Philip Zimbardo

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Philip Zimbardo
Portrait de Philip Zimbardo
Philip Zimbardo en 2013.
Biographie
Naissance Voir et modifier les données sur Wikidata (86 ans)
à New YorkVoir et modifier les données sur Wikidata
Conjoint Christina MaslachVoir et modifier les données sur Wikidata
Thématique
Formation Brooklyn College et université YaleVoir et modifier les données sur Wikidata
Profession Psychologue social (d), professeur d'université (d), essayiste (d) et psychologueVoir et modifier les données sur Wikidata
Employeur Université de New York et université StanfordVoir et modifier les données sur Wikidata
Distinctions Prix Carl Sagan pour la vulgarisation de la Science (en) (), prix Ig-Nobel (), prix Kurt Lewin (d) () et médaille Wilbur Cross (en) ()Voir et modifier les données sur Wikidata
Membre de Association américaine de psychologie et Académie américaine des arts et des sciencesVoir et modifier les données sur Wikidata

Philip George Zimbardo, né le à New York dans une famille d'immigrés siciliens, est un psychologue américain connu pour avoir mené l'expérience dite de Stanford laquelle a donné lieu à des théories toujours controversées sur le rôle de la position sociale dans la psychologie des individus.

Biographie[modifier | modifier le code]

Philip Zimbardo est né à New York le 23 mars 1933, dans une famille d'immigrants italiens venus de Sicile.

Il étudie la psychologie, sociologie et anthropologie au Brooklyn College en 1954, où il obtient son diplôme universitaire. En 1959, il obtient un doctorat en psychologie à l'Université de Yale où il enseigne jusqu'en 1960. Jusqu'en 1967, il est professeur de psychologie à l'Université de New York. De 1967 à 1968, il enseigne à l'Université de Columbia pour rejoindre la faculté de l'Université de Stanford en 1968 de 2003 jusqu'à son départ à la retraite.

Expérience de Stanford[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Expérience de Stanford.

Il initie et dirige l'expérience de Stanford, dans laquelle une vingtaine d'étudiants volontaires se voyaient assigner de manière aléatoire le rôle de gardien ou de détenu dans une fausse prison dans les sous-sols de l'université. La mise en situation visait à analyser l'influence du comportement de l'individu et son rapport à l'obéissance et à l'autorité. Il décrit l'intention de son expérimentation "Nous voulions savoir ce que le fait de devenir prisonnier ou gardien de prison produit au juste comme effets sur le comportement et sur le psychisme[1].

D'après les conclusions de cette expérimentation, les mêmes forces peuvent, selon les circonstances, alterner les rôles (une même personne peut être soit un tortionnaire, soit une victime). Philip Zimbardo s'appuie notamment sur cette expérimentation pour prouver la nocivité de la prison et la nécessité de réformer les prisons en déclarant que «les prisons sont des institutions totalitaires»[2].

Cette « expérience sur les prisons » fait polémique depuis sa réalisation en 1971. Elle fut néanmoins régulièrement citée et enseignée comme étant une référence dans le domaine de la recherche en psychologie sociale.

L’expérience de Stanford a également fait partie de la culture populaire et a alimenté le débat public aux Etats-Unis, notamment sur la violence du milieu carcéral. Elle fût à nouveau cité comme référence en 2004, après la révélation des sévices infligés aux prisonniers d’Abou Ghraib, en Irak[3].

Dans son ouvrage dédié au sujet, Thibault Le Texier, un chercheur en sciences sociales français affirme que cette expérience est une fraude scientifique. A l'ouverture des archives conservées à Stanford rendues publiques en 2011, il argumente dans son ouvrage le manque de rigueur du protocole d'expérimentation, une manipulation et une interprétation biaisée des résultats[4],[5],[6],[7].

Activités parallèles[modifier | modifier le code]

Il a fondé à Menlo Park, en Californie, la Shyness clinic, qui traite la timidité des enfants et des adultes.

Il a été président de la Société américaine de psychologie en 2002. En 2012 l’Association américaine de psychologie lui attribue une médaille d'or pour l'ensemble de sa carrière scientifique[8].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

En français[modifier | modifier le code]

  • Richard J. Gerrig, Philip G. Zimbardo, Psychologie, trad. française dirigée par Serge Nicolas, 18e éd., Paris, Pearson, 2008 (ISBN 978-2744075742).

