Requin-bouledogue

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Carcharhinus leucas

Le requin-bouledogue ou requin du Zambèze (Carcharhinus leucas) est une espèce de requins de la famille des Carcharhinidés.

Il est pêché pour sa chair, son cuir ou son foie. En novembre 2020, il est estimé que l'espèce a perdu entre le tiers et la moitié de ses effectifs en trois générations ; elle est donc évaluée par l'Union internationale pour la conservation de la nature comme espèce « vulnérable ».

Description et caractéristiques[modifier | modifier le code]

En groupe.

Statut de conservation[modifier | modifier le code]

Le requin-bouledogue est classé par l'UICN espèce menacée vulnérable selon l'Union internationale pour la conservation de la nature[1]. L'importance de la population du requin bouledogue est inconnue [2].

Description[modifier | modifier le code]

Sa taille maximale est de 3,40 m de longueur[3] pour 220 kg, bien que le plus gros spécimen péché atteignait 4 m de long. Son dos est gris ou brun olive avec l'extrémité des nageoires un peu plus foncée et son ventre est blanchâtre. Il tient son nom de son apparence massive, trapue, lourde et vigoureuse et de son museau aplati et court. Il peut vivre 14 ans[4] ou 20 ans[5] mais un âge maximal de 32 ans est également évoqué.

On le confond souvent avec le requin-taureau (sand tiger shark), car le nom vernaculaire anglais du requin-bouledogue est bull shark, ce qui se traduit littéralement par « requin taureau » et prête donc à confusion.

Habitat et distribution[modifier | modifier le code]

Le requin-bouledogue se rencontre sur les côtes de toutes les mers tropicales et subtropicales du monde. Il est fréquent dans l'Atlantique et l'Indo-Pacifique, mais beaucoup plus rare en mer Rouge. Dans l'océan Pacifique, on le trouve de la Basse Californie à l'Équateur. Il est à la fois côtier et semi-pélagique selon les régions et les stades de vie[6], affectionnant des profondeurs comprises entre la surface et jusqu'à potentiellement plus de 250 mètres[7], mais généralement autour de 30m[7]. Il apprécie plus particulièrement les eaux boueuses ou à forte turbidité, par exemple à embouchure d'un fleuve après un cyclone tropical.

Il partage avec le requin du Gange une osmorégulation faisant de lui un poisson euryhalin, donc ayant la possibilité de s'acclimater aux eaux hyper- ou hyposalines[8], comme des fleuves ou lagunes. On l'observe de facto en amont de nombreux grands fleuves tropicaux et subtropicaux d'Asie, Afrique, Australie et Amérique[9] dont notablement :

Dans le Gange, il est sympatrique avec le requin du même nom, rendant confuse la distribution des deux espèces et les observations réalisées au moins jusqu'au milieu du XXe siècle[9]. Dans le fleuve Brisbane, en Australie, sa population est estimée à plus de 500 requins-bouledogues. De manière anecdotique, l'un d'entre eux aurait été vu nageant dans les rues inondées de Brisbane (Queensland) pendant les inondations de 2010-2011[11], et plusieurs ont été aperçus un peu plus loin dans l'une des rues principales de Goodna[12]. Un nombre encore plus important se trouve plus au Sud, dans les canaux de la Gold Coast, dans le Queensland[13]. De manière générale, il peut aussi vivre dans des systèmes lagunaires peu profonds[14].

Remarquablement, le requin-bouledogue est aussi présent dans le lac Nicaragua (lac d'eau douce) où il a été longtemps considéré comme une espèce endémique sous le nom scientifique de Carcharhinus nicaraguensis[15]. Il semble néanmoins effectuer des trajets entre la mer des Caraïbes et le lac[16].

Dans les territoires français, des études de 2012-2013 démontrent que les requins-bouledogues sont désormais très présents autour de la Réunion[17]. Ils semblent avoir fait de l'île un site de reproduction entre mars et juin[18].

Reproduction[modifier | modifier le code]

Le requin-bouledogue est vivipare. Son embryon est nourri directement par l'organisme de la mère pendant les 10 mois de la gestation. Les nouveaux-nés (jusqu'à 13) sortent entièrement formés du corps de la mère. Ils mesurent de 56 à 81 cm. Ils sont euryhalins dès leur naissance (terme qui désigne les espèces capables de supporter de grandes différences de la salinité de l’eau). La maturité sexuelle est atteinte vers 6 ans, quand les requins atteignent environ 190 cm. Le requin bouledogue est très agressif pendant la période de reproduction.

