Rainer Höss

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Rainer Höss
Description de l'image Sedmnacty studentsky - Barbarstvi vs. humanita (22) – Rainer Höss.jpg.
Naissance (57 ans)
Ludwigsburg, Allemagne
Nationalité Drapeau de l'Allemagne Allemand
Ascendants
Rudolf Höss (grand-père)
Famille
Marié, 4 enfants

Rainer Höss, né le à Ludwigsburg (Allemagne), est connu pour être l'un des petits-fils de Rudolf Höss, qui fut le principal commandant du camp d'extermination d'Auschwitz. Dégoûté par le passé de sa famille, il effectue de nombreuses actions s'inscrivant dans le devoir de mémoire relatif aux crimes contre l'humanité perpétrés par les Nazis.

Biographie[modifier | modifier le code]

Rainer Höss est né le à Ludwigsburg (Land de Bade-Wurtemberg) en Allemagne : il est le fils d'Hans-Jürgen Höss (né en 1937), lui-même fils cadet de Rudolf Höss[1]. Rudolf Höss, Nazi convaincu, a été le principal commandant du camp d'Auschwitz, où il a contribué à augmenter les capacités exterminatrices de l'installation : il est arrêté et témoigne devant le tribunal de Nuremberg en 1946, avant d’être jugé et condamné à mort par la Cour suprême de Pologne en 1947. Il est pendu la même année[2].

Le camp d'extermination d'Auschwitz, où officiait Rudolf Höss.

Rainer Höss n'a donc pas connu son grand-père, mais l'épouse de ce dernier, sa grand-mère Hedwig, a été épargnée et elle a continué de partager les convictions du nazisme, de même que le reste de sa famille et leurs amis[1]. Rudolf Höss reste donc considéré dans la famille comme un héros, et le jeune Rainer n'entend jamais parler des atrocités dont ce dernier fut responsable avant l'âge de douze ans : son père Hans-Jürgen se montre d'ailleurs violent envers son épouse et son fils pour préserver la mémoire du commandant nazi[3]. Tout ceci pousse Rainer Höss à quitter le domicile familial en 1981, alors âgé de 16 ans, puis à couper les ponts avec sa famille en 1985[4] ; avant de s'engager activement dans le devoir de mémoire à partir de 2009, année où il visite le Mémorial de la Shoah à Berlin pour la première fois en compagnie de Thomas Harding, auteur d'une biographie sur son grand-père[3].

Rainer Höss, qui a mené des recherches sur ses origines pendant de nombreuses années, refuse de changer de nom et se sent lié aux actes de son grand-père[5]. Il effectue plusieurs dizaines de conférences chaque année dans les écoles allemandes et porte un pendentif en forme d'étoile de David que lui a confié une femme juive en lui faisant promettre de ne jamais s'en séparer[6]. Il s'est également fait tatouer ce symbole, ainsi que des numéros de prisonniers des camps, sur le torse[7]. Une rescapée du camp d'Auschwitz, Eva Mozes Kor, a aussi symboliquement accepté de l'adopter comme petit-fils de cœur[8]. Depuis 2019, il intervient souvent en compagnie de Ben Lesser, rescapé d'Auschwitz, pour expliquer l'histoire du nazisme[9].

Rainer Höss, affichant ouvertement sa défiance envers l'extrême droite, a accepté d'apparaître dans le clip de campagne électorale du Parti social-démocrate suédois des travailleurs de Suède pour les élections européennes de 2014[10]. Il s'inquiète d'ailleurs publiquement à cette occasion de la montée des partis néo-nazis en Grèce (Aube dorée) et Hongrie (Jobbik)[11].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • L'Héritage du commandant : le petit-fils du commandant d'Auschwitz raconte, Paris, Notes de Nuit éditions, 2016.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Rainer Höss, « Rainer Höss », sur Site officiel de Rainer Höss,
  2. Thomas Sotto, « Hoess : "Mon grand-père m'a laissé comme héritage des fours et des cadavres" », sur Europe 1,
  3. a et b Gérard Bocquery & Elizabeth-Anne Muller, « Rainer Hoess, petit-fils du commandant d'Auschwitz », sur Union Nationale des Associations de Déportés, Internés et Familles de Disparus & Fédération Nationale des Déportés et Internés de la Résistance,
  4. « HERITAGE – Ils s’appellent Katrin Himmler, Bettina Goering ou Rainer Höss », sur Le Monde,
  5. Célésia Barry, « Les enfants d'Hitler: comment vivre en étant la nièce de Göring ou le petit-fils de Höss », sur Slate,
  6. « Européennes : petit-fils de nazi, il lutte contre l'extrême droite », sur Le Point,
  7. « Spéciale "Chasseurs de Nazis" », sur Le Petit Journal,
  8. « Une rescapée d'Auschwitz adopte le petit-fils du chef du camp nazi », sur France Info,
  9. Karen Lajon. Une amitié hors norme : le petit-fils du commandant d'Auschwitz et le rescapé de la Shoah. Le Journal du Dimanche, 12 juillet 2019. Lire en ligne
  10. « Mon nom est Rainer Höss… », sur Tribune Juive,
  11. Lucas Wybo, « Rainer Höss, petit-fils de nazi et militant contre la montée de l’extrême droite en Europe », sur Radio VL

Annexes[modifier | modifier le code]

Liens internes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]