Comarum palustre

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Comarum palustre
Description de cette image, également commentée ci-après
Illustration botanique de Comarum palustre dans (de) Deutschlands Flora in Abbildungen, .
Classification selon VASCAN
Règne Plantae
Classe Equisetopsida
Sous-classe Magnoliidae
Super-ordre Rosanae
Ordre Rosales
Famille Rosaceae
Sous-famille Rosoideae
Tribu Potentilleae
Genre Comarum

Espèce

Comarum palustre
L., 1753

Statut de conservation UICN

( LC )
LC  : Préoccupation mineure

Comarum palustre, en français Comaret des marais, Argentine rouge, Comaret, Potentille des marais, Potentille palustre[1] ou Quintefeuille aquatique[2], est une espèce de plantes herbacées vivaces de la famille des Rosacées, la seule reconnue du genre Comarum, qui pousse dans les marais tourbeux.

Description[modifier | modifier le code]

Habitus.

Appareil végétatif[modifier | modifier le code]

Fleur dont les sépales sont plus grands que les pétales.

Les feuilles sont alternes, composées (arrangement penné/en palmier) et présentent de 3 à 7 folioles grossièrement dentés. Ils sont longs, étroits et de forme elliptique. Ils sont de couleur vert clair au-dessus et vert-bleu plus pâle en dessous[3],[4],[5].

Sa taille varie entre 50 cm et 1,5 m selon le pays où elle se trouve[6].

Les feuilles et quelques parties de la tige ronde, grimpante et rougeâtre, peuvent être couvertes de petits poils blancs raides[5].

Appareil reproducteur[modifier | modifier le code]

L'inflorescence est une cyme unipare, sympodiale d’environ sept fleurs rouge-pourpre, de forme étoilée et donc actinomorphe et pouvant mesurer jusque 2,5 cm. Cette couleur rouge est surtout donnée par les cinq sépales qui sont plus larges et plus grands que les cinq pétales. Ces 10 pièces sont pointues et de forme lancéolée. Les étamines sont une vingtaine tandis que les carpelles sont beaucoup plus nombreux (centaines) et possèdent chacun un ovule dont le style, mince, rouge et lisse, s’insère sur son côté. C’est une plante hermaphrodite et autofertile[6],[3],[4],[7].

Le fruit est un akène de forme ovale, d’aspect lisse et de couleur brun-mauve. Les akènes sont agglomérés, ressemblant à une fraise[3],[5].

Écologie[modifier | modifier le code]

Régions d'origine et régions où la plante s'est naturalisée[modifier | modifier le code]

Cette plante se trouve depuis le niveau de la mer jusqu’à la zone subalpine, surtout dans le Nord de l’Amérique du Nord et de l'Europe dont la Grande-Bretagne, en Asie tempérée et au Japon[6],[5].

Habitat[modifier | modifier le code]

Elle préfère les marécages, marais, marges de lacs, rives des rivières, prairies tourbeuses, donc surtout les endroits humides et acides. Elle apprécie les endroits peu ou pas ombragés[6].

Cycle de vie[modifier | modifier le code]

La floraison a lieu entre mai et juillet[4].

La Potentille des marais fait de la reproduction sexuée mais peut aussi se cloner grâce à ces rhizomes. Elle est auto-compatible. Cependant, cela arrive peu souvent du fait de sa maturation protandre : les anthères sont matures avant les ovules.  Elle n’est donc pas très autogame (le pourcentage d’ovules fécondés par du pollen de la même plante est faible)[8].

Comarum palustre - Muséum de Toulouse.

La dispersion des graines se fait principalement par l’eau[9],[10] et la gravité[11]. La germination est photosensible[12].

Interactions avec des animaux[modifier | modifier le code]

La pollinisation est entomogame, elle dépend des insectes comme les abeilles solitaires[13], bourdons ou encore des syrphidés. Pour assurer la pollinisation, la plante met en place des mécanismes pour attirer les insectes : sa couleur rouge vive, un pollen riche en éléments nutritifs comme des acides aminés ou des phytostérols. Son nectar, sécrété entre le périanthe et les étamines, est très sucré. En effet, sa concentration en fructose est de 0,28 mg/g[6],[7],[14].

Statuts de protection, menaces[modifier | modifier le code]

L'espèce est évaluée comme non préoccupante aux échelons mondial et français[15]. En France l'espèce se raréfie : elle est en Danger-critique (CR) en Haute-Normandie, régions Centre et Ile-de-France ; en Danger (EN) en Aquitaine et Poitou-Charentes ; elle est considérée Quasi menacée (NT), proche du seuil des espèces menacées ou qui pourrait être menacée si des mesures de conservation spécifiques n'étaient pas prises, en Basse-Normandie, Champagne-Ardenne, Bourgogne et Pays-de-la-Loire ; elle est considérée Vulnérable (VU) en Picardie et Nord-Pas-de-Calais.

Utilisations[modifier | modifier le code]

Alimentation[modifier | modifier le code]

Ses feuilles et graines sont mangées par des rongeurs et des oiseaux d’eau[5].

Usages médicinaux[modifier | modifier le code]

logo de caducée ne donne pas d'avis médical : seul un professionnel (médecin, pharmacien, etc.) est habilité à le faire.

