au christianisme de la reine Rasoherina et du premier ministre Rainilaiarivony.

L'ensemble est complété par d'autres pavillons (le palais d'Argent, notamment) et son entrée est marquée par un arc de triomphe surmonté d'un épervier, symbole de la royauté merina. De plus, les bâtiments bâtis par Andrianampoinimerina ont été conservés religieusement et rappellent le rova traditionnel d'origine.

Le site devient le mausolée des rois d'Imerina, puis de Madagascar. L'architecture générale de la cité royale est très particulière et difficilement classable : on y dénote cependant une sobre influence italienne.

Lors de l'annexion coloniale française de 1896, la monarchie est abolie ; le palais perd sa fonction politique mais est préservé par le gouverneur Galliéni, qui y rassemble les reliques de la royauté, tandis que lui-même va résider à l'ancienne ambassade de France à Antananarivo, qui deviendra plus tard le palais d'État d'Ambohitsorohitra.

Notes et références

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  1. Le mot « Rova » s’écrit habituellement avec une majuscule lorsqu’il désigne de manière spécifique le « Rova d'Antananarivo ».

Références

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Liens externes

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