Raimundo Fernández Cuesta

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Raimundo Fernández Cuesta y Merelo (Madrid, 1897 – 1992) est l’un des fondateurs de la Phalange espagnole dont il fut l’un des membres les plus éminents. Après la Guerre Civile espagnole il occupa des fonctions politiques et administratives sous le régime du général Franco puis il s'opposa à la Transition démocratique.

Biographie[modifier | modifier le code]

Raimundo Fernández Cuesta y Merelo est né à Madrid le 5 octobre 1897 dans une famille aisée. Il suivit des études juridiques à l’Université de Madrid puis il entra dans le Corps de la Justice de l’armée espagnole.
Son père étant le médecin des Primo de Rivera, les deux familles étaient très liées et Fernández Cuesta passa même une grande partie des vacances de l’été 1903 dans la ferme des Primo de Vivera à Robledo de Chavela, un village situé entre la Sierra de Guadarrama et la Sierra de Gredos[1]. Il fit très tôt connaissance de José Antonio Primo de Rivera dont il devint l’ami et qu’il influença très certainement dans son choix d’une carrière juridique alors que son père voulait qu’il devienne militaire comme lui[2].

Raimundo Fernández Cuesta participa en 1933 à la fondation de la Phalange espagnole (Falange Española) dont il devint secrétaire général. Le 14 mars 1936 il fut emprisonné par les autorités du Front populaire espagnol, la Falange Española de las JONS ayant été interdite en raison de ses activités jugées subversives mais il fut libéré en octobre 1937, suite à un échange avec le ministre républicain Justino de Azcárate qui se trouvait à Leon au moment du soulèvement national de juillet 1936.
Cet échange ayant été autorisé, sinon organisé, par Indalecio Prieto, à l’époque ministre socialiste de la Défense nationale dans le premier gouvernement de Juan Negrín, certains ont vu dans cette opération une manœuvre du ministre socialiste afin de semer la discorde dans le camp adverse. Prieto aurait en effet estimé que le retour de Fernández Cuesta ne pourrait que renforcer le camp des « vieilles chemises » qui s’étaient opposées, parfois avec violence, à la fusion forcée par Franco de la Phalange Espagnole et du parti Carliste en une Phalange espagnole Traditionaliste et des JONS (FET y de las JONS)[3].

À son retour dans la zone contrôlée par les Nationaux, Fernández Cuesta fut nommé secrétaire général de la FET le 2 décembre 1937 et, le 30 janvier 1938, ministre de l’Agriculture dans le premier gouvernement désigné par Franco, gouvernement dans lequel il fut le seul représentant de la Phalange. En juillet 1939, suite à une nouvelle réorganisation de la Phalange par Franco, il présenta sa démission du poste de secrétaire général, cette attitude lui valant de perdre son poste ministériel dans le deuxième gouvernement formé en août 1938.

Après la guerre civile, Raimundo Fernández Cuesta occupa plusieurs postes dans l’administration, entre autres celui d’Ambassadeur au Brésil (1940-1942) et en Italie (1942-1945). En 1945, il fut nommé président du Conseil d’État et ministre de la Justice jusqu’en 1951. À cette date il retrouva ses fonctions de Secrétaire Général de la Phalange jusqu’en 1956 et il fut également Conseiller National et Procureur aux Cortes jusqu’en 1977. En juin 1973, il fut l’un des trois présidentiables possibles avec le réformiste Manuel Fraga et l’amiral Luis Carrero Blanco.

Après la mort de Franco, il s’opposa à la Transition démocratique et vota contre le projet de réforme politique présenté par Adolfo Suarez, ce qui ne l’empêcha pas d’être nommé au grade de général du corps juridique de l’armée. En 1975, il fonda le Front National espagnol qui devint en 1976 la Phalange Espagnole des JONS, parti dans lequel il assuma les fonctions de secrétaire général jusqu’en 1983.

Raimundo Fernández Cuesta défendit pendant toute sa vie la Phalange espagnole et sa « vieille garde », sous le franquisme comme aux temps de la transition Nationale et de la démocratie.
Raimundo Fernández Cuesta est mort le 9 juillet 1992 à Madrid.

Poursuites judiciaires post-mortem[modifier | modifier le code]

En 2008, le juge Baltasar Garzon commença à instruire contre Fernández Cuesta et trente-cinq autres hiérarques franquistes[4] pour détention illégal et crime contre l’humanité commis pendant la Guerre civile et les premières années du régime franquiste[5].

Cette procédure ayant été engagée en violation de la loi d’amnistie votée en 1977, le Tribunal suprême espagnol a décidé en mai 2010 d’ouvrir un procès contre Garzon pour prévarication, d’où sa destitution provisoire le 14 mai par le Conseil Général du Pouvoir Judiciaire, instance juridique espagnole chargée de garantir l'indépendance des juges et des magistrats par rapport au pouvoir politique et administratif.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Raimundo Fernández-Cuesta, Dolor y memoria de Espana, Ediciones Jerarquía, 1939, p. 178 à 182.
  2. Site Hechos religiosos, Capítulo 186.- José Antonio Primo de Rivera y Sáenz de Heredia.
  3. Juntas de Ofensiva Nacional-Sindicalista, fondées en 1931 par Ramiro Ledesma Ramos.
  4. Liste des trente-cinq personnalités.
  5. Auto-saisine de Garzon