Les racines contiennent de nombreuses molécules : flavonoïdes, huiles volatiles, acides organiques et surtout des tannins (proanthocyanes) qui ont une grande activité anti-inflammatoire. Elles soigneraient donc la dysenterie, les crampes d’estomac, la fièvre et auraient des vertus astringentes et antiseptiques[6],[5],[16],[17].

Plante tinctoriale[modifier | modifier le code]

C'est une plante tinctoriale, dont la couleur bien spécifique permet d'obtenir de la teinture rouge[6].

Synonymes[modifier | modifier le code]

Comarum palustre a pour synonymes selon Plants of the World online (POWO) (12 mai 2021)[18] :

  • Argentina rubra Lam.
  • Comarum angustifolium Raf.
  • Comarum angustifolium var. parvifolium Raf.
  • Comarum arcticum Gand.
  • Comarum digitatum Raf.
  • Comarum palustre var. ambifaria (Gunnarsson) Tzvelev
  • Comarum palustre subsp. angustifolium (Raf.) Tzvelev
  • Comarum palustre subsp. arcticum (Gand.) Tzvelev
  • Comarum palustre var. glandulosum Farw.
  • Comarum palustre var. glutinosum Tzvelev
  • Comarum palustre var. villosum Pers.
  • Comarum rubrum Gilib.
  • Comarum tomentosum Raf.
  • Fragaria palustris (L.) Crantz
  • Fragaria pinnatifolia Stokes
  • Pancovia angustifolia Raf.
  • Pancovia digitata Raf.
  • Pancovia palustris Raf.
  • Pancovia palustris (L.) Nieuwl.
  • Potentilla angustifolia Raf.
  • Potentilla comariformis St.-Lag.
  • Potentilla comarum Nestl.
  • Potentilla digitata Raf.
  • Potentilla palustris (L.) Scop.
  • Potentilla palustris f. ambifaria Gunnarsson
  • Potentilla palustris f. glandulosa Gunnarsson
  • Potentilla palustris var. parvifolia (Raf.) Fernald & B.H.Long
  • Potentilla palustris f. typica Gunnarsson
  • Potentilla rubra Haller f.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Base de données des plantes vasculaires du Canada (VASCAN), « Comarum palustre Linnaeus », sur data.canadensys.net (consulté le )
  2. Tela Botanica, <https://www.tela-botanica.org>, licence CC BY-SA 4.0 <https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0>, consulté le 12 mai 2021
  3. a b et c « Cinquefoil (Marsh) - Wild Flower Finder », sur wildflowerfinder.org.uk (consulté le )
  4. a b et c « Marsh cinquefoil | Plant & fungi species | Wild plants », sur www.plantlife.org.uk (consulté le )
  5. a b c d e et f « Potentilla palustris (marsh cinquefoil) », sur www.ecy.wa.gov (consulté le )
  6. a b c d e f et g « Potentilla palustris Marsh Cinquefoil PFAF Plant Database », sur www.pfaf.org (consulté le )
  7. a et b (en) Mayer C, Van Rossum F, Jacquemart A-L., « Evaluating pollen flow indicators for an insect-pollinated plant species. », Basic Appl Ecol, no 13(8),‎ , p. 690-7
  8. (en) Somme L, Mayer C, Raspé O, Jacquemart A-L., « Influence of spatial distribution and size of clones on the realized outcrossing rate of the marsh cinquefoil (Comarum palustre) », Ann Bot, no 113(3),‎ , p. 477-87
  9. « Marsh Cinquefoil, Comarum palustre - Flowers - NatureGate », sur www.luontoportti.com (consulté le )
  10. (en) Sarneel JM, Soons MB., « Post-dispersal probability of germination and establishment on the shorelines of slow-flowing or stagnant water bodies. », J Veg Sci., no 23(3),‎ , p. 517-25
  11. « Hortical : potentille des marais - Potentilla palustris - bei (aard-, water-) », sur hortical.com (consulté le )
  12. (en) Lyanguzova., « Effect of industrial air pollution on wild plant seed germination and seedling growth », Russ J Plant Physiol, no 58(6),‎ , p. 991-8
  13. Somme, Laurent, « Interactions plantes-pollinisateurs et reproduction de Comarum palustre L. (Rosacées) », (consulté le )
  14. (en) Somme L, Vanderplanck M, Michez D, Lombaerde I, Moerman R, Wathelet B, et al., « Pollen and nectar quality drive the major and minor floral choices of bumble bees. », Apidologie., no 46(1),‎ , p. 92-106
  15. MNHN & OFB [Ed]. 2003-présent. Inventaire national du patrimoine naturel (INPN), Site web : https://inpn.mnhn.fr, consulté le 15 décembre 2021
  16. « Marsh Cinquefoil », sur gardenpharmacynj.com (consulté le )
  17. (en) Yerschik OA, Lovkova MY, Buzuk GN, Sokolova SM. L., « Antiinflammatory activity of proanthocyanidins of rhizomes with roots of Comarum palustre », Dokl Biol Sci., no 429(1),‎ , p. 535-7
  18. POWO. Plants of the World Online. Facilitated by the Royal Botanic Gardens, Kew. Published on the Internet; http://www.plantsoftheworldonline.org/, consulté le 12 mai 2021

Liens externes[modifier | modifier le code]

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