Proscription

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Sylla fait afficher la liste des proscrits. Gravure. Dessin de Silvestre David Mirys. Numéro 138 dans Figures de l'histoire de la république romaine accompagnées d'un précis historique, Paris, an VIII.

Date circa 1799 Une proscription (du latin pro scribo qui signifie « afficher ») est une condamnation arbitraire annoncée par voie d'affiches, et qui donne licence à quiconque de tuer les personnes dont les noms sont affichés. L'assassin reçoit une récompense, en général une partie du patrimoine du proscrit.

Antiquité[modifier | modifier le code]

La première proscription fut pratiquée durant la guerre civile entre Marius et Sylla en 82 av. J.-C. Sylla fut le premier auteur et l’inventeur de la proscription. Il fit afficher sur la place publique les noms de quarante sénateurs et de seize cents chevaliers qu'il rendit proscrits. Deux jours après, il fit afficher de nouveau de nombreux noms. En tout, 520 personnes furent assassinées. Il ordonna également que ceux qui auraient sauvé un proscrit, ou qui l’auraient hébergé dans leur maison, seraient également proscrits.

Puis, il y eut une nouvelle proscription sous le triumvirat d'Octave, Lépide et Marc Antoine, dit Second triumvirat, en 43 av. J.-C.

Cette mesure est peut-être inspirée par le dispositif traditionnel de la lex Sacrata, remontant à 449 av. J.-C., selon laquelle quiconque porte la main sur la personne d'un tribun de la plèbe voit sa tête vouée à Jupiter, tandis que ses biens sont saisis.

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Les mesures de proscription sont introduites à l'époque carolingienne dans la loi salique avec la mise au ban.

Époque moderne[modifier | modifier le code]

Pendant la Révolution française, les lois de la Convention nationale en instituant la Commission extraordinaire des Douze permettent des jugements expéditifs, dont ceux décrétant la proscription des Girondins.

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Hanna Zaremska, Les bannis au Moyen Âge, Paris : Aubier, 1996.
  • François Hinard, Les proscriptions de la Rome républicaine, Rome : Ecole française de Rome, 1985.