Rosie the Riveter

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Une « Rosie la riveteuse » utilisant un tour à métaux (1942).

Rosie the Riveter (« Rosie la riveteuse » en français) est une icône de la culture populaire américaine, symbolisant les six millions de femmes qui travaillèrent dans l'industrie de l'armement et qui produisirent le matériel de guerre durant la Seconde Guerre mondiale, alors que les hommes étaient partis au front.

Le personnage est devenu par la suite à la fois une icône féministe et le symbole du rôle économique naissant joué par la femme aux États-Unis[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Une femme travaillant à la construction d'un bombardier A-31 Vengeance à Nashville, Tennessee, en 1943.
Riveteuse à l'ouvrage à l'usine Lockheed Aircraft Corp., Burbank, Californie.

Lors de la Seconde Guerre mondiale, une campagne de presse fut lancée pour convaincre la population que les femmes pouvaient riveter, souder ou construire des bâtiments militaires au lieu de rester travailler chez elles ou dans les secteurs habituels comme l'industrie textile.

Le caractère emblématique du riveteur remonte au début du XXe siècle, à la période de la construction des gratte-ciels à Chicago et Manhattan (New York), notamment les travaux épiques des sky boys (« gars du ciel») à l'occasion de l’achèvement de l'Empire State Building.

L'affiche la plus célèbre fut We Can Do It! (« On peut y arriver ! »), créée pour Westinghouse en 1943 par J. Howard Miller, dont le modèle est Naomi Parker Fraley[2]. Destinée à lutter contre l'absentéisme et les grèves au sein de Westinghouse Electric Corporation[2], cette affiche fut collée sur les murs de l'usine pendant deux semaines seulement, du 15 au 28 février 1942. Recouverte par les autres affiches de Miller, elle disparut totalement.

Rosie the Riveter est la couverture du Saturday Evening Post du dernier lundi de mai 1943, jour du Memorial Day (« Jour du souvenir »), faite par Norman Rockwell en prenant pour modèle Mary Doyle Keefe[3],[4]. La jeune femme piétine Mein Kampf en mangeant son sandwich pendant la pause, un énorme pistolet à rivet posé sur ses genoux[5] et une boîte de déjeuner ornée du prénom « Rosie ». Norman Rockwell s'inspira d'une chanson composée par Redd Evans et John Jacobo s'intitulant Rosie the riveter. Sur cette couverture, inspirée du prophète Isaïe de la chapelle Sixtine, peint par Michel-Ange, Rosie the riveter montre également les insignes de Marie, la mère de Jésus dans la religion chrétienne avec son auréole au-dessus de sa tête, les douze étoiles du drapeau américain et les pieds sur Mein Kampf, comme Marie écrasant le Mal. Cette couverture rendra célèbre l'affiche « We can do it », symbole de la lutte féministe d'après-guerre.

On appela « Rosies » celles qui allèrent travailler dans les usines. Bien que 80 % des Rosies eussent voulu continuer à exercer ces métiers[réf. nécessaire], elles furent incitées, au retour des hommes, à laisser leur place aux soldats démobilisés ou furent orientées vers des travaux non spécialisés.

Dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

Musique[modifier | modifier le code]

Les clips vidéos Raise Your Glass et Candyman, des chanteuses P!nk et Christina Aguilera, font tous les deux référence à l'affiche de Rosie. Beyoncé a également posté une photo d'elle sur Instagram, reprenant l'accoutrement et les codes de couleur de Rosie[6].

Bande dessinée[modifier | modifier le code]

Devenir Rosie. Rosie la riveteuse et la performativité de genre de l'illustratrice indienne-américaine Shreyas R. Krishnan (Cambourakis, 2017) croise l'histoire de "Rosie the riveter" avec les théories queer de Judith Butler, Raewyn Connell ou Jack Halberstam.

Jeu vidéo[modifier | modifier le code]

Dans le jeu Bioshock, les « Rosies » sont des machines riveteuses protégeant « les petites sœurs ».

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]