Apollon (1740)

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Apollon
Image illustrative de l'article Apollon (1740)
Le château arrière de l’Apollon
Type Vaisseau de ligne
Histoire
A servi dans Pavillon de la marine royale française Marine royale française
Quille posée [1]
Lancement
Équipage
Équipage 500 hommes environ[2]
Caractéristiques techniques
Longueur 40,42 m
Maître-bau 11,28 m
Tirant d'eau 5,30 m
Déplacement 800 t
Propulsion voile
Caractéristiques militaires
Armement 56 canons

L’Apollon était un vaisseau de ligne portant 56 canons, construit par Martineau à l'arsenal de Rochefort en 1738-1739, et lancé en 1740. Il fait partie de ce petit nombre de bâtiments lancés dans les vingt-cinq premières années du règne de Louis XV, période de paix marquée par de faibles crédits pour la Marine[3]. Il servit pendant la guerre de Succession d'Autriche et pendant la guerre de Sept Ans, conflit au cours duquel il fut perdu.

Armement et carrière[modifier | modifier le code]

Ce petit vaisseau de ligne portait 22 canons de 18 livres sur sa batterie principale, 24 canons de 8 livres sur sa deuxième batterie et 10 pièces de 4 livres sur ses gaillards avant et arrière[4].

Pendant la guerre de Succession d'Autriche, il participa à diverses missions dans l'Atlantique et dans l'océan Indien. Le 29 mars 1745, il captura le HMS Anglesea de 40 canons qui venait de Kinsale (le capitaine anglais, Jacob Elton fut tué)[4]. En 1748, il partit en renfort dans l'océan Indien en compagnie de plusieurs autres bâtiments sous les ordres de Kersaint. De retour en France, il fut désarmé à Brest le 22 mars 1750[4].

En 1755, lorsque la guerre reprit avec l'Angleterre, l’Apollon était commandé par Monsieur de Gomain. Le navire fut converti en flûte avec seulement 22 canons dans l'escadre de Dubois de La Motte qui transportait d'importants renforts pour le Canada. N'embarquant pas de troupes, il servit de navire hôpital[5].

Le 9 mars 1758, l’Apollon appareilla de l’île d’Aix armé en flûte sous les ordres du capitaine de vaisseau Bellefeuille[4]. Le bâtiment faisait partie des six vaisseaux et trois frégates aux ordres du marquis Desgouttes qui devaient défendre Louisbourg. En juin 1758, la place fut attaquée par une très importante force anglaise qui débarqua 14 000 hommes et assura un blocus hermétique côté mer. Le 28 juin, l’Apollon fut coulé en compagnie de trois frégates pour obstruer la passe vers l’océan[6]. Sacrifice vain : Louisbourg capitula le 27 juillet 1758.

L’Apollon fait partie des trente-sept vaisseaux perdus par la France pendant la guerre de Sept Ans[7].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ronald Deschênes, Vaisseaux de ligne français de 1682 à 1780, « 2. du deuxième rang ».
  2. Le ratio habituel, sur tous les types de navire de guerre au XVIIIe siècle est d'en moyenne 10 hommes par canon, quelle que soit la fonction de chacun à bord. C'est ainsi qu'un 100 canons emporte 1 000 hommes d'équipage, un 80 canons 800 hommes, un 74 canons 740, un 64 canons 640, etc. L'état-major est en sus. Ce chiffre peut cependant varier considérablement en fonction des pertes au combat et/ou par maladie et/ou par désertion. Acerra et Zysberg 1997, p. 220.
  3. Meyer et Acerra 1994, p. 80. Jean-Michel Roche, en ne comptant sans doute que les matelots, annonce un équipage de 350 hommes, Dictionnaire des bâtiments de la Flotte de guerre française de Colbert à nos jours, t.1, de 1671 à 1870, éditions LTP, 2005, p.28.
  4. a, b, c et d Jean-Michel Roche, Dictionnaire des bâtiments de la Flotte de guerre française de Colbert à nos jours, t.1, de 1671 à 1870, éditions LTP, 2005, p.28.
  5. Troude 1867-1868, p. 326.
  6. Les autres navires étaient la Fidèle, la Chèvre et la Biche. Les quatre bâtiments eurent les mâts liés ensembles et coupés à fleur d’eau. Le lendemain, une autre frégate, la Diane, ainsi qu’un navire civil, La Ville de Saint-Malo furent coulés au même endroit pour parfaire le dispositif de comblage. Casgrain 1891, p. 487.
  7. Dans le détail : dix-huit vaisseaux pris par l'ennemi ; dix-neuf vaisseaux brûlés ou perdus par naufrage. Vergé-Franceschi 2002, p. 1327.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Michel Vergé-Franceschi, Dictionnaire d'Histoire maritime, éditions Robert Laffont, coll. « Bouquins », Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Jean Meyer et Martine Acerra, Histoire de la marine française, Rennes, éditions Ouest-France,
  • Martine Acerra et André Zysberg, L'essor des marines de guerre européennes : vers 1680-1790, Paris, SEDES, coll. « Regards sur l'histoire » (no 119), , 298 p. [détail de l’édition] (ISBN 2-7181-9515-0, notice BnF no FRBNF36697883) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Jean-Michel Roche, Dictionnaire des bâtiments de la flotte de guerre française de Colbert à nos jours, t. 1, de 1671 à 1870, éditions LTP, , 530 p. (lire en ligne) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Onésime Troude, Batailles navales de la France, t. 1, Paris, Challamel aîné, 1867-1868, 453 p. (lire en ligne) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Henri-Raymond Casgrain, Guerre du Canada. 1756-1760, t. 1, Editions L.-J. Demers et frère (Québec), (lire en ligne) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Georges Lacour-Gayet, La Marine militaire de la France sous le règne de Louis XV, Honoré Champion éditeur, 1902, édition revue et augmentée en 1910 (lire en ligne)

Articles connexes[modifier | modifier le code]