Paul Bertrand (historien)

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Paul Bertrand
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Paul Bertrand est un historien belge, professeur en histoire médiévale à l’Université catholique de Louvain, à Louvain-la-Neuve[1]. Il s’intéresse aux cultures graphiques et textuelles médiévales, en ce qu’elles révèlent les rythmes, les dynamiques et les constantes sociales et culturelles. Engagé dans le mouvement dit des « Humanités numériques »[2], il milite pour de nouvelles pratiques d’édition scientifique open access.

Carrière universitaire[modifier | modifier le code]

Après une master en histoire à l’Université de Liège autour d’un dossier d’hagiographie et d’hagiologie médiévales, le dossier hagiographique de Madelberte de Maubeuge[3], en 1989 et une spécialisation à l’Institut d’études médiévales de l’Université catholique de Louvain[4], Paul Bertrand soutient une thèse en 1998 sur « Les Ordres mendiants à Liège, 13e-14e siècles. Structures et fonctions » sous la direction de J.-L. Kupper (1994-1998)[5]. Chargé de recherches du Fonds de la recherche scientifique attaché aux Archives de l’État à Liège (1998-1999) puis archiviste aux Archives générales du Royaume à Bruxelles (1999-2000), il entre au CNRS en 2001, à l'Institut de recherche et d'histoire des textes, à Orléans, comme Ingénieur de recherche (2001-2005) puis Chargé de recherches (2005-2012). Il y exerce les fonctions de responsable de la section de diplomatique (2003-2010)[6], directeur du GDR 1177 Diplomatique (2008-2012)[7] et directeur-adjoint de l’Institut de recherche et d'histoire des textes (2011-2012)[8]. Il rejoint l’Université catholique de Louvain pour y occuper la chaire d’histoire médiévale[1], comme professeur en 2012 puis comme professeur ordinaire en 2017. Il est chercheur associé à la section de diplomatique de l’IRHT[6].

Recherche[modifier | modifier le code]

Paul Bertrand mène des recherches en histoire médiévale, du Xe au XVe siècle, en empruntant de nombreux axes. Son cœur de recherches actuel s’organise autour de l’histoire des cultures graphiques médiévales (appelée aussi, de manière plus restrictive, histoire de la scripturalité ou histoire des pratiques de l’écrit), dans une perspective à la fois d’histoire sociale, matérielle et d’histoire comparée[1]. Il a initié ce courant de recherche consacré à l’histoire des documents d’archives en tant qu’acteurs de l’histoire et non plus seulement en tant que sources, dès sa thèse en 1998 puis dès 1999 dans des articles[9]. Spécialiste de diplomatique, il a notamment étudié récemment les « écritures ordinaires » qui font la spécificité des XIIIe et XIVe siècles européens[10]. Il mène des recherches sur les cartulaires médiévaux[11] ainsi que sur les outils écrits servant à l’administration et à la gestion[12]. Il pilote plusieurs projets d’édition électronique, comme la plate-forme d’édition électronique TELMA[13] et la base CartulR[11]. Il dirige le projet ChiroN, qui étudie les chirographes de Nivelles[14]. Il mène aussi des recherches sur l’hagiographie médiévale[15] depuis longtemps ainsi que des recherches sur la juridiction gracieuse ou encore l’économie de la rente au Moyen Âge[1].

Paul Bertrand ancre ces mutations culturelles dans un cadre plus large d’histoire sociale, matérielle et connectée. L’école dont il se réclame et qu’il a bâtie autour de son équipe de recherche H37[16] associe en un mouvement combiné les dynamiques de l’écrit et les dynamiques sociales et matérielles. Il ouvre sa recherche ces dernières années à des cultures non européennes[17].

Engagé dans la dynamique des Humanités numériques depuis quinze ans, il mène de nombreux projets dans ce cadre, comme le pilotage du consortium COSME[18]. Il tient aussi plusieurs blogs de recherche, dont NEO, carnet des étudiants médiévistes de Louvain[19] ainsi qu’un carnet de recherche personnel, depuis 2004: Medievizmes[20].

Il est directeur de la rédaction de la Revue d'histoire ecclésiastique[21] depuis 2015 après avoir été de 2003 à 2019 responsable de la rédaction de la Revue Mabillon[22].