En anglais[modifier | modifier le code]

  • Influencing attitude and changing behavior : a basic introduction to relevant methodology, theory, and applications (coll. « Topics in social psychology »), Addison-Wesley, 1969.
  • The cognitive control of motivation, Glenview, Scott, Foresman, 1969.
  • Stanford prison experiment : a simulation study of the psychology of imprisonment, Philip G. Zimbardo, Inc., 1972.
  • The psychology of imprisonment : privation, power and pathology, Stanford University, 1972.
  • Influencing attitudes and changing behavior, Reading, Addison-Wesley, 1969 (ISBN 0-07-554809-7).
  • Canvassing for peace : a manual for volunteers, Ann Arbor, MI: Society for the Psychological Study of Social Issues, 1970, ISBN.
  • Influencing attitudes and changing behavior, 2nd ed., Reading, MA: Addison Wesley., 1977, ISBN.
  • How to overcome shyness, Family Circle magazine, May 31, 1977 page 14 (with questionnaire).
  • Cults go to high school : a theoretical and empirical analysis of the initial stage in the recruitment process, American Family Foundation, 1985.
  • Shyness : what it is, what to do about it, reading, Addison Wesley, 1990 (ISBN 0-201-55018-0).
  • The psychology of attitude change and social influence, New York: McGraw-Hill, 1991, (ISBN 0-87722-852-3).
  • Psychology, 3rd ed., Reading, MA: Addison Wesley Publishing Co., 1999 (ISBN 0-321-03432-5).
  • The shy child : overcoming and preventing shyness from infancy to adulthood, Malor Books, 1999, (ISBN 1-883536-21-9).
  • Violence workers : police torturers and murderers reconstruct Brazilian atrocities, Berkeley, CA: University of California Press, 2002, (ISBN 0-520-23447-2).
  • Psychology : core concepts, 5th ed., Allyn & Bacon Publishing, 2005, (ISBN 0-205-47445-4).
  • Psychology and life, 17th ed., Allyn & Bacon Publishing, 2005 (ISBN 0-205-41799-X).
  • The Lucifer effect : understanding how good people turn evil, Random House, New York, 2007, (ISBN 1-4000-6411-2).
  • The time paradox : the new psychology of time that will change your life, Simon & Schuster, New York, 2008, (ISBN 1-4165-4198-5).
  • The journey from the Bronx to Stanford to Abu Ghraib, p. 85–104 in "Journeys in social psychology : looking back to inspire the future", edited by Robert Levine, et al., CRC Press, 2008. (ISBN 0-8058-6134-3).
  • Zimbardo, Philip G. "A simulation study of the psychology of imprisonment conducted at Stanford University", The Stanford Prison Experiment. 2009. Web. 1 Dec 2009.
  • Psychology, AP* Edition, Phil Zimbardo, Robert Johnson, Ann Weber, Craig Gruber, Allyn & Bacon, Boston, 2010.
  • The time cure : overcoming PTSD with the new psychology of time perspective therapy, Jossey-Bass, San Francisco 2012.

Dans la culture[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Pourquoi la mythique expérience de Stanford est une imposture », sur https://www.lesinrocks.com, (consulté le 27 mars 2019)
  2. Sonya Faure,, « https://www.letemps.ch/culture/stanford-lexperience-transformation-lhomme-monstre-etait-truquee », Letemps.ch,‎ (lire en ligne)
  3. Stéphane Foucart, « Sciences sociales. L’enfer carcéral de Stanford revisité », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  4. Thibault Le Texier, Histoire d'un mensonge : enquête sur l'expérience de Stanford, Paris, Zones Éd., 2018 (ISBN 978-2-35522-120-0).
  5. « Expérience de Stanford : sommes-nous tous des bourreaux en puissance ? », France Culture,‎ (lire en ligne, consulté le 4 mai 2018).
  6. « Expérience de Stanford », France Culture,‎ (lire en ligne, consulté le 7 mai 2018).
  7. « On voit le scientifique intervenir en permanence, il donne même des idées de punitions aux gardiens », Libération,‎ (lire en ligne, consulté le 11 juillet 2018).
  8. Arnaud Saint-Martin, « https://www.humanite.fr/enquete-cette-veritable-bombe-de-leffet-zimbardo-654896 », L'humanité,‎ (lire en ligne)

Liens externes[modifier | modifier le code]