Rim Battal

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Rim Battal, née en 1987 à Casablanca, au Maroc, est une artiste, poétesse et journaliste[1] marocaine francophone. Elle vit actuellement entre Paris et Marrakech.

Biographie[modifier | modifier le code]

Rim Battal commence à se consacrer à la photographie artistique et à l’écriture après des études de journalisme à l’Institut Supérieur de l’Information et de la Communication (ISIC) de Rabat[2].

En 2013, elle est artiste résidente à la Cité Internationale des Arts de Paris et du Studio IWA de Casablanca.

Elle publie son premier recueil de poésie en 2015, aux éditions LansKine : « Vingt poèmes et des poussières »[3],[4]. Son deuxième recueil, « Latex » (2017) ainsi que « Transport commun » (2019) paraissent également aux éditions Lanskine. Ces recueils ont été écrits en français.

Sa poésie s’inscrit dans une tradition poétique de l’intime, où l’intime est politique. Son regard est photographique au sens où elle capte et transcrit des moments précis, révélateurs de situations de tensions, sociales et physiques, dans lesquelles les femmes, au Maroc comme en France, peuvent être prises. « Pénaliser l’avortement est encore une oppression de la femme car c’est sur sa tête que tombe le ciel en cas de grossesse non désirée ou problématique. »[5].

De même, l’amour, sentiment et acte, sont interrogés, ré-interrogés dans la multitude de leurs formes, jusqu’aux médiums numériques et aux relations qu’ils provoquent. Souvent la poésie de Rim Battal prend le contrepied de la gravité des sujets auxquels elle se confronte en en montrant l’absurdité. Sa langue, brève et incisive, n’est pas sans humour. « Depuis dix ans, personne en France n'a écrit de poèmes aussi sensuels, aiguisés et forts »[6] selon Cécile Coulon, romancière et Prix Apollinaire 2018[7].

Dans le travail photographique et poétique qu'elle conduit, elle se met en scène avec dérision. Sujet d’elle-même, elle renvoie aux grandes figures, celles des femmes et de leurs rôles, en particulier dans les sociétés patriarcales. Pour présenter son exposition personnelle No man’s land (Voice Gallery, Marrakech, 2015)[8], Battal écrit : « Le corps de la femme est un territoire colonisé : par la religion, la société, la publicité, la tradition, la superstition ».

« Ce qui est blanc est riche. »

« Ce qui est riche est beau. »

(extrait de Latex, éditions LansKine, 2017)

En 2018, elle crée la Biennale Intime de Poésies[9] en réponse à la question de la rémunération des poètes : « pourquoi le/la poète est-il, est-elle, toujours le dernier, la dernière à être rémunéré,e lors d'un évènement où il/elle est l'élément central ? Pourquoi les poètes sont-ils et elles les premières à ne pas être rémunéré,es lorsque les moyens de production d'une soirée, d'une revue, d'un livre collectif, sont limités ? ».

En mars 2019, elle est invitée à participer au Libé des écrivains aux côtés de Jacques Jouet, Nicolas Mathieu, Joseph Ponthus, Valérie Zenatti et d'autres. Elle écrit Poème phatique spécialement pour ce numéro-là.[10],[11] Les Inrocks la liste parmi 10 poètes nouvelle génération à suivre sur les réseaux sociaux[12].

Depuis 2016, elle pratique la lecture performée de ses textes au Bordel de la Poésie de Paris[13]. Elle est régulièrement invitée à des festivals littéraires[14].

Publications[modifier | modifier le code]

Recueils de poésies[modifier | modifier le code]

  • Vingt poèmes et des poussières, éditions Lanskine, 2015[15]
  • Latex, éditions LansKine, 2017[16],[17]
  • Transport commun, éditions Lanskine, 2019[18]

Autres publications[modifier | modifier le code]

  • Femmes et religions, points de vue de femmes du Maroc, ouvrage collectif dirigé par Hakima Lebbar, les éditions La croisée des chemins, 2014[19]
  • Les écritures bougées, une anthologie, éditions Mix, 2018[20]

Expositions[modifier | modifier le code]

Individuelles[modifier | modifier le code]

  • No man's land, Voice Gallery, Marrakech, Maroc, 2015

Collectives[modifier | modifier le code]

