Raisonnable (1755)

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Raisonnable
Image illustrative de l'article Raisonnable (1755)
Modèle de vaisseau de 64 canons du même type que le Raisonnable vu par Nicolas Ozanne

Autres noms HMS Raisonnable
Type Vaisseau de ligne
Histoire
A servi dans Pavillon de la marine royale française Marine royale française
Constructeur Arsenal de Rochefort[1]
Quille posée [2]
Lancement
Armé
Équipage
Équipage 600 à 640 hommes[N 1]
Caractéristiques techniques
Longueur 49,3 m[2]
Maître-bau 12,9 m
Tirant d'eau 6,0 m
Propulsion Voile
Caractéristiques militaires
Armement 64 canons

Le Raisonnable était un bâtiment de 64 canons de la marine royale, lancé en en France[4],[1]. Il fut mis en chantier pendant la vague de construction qui sépare la fin de guerre de Succession d'Autriche (1748) du début de la guerre de Sept Ans (1755)[5]. Sa carrière fut courte : un an dans la marine française, quatre ans dans la marine anglaise.

Caractéristiques principales[modifier | modifier le code]

Le Raisonnable était un bâtiment moyennement artillé mis sur cale selon les normes définies dans les années 1730-1740 par les constructeurs français pour obtenir un bon rapport coût/manœuvrabilité/armement afin de pouvoir tenir tête à la marine anglaise qui disposait de beaucoup plus de navires depuis la fin des guerres de Louis XIV[6]. Il faisait partie de la catégorie des vaisseaux dite de « 64 canons » dont le premier exemplaire fut lancé en 1735 et qui sera suivi par plusieurs dizaines d’autres jusqu’à la fin des années 1770, époque où ils seront définitivement surclassés par les « 74 canons[N 2]. »

Sa coque était en chêne, son gréement en pin, ses voiles et cordages en chanvre[9]. Il était moins puissant que les vaisseaux de 74 canons car outre qu'il emportait moins d'artillerie, celle-ci était aussi pour partie de plus faible calibre, soit :

Cette artillerie correspondait à l’armement habituel des 64 canons. Lorsqu'elle tirait, elle pouvait délivrer une bordée pesant 540 livres (soit à peu près 265 kg) et le double si le vaisseau faisait feu simultanément sur les deux bords[10]. Chaque canon disposait en réserve d’à peu près 50 à 60 boulets, sans compter les boulets ramés et les grappes de mitraille[9].

Pour nourrir les centaines d’hommes qui composait son équipage, c’était aussi un gros transporteur qui devait avoir pour deux à trois mois d'autonomie en eau douce et cinq à six mois pour la nourriture[11]. C'est ainsi qu'il embarquait des dizaines de tonnes d’eau, de vin, d’huile, de vinaigre, de farine, de biscuit, de fromage, de viande et de poisson salé, de fruits et de légumes secs, de condiments, de fromage, et même du bétail sur pied destiné à être abattu au fur et à mesure de la campagne[11].

Carrière du vaisseau[modifier | modifier le code]

Le Raisonnable entra en service en pleine guerre avec l'Angleterre. Au printemps 1758 il appareillait pour sa première mission. Il était sous les ordres du prince de Rohan-Montbazon[12]. Il faisait partie de la division du commandant Desgoutte qui devait rejoindre Louisbourg avec six autres vaisseaux et deux frégates. Le 29 avril 1758, alors qu’il se trouvait encore dans le golfe de Gascogne, il fut repéré par la division anglaise du capitaine Patten qui se lança à sa poursuite[13]. Vers 19h00, il fut rejoint par le HMS Dorsetshire de 70 canons avec qui il se bâtit pendant deux heures. A la nuit, arriva un deuxième vaisseau anglais, l’HMS Achilles, de 60 canons avec qui il échangea plusieurs bordées avant d’être contraint de baisser pavillon (en)[13]. Le Raisonnable est l'un des trente-sept vaisseaux de ligne perdus par la France pendant la guerre de Sept Ans[14].

