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Roger Dupuy

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Roger Dupuy, né le à Nice et mort le à Quimperlé, est un historien français spécialiste des formes de résistance à la Révolution française. Sa carrière universitaire s'est déroulée intégralement à l'université Rennes 2 Haute Bretagne.

Né le 19 janvier 1934 à Nice[1], Roger Dupuy est le fils d’un inspecteur de police. En raison des problèmes de santé de ce dernier, la famille s’établît à Grasse où Roger Dupuy fait ses études secondaires. Le décès de son père lui évite d’être mobilisé lors de la guerre d'Algérie au titre de soutien de famille[2].

Après avoir été élève en classes préparatoires au lycée Masséna, Roger Dupuy intègre en 1953 l'École normale supérieure de l’enseignement technique. D'abord enseignant à l'École nationale d'horlogerie, il s'installe à Rennes en 1961 où il obtient l'agrégation d'histoire en 1964. À partir de 1967 et jusqu'à sa retraite il enseigne à l'université de Rennes[2]. Durant ces années rennaises une « complicité intellectuelle » se noue entre Edmond Hervé et Roger Dupuy[3].

Sa thèse de troisième cycle, dirigée par Jean Meyer et publiée en 1972, porte sur la garde nationale en Ille-et-Vilaine entre 1789 et 1793, sujet neuf à l'époque. Pour son doctorat d'État, il travaille sous la direction de Michel Vovelle sur les origines de la chouannerie bretonne. Le séminaire de son directeur de thèse lui permet de croiser d'autres historiens de la Révolution, comme Serge Bianchi[3]. Il soutient sa thèse en 1986 devant un jury composé de Maurice Agulhon, François Furet, Jacques Godechot, François Lebrun, Colin Lucas (en) et Claude Petitfrère[2].

Devenu un spécialiste reconnu de la Révolution française, et plus particulièrement des résistances au processus révolutionnaire, il propose durant les années 1980, conjointement avec Colin Lucas, le concept d'« anti-Révolution paysanne ». Il participe également aux débats historiographiques concernant cette période de l'histoire de France, que le bicentenaire a remis en valeur. Ses positions le situent comme un proche de Mona Ozouf[3].

Durant sa carrière il contribue à renouveler les connaissances sur la Révolution française tant à travers des colloques qu'il organise que grâce à ses recherches personnelles[2]. On lui doit notamment la mise en avant de la journée des Bricoles qui préfigure les événements à venir et plusieurs ouvrages de référence sur cette période, dont le deuxième volume de la Nouvelle histoire de la France contemporaine parue au Seuil sous la direction de Michel Winock, qui remplace celui précédemment écrit par Marc Bouloiseau[2].

Il meurt le 2 juillet 2025 à Quimperlé[1].

Distinctions

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Thèmes de recherche

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  • Résistances à la Révolution : France, Europe, XVIIIe – XIXe siècles
  • Acculturation politique : XIXe siècle
  • La Garde nationale et les débuts de la Révolution en Ille-et-Vilaine (1789-), Klincksieck, Paris, 1972, 284 p. Version publiée de la thèse de 3e cycle
  • De la Révolution à la chouannerie, Flammarion, Paris, 1988, 363 p. Version publiée de la thèse d’État.

Publications

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  • Nouvelle histoire de la France contemporaine, t. 2 : La République jacobine : Terreur, guerre et gouvernement révolutionnaire, 1792-1794, Paris, Éditions du Seuil, coll. « Points. Histoire » (no 102), , 366 p. (ISBN 2-02-039818-4, présentation en ligne).
  • Pouvoir local et Révolution, 1780-1850. La frontière intérieure, (dir.), actes du colloque international, Rennes, 1993, Presses universitaires de Rennes, Rennes, 1995, 580 p.
  • Pour une République sans Révolution, actes du colloque international de Rennes, 1995, Actes, Roger Dupuy et Marcel Morabito (dir.), Presses universitaires de Rennes, Rennes, 1996, 296 p.
  • Les Chouans, coll. « La Vie Quotidienne », Hachette Littérature, Paris 1997, 287 p.
  • Aux origines idéologiques de la Révolution, journaux et pamphlets à Rennes (1788-1789), Presses universitaires de Rennes, Rennes, 502 p.
  • La Politique du peuple. Racines, permanences et ambigüités du populisme, Albin Michel, Paris, 2002, 251 p.
  • La Bretagne sous la Révolution et l’Empire, 1789-1815, éditions Ouest-France université, Rennes, 2004, 345 p.
  • La Garde nationale entre nation et peuple en armes : mythes et réalités, 1789-1871, Presses universitaires de Rennes, Rennes, 2006.

Notes et références

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  1. a et b État civil sur le fichier des personnes décédées en France depuis 1970
  2. a b c d et e Philippe-Jean Catinchi, « Roger Dupuy, historien de la Révolution et de ceux qui lui ont résisté, est mort », Le Monde, no 25055,‎ , p. 19 (lire en ligne Accès payant)
  3. a b et c Serge Bianchi, « Roger Dupuy (1934-2025) », Annales historiques de la Révolution française, vol. 2025/4, no 422,‎ , p. 195-198 (lire en ligne)

Bibliographie

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  • Serge Bianchi, « Roger Dupuy (1934-2025) » dans Annales historiques de la Révolution française, 2025/4 n° 422, 2025, p.195-198 (lire en ligne).
  • Philippe-Jean Catinchi, « Roger Dupuy, historien de la Révolution et de ceux qui lui ont résisté, est mort », Le Monde, 17 juillet 2025 (lire en ligne).

Liens externes

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