  • Féminin Pluriel, commissariat Aniko Boehler, Fondation Dar Bellarj, Marrakech, Maroc, 2014
  • 1914-2014 cent ans de création, commissariat Mohamed Rachdi, Musée Mohammed VI d'Art Moderne et Contemporain, Rabat, Maroc, 2015
  • Contemporary African art fair 1 :54, New York, États-Unis, 2015
  • Ara-B-less, Nour Festival of Arts, Saatchi Gallery, Londres, Angleterre, 2015
  • International Video Art Exchange Program, commissariat Saïd Raïs, La serre du Cyber Parc, Marrakech, Maroc, 2016
  • Deborah de Robertis invite, galerie Nivet-Carzon, Paris, France, 2016
  • Ich Liebe Kapitalismus, Rim Battal & Martin Parr, Voies Off, Les rencontres de la photographie d'Arles, 2019[21]
  • Les marocaines, Maison Photo, Lille, 2019[22]

Résidences[modifier | modifier le code]

  • Studio IWA, Casablanca, Maroc, 2013
  • La Cité Internationale des Arts de Paris, France, 2013-2014
  • Studio de la Fondation Al Mansouria, Paris, France, 2014

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Yabiladi.com, « Tous les articles de Rim Battal », sur www.yabiladi.com (consulté le 21 mai 2018).
  2. « Accueil », ISIC,‎ (lire en ligne, consulté le 21 mai 2018)
  3. « Rim Battal, Vingt poèmes et des poussières | lelitteraire.com », sur www.lelitteraire.com (consulté le 21 mai 2018)
  4. « Vingt poèmes et des poussières, de Rim Battal | Mobilis », sur www.mobilis-paysdelaloire.fr (consulté le 21 mai 2018)
  5. Sana Guessoux, « Rim Battal, interview : "Le corps souverain" », Femmes du Maroc,‎ (lire en ligne, consulté le 21 mai 2018)
  6. « Rim Battal, poète d'un féminisme universel », sur Slate.fr, (consulté le 6 août 2019)
  7. « Cécile Coulon, lauréate du Prix Apollinaire 2018 », sur www.actualitte.com (consulté le 6 août 2019)
  8. (en-GB) « VOICE GALLERY - photogallery - No man's land », sur www.voicegallery.net (consulté le 21 mai 2018)
  9. « QG », sur biennaleintimedepoesies.tumblr.com (consulté le 21 mai 2018)
  10. « Poème phatique », sur Libération.fr, (consulté le 6 août 2019)
  11. « Making-of : l’arène Margot », sur Libération.fr, (consulté le 7 août 2019)
  12. « 10 poètes nouvelle génération à suivre sur les réseaux sociaux », sur Les Inrocks (consulté le 6 août 2019)
  13. « RFI - Le Bordel de la poésie par Fanny Bleichner » (consulté le 6 août 2019)
  14. « Poètes invités », sur Festival C'Mouvoir (consulté le 6 août 2019)
  15. « Vingt poèmes et des poussières | Les éditions Lanskine », sur www.editions-lanskine.fr (consulté le 21 mai 2018)
  16. « Latex | Les éditions Lanskine », sur www.editions-lanskine.fr (consulté le 21 mai 2018)
  17. « Le poème du lundi : aujourd'hui, «jusqu’à ce que le cœur batte dans le sexe» », sur Libération.fr, (consulté le 6 août 2019)
  18. Transport commun de Rim Battal par Christophe Stolowicki, les parutions, l'actualité poétique sur Sitaudis.fr (lire en ligne)
  19. Siham Jadraoui, « Parution : «Femmes et religions, points de vue de femmes du Maroc» », Aujourd'hui le Maroc,‎ (lire en ligne, consulté le 21 mai 2018)
  20. « Les Écritures bougées – Les presses du réel (livre) », sur www.lespressesdureel.com (consulté le 6 août 2019)
  21. « Arles 2019 / Festival Voies Off : Martin Parr & Rim Battal », sur L'Œil de la Photographie Magazine, (consulté le 6 août 2019)
  22. « Nouvelle exposition à la Maison de la Photographie: "Les Marocaines" » (consulté le 6 août 2019)

Liens externes[modifier | modifier le code]