Quinze millions de mérites

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Quinze millions de mérites
Épisode de Black Mirror
Titre original Fifteen Million Merits
Numéro d'épisode Saison 1
Épisode 2
Réalisation Euros Lyn
Scénario Charlie Brooker
Konnie Huq
Production Barney Reisz
Durée 52 minutes
Diffusion
Chaîne Channel 4
Chronologie
Épisodes de Black Mirror

Quinze millions de mérites (Fifteen Million Merits) est le deuxième épisode de la première saison de Black Mirror mettant en vedette Daniel Kaluuya et Jessica Brown Findlay. Il a été écrit par le créateur de la série Charlie Brooker et son épouse, l'ancienne présentatrice de Blue PeterKonnie Huq (en) (crédité par son nom de naissance Kanak Huq), et le premier épisode a été diffusé sur Channel 4 le 11 décembre 2011.

Contexte[modifier | modifier le code]

Black Mirror est une série d'anthologie dont les épisodes sont liés par un thème commun, là où les autres séries conservent généralement les mêmes acteurs dans les différents épisodes. Chaque épisode est ainsi interprété par des acteurs dans des lieux et des époques distinctes. Black Mirror étant une série dystopique et satirique sur les dangers de la technologie, le thème se concentre sur les conséquences imprévues de celle-ci sur nos existences dans un futur proche, voire immédiat.

Tentant de résumer l'argument de sa série, Brooker écrit : « [les épisodes] traitent tous de la façon dont nous vivons maintenant - et de la façon dont nous pourrions vivre dans 10 minutes si nous sommes maladroits », ajoutant que le « black mirror » du titre fait référence aux écrans éteints de nos ordinateurs, nos téléviseurs et nos smartphones[1].

Synopsis[modifier | modifier le code]

L'épisode est une satire sur les spectacles de divertissement et notre insatiable soif de distraction projetée dans un univers de science-fiction.

Dans ce monde, tout un prolétariat vit dans des tours dont on ne sort jamais, condamné à pédaler sur des vélos d'exercice afin d'alimenter la société en énergie électrique. Tous les murs sont des écrans, la publicité est omniprésente, et on ne peut y échapper qu’en payant des « pénalités » directement prélevé sur un capital qui régit la vie des individus de la tour et que ces derniers peuvent améliorer (en pédalant) ou diminuer (en achetant à manger, en utilisant du dentifrice, en retardant son réveil ou le plus souvent en se procurant des accessoires pour son avatar).

Il y a plusieurs catégories d'ouvriers : des artistes-vedettes (danseurs, chanteurs, acteurs pornographiques). La majorité sont des cyclistes. Il y a aussi les personnes en jaune, des employés obèses qui font le ménage et sont humiliés dans des jeux télévisés ou jeux vidéo. On voit un des cyclistes, toussant, étant réassigné dans cette catégorie.

Un des ouvriers cyclistes, Bingham « Bing » Madsen (Daniel Kaluuya) hérite de la fortune de son frère décédé (représentant un peu plus de 6 mois de travail). Il se lie d’amitié avec une autre ouvrière, Abi Khan (Jessica Brown Findlay) et décide de lui faire don de cet argent pour qu’elle puisse tenter sa chance à un jeu télévisé (Hot Shot) qui permet de faire découvrir des stars, et de les faire sortir de leur condition.

La performance d’Abi ne séduit qu’à moitié les juges de l’émission qui lui proposent plutôt de se lancer dans une carrière d’actrice pornographique sur la chaîne érotique WraithBabes. Sous l’effet d’une drogue qui rend passif, elle accepte, ce qui rend Bing fou de rage.

Bing, qui est alors sans le sou, décide de remonter la pente, et travaille d’arrache-pied pour reconstituer le capital nécessaire à une participation au jeu (15 millions de « mérites »). Il finit par y parvenir, et une fois sur scène, il interrompt sa performance en direct pour dénoncer avec véhémence l’injustice du système en menaçant de se suicider par sectionnement (avec un bout d'écran de sa chambre, qu'il est parvenu à extraire et conserver) si on lui coupe la parole. Les juges choisissent de considérer son discours comme une performance et l'un d'entre eux (le juge Hope) lui propose d'avoir sa propre émission bihebdomadaire de 30 minutes sur ce concept.

La scène finale dévoile brièvement la nouvelle vie de Bing qui a accepté le confort et la compromission : le système a encore gagné. Le dernier plan de l'épisode est laissé à la libre interprétation du spectateur : Bing se met à contempler une immense forêt au-dehors. S'agit-il réellement de la réalité extérieure ou s'agit-il une fois de plus d'un écran projetant une image ?

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Réception[modifier | modifier le code]

The Club AV a donné à l'épisode un A, écrit : « Mais Quinze millions de mérites » est une œuvre grandiose en tous sens de « L'Hymne national », un morceau éblouissant de science-fiction qui construit son monde lentement mais parfaitement au cours d'une heure et emballe un coup de poing émotionnel.

TV.com dit

« Débordant de visuels magnifiques, une bande-son émouvante, et un avenir pleinement réalisé qui pourrait ne pas être si lointain, il n'y a pas un moment où Quinze millions de mérites est rien moins que saisissant, effrayant et faisant réfléchir. Il peut vous donner envie de se prendre au jeu, il peut vous donner envie de jeter votre ordinateur par la fenêtre, il peut vous donner envie de quitter votre emploi, il peut vous faire réfléchir au sens de la vie, mais son but est simplement de vous mettre au courant de ces choses afin que nous puissions éviter un tel avenir terrible. Quinze millions de mérites veut que vous regardiez dans le miroir et réfléchissiez à ce sujet[2]. »

DenOfGeek a commenté

« La chaleur de la brève romance de Bing et Abi, contraste avec la froideur des écrans de télévision ralliant avatars et juges de télé-réalité manipulateurs, est parmi les plus émouvantes que j'ai vues depuis un certain temps, et la principale raison pour laquelle Quinze millions de mérites est une pièce si captivante de la télévision de genre[3]. »

The Independent a déclaré : 

« Le ton était très différent de la semaine dernière et il y avait plus d'un lien émotionnel avec les personnages. Kaluuya et Brown Findlay ont été excellents comme protagonistes centraux Bing et Abi. Par conséquent, la manière dont ils ont rencontré leurs destins respectifs était triste parce qu'il n'y avait pas de sentiment d'espoir. En outre, la qualité esthétique du monde de Black Mirror était fantastique et semblait plausible[4]. »

The Guardian a dit : « Ceci est plus habile que [L'Hymne national] Il est frappant au visionnage et beau -. La réalité virtuelle, cette interactivité, tous les écrans. Une belle manière de suffoquer, étouffante qui vous a, à bout ».

Notes et références[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]