Pont de l'Isle Auger

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Pont de l'Isle Auger
Chambourg pont Isle-Auger.jpg
Vue générale du pont
Présentation
Type
Construction
Statut patrimonial
Localisation
Pays
Région
Commune
Adresse
L'Isle AugerVoir et modifier les données sur Wikidata
Coordonnées
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Le pont de l'Isle Auger est un ancien pont du XIIIe siècle ou du XVe siècle situé à Chambourg-sur-Indre, dans le département d'Indre-et-Loire. Franchissant l'Indre à 2,5 km « à vol d'oiseau » en amont du bourg de Chambourg, il n'en subsiste plus que deux arches non contiguës et quatre piles dont deux supportent l'une des arches. Il fait l'objet d’une inscription au titre des monuments historiques depuis le .

Localisation[modifier | modifier le code]

Le pont de l'Isle Auger (on peut aussi trouver l'orthographe Île Auger) se trouve à l’ouest du hameau éponyme, à proximité immédiate d’un gué sur l'Indre ; à cet endroit, le lit de la rivière, s'il est élargi, est beaucoup moins profond. À l'époque antique, un gué, le même ou un autre situé non loin de là permettait déjà le franchissement de la rivière à partir de la voie parallèle à la rive droite de l'Indre (voie de Loches à Tours) et qui est aujourd'hui recouverte par le D25[2]. Ses ruines sont accessibles à partir de la D25, en empruntant la voie communale no 9 qui traverse le hameau de l'Isle Auger et aboutit au pont, en suivant le fléchage « pont romain ».

Histoire du pont[modifier | modifier le code]

Vue d'un pont médiéval et de son panneau indicateur avec l'inscription fausse « pont romain »
Pont pseudo-romain de l'Isle Auger[Note 1].

C'est peut être en raison de la proximité du gué antique[3] que le pont de l'Isle Auger a été abusivement qualifié de romain, dénomination qui subsiste dans de nombreux documents, dont les cartes de l'Institut national de l'information géographique et forestière (IGN), des plaquettes touristiques, mais également sur les panneaux routiers indiquant la proximité du pont.

Le pont de l'Isle Auger sur le cadastre napoléonien

Aucune étude précise de l'ouvrage n'a, semble-t-il, été effectuée. Pour sa construction, bien postérieure à l'époque antique en tout cas, deux périodes sont avancées : le XIIIe siècle ou le XVe siècle comme l’indique la base Mérimée. Le cadastre napoléonien, sur lequel le pont figure sous la mention « vieux pont » sans précision de date de construction, le montre déjà ruiné, à l'aval immédiat d’un « gué sur l'Indre ». Une archive communale de Chambourg, datée de 1883, mentionne « Ponts de l’Ile Auger ; droit de passage, contentieux : bail de passage, jugement. »[4] mais il peut s'agir du passage sur le gué attenant au pont.

La tradition rapporte qu'après sa victoire sur les Anglais en 1429 à Orléans, Jeanne d’Arc aurait emprunté ce pont pour se rendre à Chinon et persuader le futur Charles VII d'accepter le trône de France[5]. Cette tradition n'est cependant pas vérifiable ; l'itinéraire de Jeanne d'Arc entre Gien et Sainte-Catherine-de-Fierbois, étapes attestées sur le chemin de Chinon, n'est pas connu[6].

À une époque inconnue, mais antérieure à la levée des plans ayant servi à l'élaboration du cadastre napoléonien, le pont s’est effondré ; ses décombres ont été utilisés pour aménager immédiatement en amont un gué temporaire (ou réaménager un gué déjà existant) en attendant la réparation du pont[5]. Le gué temporaire est devenu définitif et le pont n'a jamais été réparé.

Les vestiges[modifier | modifier le code]

Ce pont fait l'objet d’une inscription au titre des monuments historiques depuis le [1]. Le pont était construit en grand appareil à sa base sur une hauteur de 2 m en moyen appareil plus haut, avec des joints de mortier, à l'exception des piles qui étaient constituées d’un noyau en blocage de pierre recevant un parement de moyen appareil[7]. L'examen des vestiges permet d'estimer la portée de chacune des arches à 3 m. Le plan du pont dessiné sur le cadastre napoléonien, lui donne une longueur de 60 m, pour 6 arches, encadrées par 5 piles et 2 culées. En 2014, il reste du pont (en allant de l'ouest vers l'est) :

  • une pile avec l'amorce des voûtes au milieu de l'Indre (photo 1) ;
  • deux piles supportant une arche sous laquelle s'écoule une partie du cours de l'Indre ; le sommet de cette arche est envahi par la végétation, ce qui interdit d'en apprécier le détail des maçonneries mais elle présente une voûte gothique et elle est encore pourvue de son avant-bec côté amont[7] : c'est le vestige le plus important, sinon le mieux conservé (photo 2) ;
  • une pile montrant à sa base le départ des deux arches qu'elle supportait ; cette pile ne se trouve plus dans le lit mineur de l'Indre (photo 3) ;
  • une arche dont ne subsiste que l’unique assise de pierres formant une voûte gothique ; cette arche est elle aussi hors d'eau (photo 4)

On devine les vestiges d'autres piles et rampes d'accès écroulées, réduites à l'état de tas de pierres recouverts de terre et de végétation[7] ; ils se signalement simplement par de discrets monticules.

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Pour en savoir plus[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Jean-Mary Couderc (dir.), Dictionnaire des communes d’Indre-et-Loire, Chambray-lès-Tours, C.L.D., , 319 p. (ISBN 2 85443 253 3). Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Jean-Mary Couderc, La Touraine insolite – série 3, Chambray-lès-Tours, C.L.D., , 319 p. (ISBN 2 85443 253 3). Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Robert Ranjard, La Touraine archéologique, Mayenne, Imprimerie de la Manutention, , 735 p. (ISBN 2 85554 017 8). Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Marcel Prade (ill. Roger Maupin), Les ponts monuments historiques : inventaire, description, histoire des ponts et ponts-aqueducs de France protégés au titre des monuments historiques, Poitiers, Brissaud, , 431 p. (ISBN 2 902 170548).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liste des monuments historiques d'Indre-et-Loire

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Cette image est un photo-montage : le panneau indicateur est en réalité plus éloigné du pont.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Notice no PA00097625, base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. Couderc 1987, p. 240.
  3. Couderc 1995, p. 124
  4. Catherine Leclercq, Répertoire des archives communales de Chambourg-sur-Indre, dépôt du 20 mars 1992, du 1er septembre 1993 et du 15 décembre 2005 - O 2 (lire en ligne).
  5. a et b Couderc 1987, p. 241.
  6. Bernard Briais, Sur les pas de Jeanne d'Arc en Touraine : L'atout du roi, Chambourg-sur-Indre, PBCO, , 95 p. (ISBN 978 2 35042 019 6), p. 19.
  7. a b et c Couderc 1995, p. 123.