Intégré à la Royal Navy, il devient donc le HMS Raisonnable. Il fut perdu le long des côtes de la Martinique le 3 février 1762.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Le ratio habituel, sur tous les types de vaisseau de guerre au XVIIIe siècle était d'en moyenne 10 hommes par canon, quelle que soit la fonction de chacun à bord. L'état-major est en sus. Cet effectif réglementaire pouvait cependant varier considérablement en cas d'épidémie, de perte au combat, de manque de matelots à l'embarquement ou de désertion lors des escales[3].
  2. Les 74 canons en étaient par ailleurs un prolongement technique apparu neuf ans après le lancement du premier 64 canons, le Borée[7],[8]. Sur la chronologie des lancements et les séries de bâtiments, voir aussi la liste des vaisseaux français.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Ronald Deschênes, « Vaisseaux de ligne français de 1682 à 1780 du troisième rang », sur le site de l'association de généalogie d’Haïti (consulté le 4 février 2017).
  2. a, b et c « Le Raisonnable », sur threedecks.org (consulté le 4 février 2017).
  3. Acerra et Zysberg 1997, p. 220. Voir aussi Jean Meyer dans Vergé-Franceschi 2002, p. 105.
  4. W.J. Eccles, France en Amérique, p. 123.
  5. Villiers 2015, p. 126.
  6. Meyer et Acerra 1994, p. 90-91.
  7. Acerra et Zysberg 1997, p. 67.
  8. Meyer et Acerra 1994, p. 90-91.
  9. a et b Acerra et Zysberg 1997, p. 107 à 119.
  10. Selon les normes du temps, le navire, en combattant en ligne de file, ne tirait que sur un seul bord. Il ne tirait sur les deux bords que s'il était encerclé ou s’il cherchait à traverser le dispositif ennemi. Base de calcul : 1 livre = 0,489 kg.
  11. a et b Jacques Gay dans Vergé-Franceschi 2002, p. 1486-1487 et Jean Meyer dans Vergé-Franceschi 2002, p. 1031-1034.
  12. Taillemite 2002, p. 458.
  13. a et b Troude 1867-1868, p. 363.
  14. Dans le détail : dix-huit vaisseaux pris par l'ennemi ; dix-neuf vaisseaux brûlés ou perdus par naufrage. Vergé-Franceschi 2002, p. 1327.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • (en) W.J. Eccles, France in America, New York, Harper & Row, Publishers, (présentation en ligne) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Michel Vergé-Franceschi (dir.), Dictionnaire d'Histoire maritime, éditions Robert Laffont, coll. « Bouquins »,
  • Martine Acerra et André Zysberg, L'essor des marines de guerre européennes : vers 1680-1790, Paris, SEDES, coll. « Regards sur l'histoire » (no 119), , 298 p. [détail de l’édition] (ISBN 2-7181-9515-0, notice BnF no FRBNF36697883)
  • Guy Le Moing, Les 600 plus grandes batailles navales de l'Histoire, Rennes, Marines Éditions, , 620 p. (ISBN 9782357430778)
  • Patrick Villiers, La France sur mer : De Louis XIII à Napoléon Ier, Paris, Fayard, coll. « Pluriel », , 286 p. (ISBN 978-2-8185-0437-6). 
  • Jean-Michel Roche, Dictionnaire des bâtiments de la flotte de guerre française de Colbert à nos jours, t. 1, de 1671 à 1870, éditions LTP, , 530 p. (lire en ligne)
  • Étienne Taillemite, Dictionnaire des marins français, Paris, éditions Tallandier, , 573 p. (ISBN 2-84734-008-4) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Jean Meyer et Martine Acerra, Histoire de la marine française, Rennes, éditions Ouest-France, Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Onésime Troude, Batailles navales de la France, t. 1, Paris, Challamel aîné, 1867-1868, 453 p. (lire en ligne) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Georges Lacour-Gayet, La Marine militaire de la France sous le règne de Louis XV, Honoré Champion éditeur, 1902, édition revue et augmentée en 1910 (lire en ligne)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]