Alimentation[modifier | modifier le code]

Dents.

Il dispose d'une denture composée de dents supérieures larges, triangulaires et très dentelées et de dents inférieures verticales et pointues. Il se nourrit d'autres requins, de raies, de carangues, de tortues marines et de dauphins.

Implication dans des attaques envers l'homme[modifier | modifier le code]

Le requin-bouledogue a la réputation, avec le requin-tigre, d'être le squale le plus impliqué dans des attaques sur l'homme[réf. souhaitée].

En particulier à La Réunion, sur les 21 attaques (dont 9 mortelles) recensées en et depuis 2011, la très grande majorité lui a été attribuée au vu des morsures caractéristiques que laisse sa mâchoire asymétrique[19].

Il est vraisemblablement l'auteur des nombreuses attaques longtemps imputées au requin du Gange dans le fleuve du même nom[20].

Des rumeurs propageant l'idée que les mâles de cette espèce auraient le taux de testostérone le plus élevé du règne animal ne sont pas fondées, même si certains mâles peuvent atteindre un taux d'hormone très élevé, comme d'autres poissons, en période de reproduction[21].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Carcharhinus leucas (Bull Shark) », sur www.iucnredlist.org (consulté le )
  2. « Carcharhinus leucas (Bull Shark) », sur iucnredlist.org (consulté le )
  3. « Carcharhinus leucas | DORIS », sur doris.ffessm.fr (consulté le )
  4. Ferrari A. et Ferrari A. (2001). Guide des requins, Collection « Les compagnons du naturaliste », Delachaux et Niestlé, Lausanne, Suisse, page 168.
  5. Van Grevelynghe G., Diringer A. et Séret B. (1999). Tous les requins du monde, Collection « Les encyclopédies du naturaliste », Delachaux et Niestlé, Lausanne, Suisse, page 239.
  6. https://www.publish.csiro.au/mf/pdf/MF10155
  7. a et b https://www.iucnredlist.org/fr/species/39372/2910670#habitat-ecology
  8. Compagno, Leonard I.V. et Cook, Sid F., « Freshwater elasmobranchs; a questionable future » [archive du ], Florida Museum of Natural History Ichthyology Department, (consulté le )
  9. a b c d e et f https://bioone.org/journals/integrative-systematics-stuttgart-contributions-to-natural-history/volume-4/issue-1/2021.423083/Synopsis-of-global-fresh-and-brackish-water-occurrences-of-the/10.18476/2021.423083.full?tab=ArticleLinkFigureTable
  10. https://mbr.biomedcentral.com/articles/10.1186/s41200-016-0094-6
  11. « Queensland rebuilding 'huge task' », BBC News,‎ (lire en ligne)
  12. Bull sharks seen in flooded streets | Offbeat | Weird News, Odd and Freaky Stories in Northern Rivers | Clarence Valley Daily Examiner. Dailyexaminer.com.au (14 January 2011). Retrieved on 4 May 2012.
  13. Berrett, Nick, « Canal shark shock » [archive du ], sur Redcliffe & Bayside Herald, Quest Community Newspapers, (consulté le )
  14. https://www.ingentaconnect.com/content/umrsmas/bullmar/1984/00000034/00000001/art00004
  15. https://digitalcommons.unl.edu/cgi/viewcontent.cgi?article=1038&context=ichthynicar
  16. https://digitalcommons.unl.edu/cgi/viewcontent.cgi?article=1039&context=ichthynicar
  17. IRD, « Requins : les premiers résultats du projet Charc à La Réunion », sur futura-sciences.com,
  18. Martine Valo, « Comment La Réunion lutte contre les requins-bouledogues après une nouvelle attaque mortelle », sur lemonde.fr,
  19. Fiorenza Gracci, Quel est le requin le plus dangereux ?, sur science-et-vie.com, 19 janvier 2019 (consulté le 1e avril 2019)
  20. Requin-bouledogue sur manimalworld.net (consulté le 13 avril 2019)
  21. Christie Wilcox, Testosterone Levels In Carcharhinus leucas: Is It All Bull?, publié le 10 septembre 2010, consulté le 13 octobre 2013.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]