Paul Gilroy

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Paul Gilroy (né le ) est un sociologue et historien anglais, fondateur du Centre Sarah Parker pour l'étude du racisme et de la racialisation[1] à l'University College de Londres[2]. P. Gilroy est le lauréat 2019 du prix Holberg pour "ses contributions exceptionnelles à plusieurs domaines académiques, dont les études culturelles, les études critiques sur les races, la sociologie, l'histoire, l'anthropologie et les études afro-américaines"[3],[4] — prix considéré comme le prix Nobel des chercheurs en sciences humaines[5] et doté de 660 000 €.

Il occupe la chaire de sociologie Anthony Giddens de la London School of Economics.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né d'une mère venant du Guyana, la romancière Beryl Gilroy, et un d'un père anglais d'origine allemande, il grandit dans le district populaire et à forte population immigrée de Bow, à Londres[6].

Dans sa jeunesse il s'interroge sur des questions politiques avec des auteurs caribéens, nord-américains et européens tels que W. E. B. Du Bois, Frantz Fanon, Édouard Glissant, Stuart Hall George Orwell ou Theodor W. Adorno ou des poètes et musiciens de ces régions[6].

Il étudie à l'université du Sussex et travaille à l'université Yale et à la London School of Economics.

Il découvre le blues dans les années 1960 et apprécie des musiciens tels que Bob Dylan, Jimi Hendrix, Bob Marley, Miles Davis, Curtis Mayfield ou James Brown[6].

Il est l'auteur d'ouvrages dont les plus célèbres sont Ain't no black in the union jack (1987) et l'Atlantique noir (1993).

Féru de musique, il a également écrit des livrets pour la série London is a place for me parus sur le label Honest Jon Records, portant sur le Swinging London et la circulation musicale dans les classes populaires à Londres dans les années 1960.

Thèmes de recherche[modifier | modifier le code]

Il est considéré comme une figure majeure des études culturelles[5]. L’Atlantique noir (traduit en français aux Editions Amsterdam, en 2010) ou Mélancolie postcoloniale (traduit aux éditions B42) comptent parmi les ouvrages importants de la théorie postcoloniale[5].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • 1982 : (coauteur) The Empire Strikes Back - Race and Racism in '70s Britain, Hutchinson/Centre for Contemporary Cultural Studies
  • 1987 : There Ain't No Black In the Union Jack: The Cultural Politics of Race and Nation, Hutchinson
  • 1993 : The Black Atlantic: Modernity and Double Consciousness, Verso
    • L'Atlantique noir : Modernité et double conscience (trad. Charlotte Nordmann), Paris, Éditions Amsterdam, coll. « Histoires Atlantiques », , 333 p.
    • Première traduction française : Éditions Kargo, Paris, 2003
  • 1993 : Small Acts: thoughts on the politics of black cultures, Serpent's Tail
  • 2000: Against Race: Imagining Political Culture Beyond the Color Line, The Belknap Press of Harvard University Press
  • 2000 : Between Camps: Nations, Culture and the Allure of Race, Allen Lane
  • 2004 : After Empire: Multiculture or Postcolonial Melancholia, Routledge

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Sarah Parker Remond Center for the Study of Racism and Racialisation
  2. Professor Paul Gilroy. UCL.AC.uk. Retrieved 29 March 2021.
  3. (en) Ole Sandmo, « 2019 Holberg Prize and Nils Klim Prize Laureates Announced »(Archive.orgWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), sur Holbergprisen, (consulté le )
  4. (en-US) Jennifer Schuessler, « Paul Gilroy, Scholar of the Black Atlantic, Wins Holberg Prize », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne, consulté le )
  5. a b et c « Paul Gilroy, au-delà de la race », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le )
  6. a b et c David Brun-Lambert, « Mélancolie postcoloniale », Le Courrier, 15 aoüt 2015

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]