Publications[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Paul Bertrand, Commerce avec dame Pauvreté. Structures et fonctions des couvents mendiants à Liège (XIIIe – XIVe s.), Liège, Bibliothèque de la Faculté de Philosophie et Lettres de l'Université de Liège, 2004 (ISBN 9782870192856).
  • Étienne Renard, Michel Trigalet, Xavier Hermand, Paul Bertrand (éds.), « Scribere sanctorum gesta ». Recueil d'études d'hagiographie médiévale offert à Guy Philippart. Turnhout, Brepols, 2005, Hagiologia, 3.
  • Paul Bertrand, Les écritures ordinaires. Sociologie d'un temps de révolution documentaire (entre royaume de France et empire, 1250-1350),Paris, Publications de la Sorbonne, 2015 (ISBN 9782859449209).

Articles & chapitres d'ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Paul Bertrand & Xavier Hermand, « Livres et archives dans le diocèse de Liège, XIVe – XVIe siècle », dans Gazette du livre médiéval, no 35. Automne 1999. p. 1-9 [lire en ligne].
  • Paul Bertrand, « De l'art de plier les chartes en quatre. Pour une étude des pliages de chartes médiévales à des fins de classement et de conservation », dans Gazette du Livre Médiéval, CNRS, 2002, 40, p. 25-35 [lire en ligne].
  • Paul Bertrand, « La base de données “Cartulaires” de la section de diplomatique de l'Institut de recherche et d'histoire des textes (Orléans) et l'entreprise du Répertoire des Cartulaires français », dans K. KEATS-ROHAN, Resourcing sources, Prosopographica et Genealogica, 7, 2002, p. 145-152.
  • Christine Gadrat & Paul Bertrand, « Les archives et la bibliothèque du couvent des Dominicains de Rodez. Jalons pour une enquête », dans Revue Mabillon, revue internationale d'histoire et de littérature religieuses, Abbaye Saint-Martin ; A. Picard et fils ; Brepols, 2004, N.S. 15, p. 231-235.
  • Paul Bertrand. « Réformes ecclésiastiques, luttes d'influence et hagiographie à l'abbaye de Maubeuge (IXe - XIe s.) », dans W. Verbeke, L. Milis & J. Goossens, Medieval Narrative Sources. A Gateway into the Medieval Mind, Mediaevalia Lovaniensia, 2005, p. 55-75.
  • Paul Bertrand, « La numérisation des actes : vers une nouvelle forme d'édition de textes diplomatiques ? », dans B. Merta, A. Sommerlechner & H. Weigl. (éds.), Vom Nutzen des Edierens. Akten des internationalen Kongresses zum 150-jährigen Bestehen des Instituts für Österreichische Geschichtsforschun, Mitteilungen des Instituts für Österreichischen Geschichtsforschung, 2005, p. 171-176.
  • Paul Bertrand & Charles Mériaux, « Cambrai-Magdebourg: The Relics of the Saints and the Integration of Lotharingia into the Kingdom of Germany in the Middle of the 10th Century », dans Medievales, Paris, 2006, p. 85 - 96.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b c et d « Les historiens de l’UCL – Paul Bertrand », sur LouvanHist (consulté le ).
  2. « Les digital humanities sont-elles solubles dans le Steampunk ? » [livre], sur openedition.org, Éditions de la Maison des sciences de l’homme, (consulté le ).
  3. https://primo.lib.ulg.ac.be/primo_library/libweb/action/dlDisplay.do?vid=32ULG_VU1&search_scope=blended&docId=32ULG_ALMA2153056870002321&fn=permalink
  4. https://archives.uclouvain.be/atom/index.php/institut-detudes-medievales
  5. Publiée sous le titre Commerce avec dame Pauvreté. Structures et fonctions des couvents mendiants à Liège (XIIIe siècle–XIVe siècle), Liège, 2004 (Bibliothèque de la Faculté de Philosophie et Lettres de l’Université de Liège)
  6. a et b « Diplomatique », sur Institut de recherche et d'histoire des textes, (consulté le ).
  7. https://drd.hypotheses.org/
  8. « Bertrand Paul », sur Institut de recherche et d'histoire des textes, (consulté le ).
  9. en collaboration avec Xavier Hermand, Livres et archives dans le diocèse de Liège, XIVème-XVIème siècle. Pour une approche globale de l’écrit dans le monde ecclésiastique médiéval, dans Gazette du Livre Médiéval, numéro 35, 1999, p. 1-9.
  10. Écritures ordinaires. Sociologie d'un temps de révolution documentaire (entre royaume de France et Empire, 1250-1350), Paris, 2015 (Histoire ancienne et médiévale), traduit sous le titre Documenting the Everyday in Medieval Europe: The Social Dimensions of a Writing Revolution, 1250–1350, Turnhout, Brepols, 2019 (USML 42)
  11. a et b http://www.cn-telma.fr/cartulR/index/
  12. https://www.efrome.it/la-recherche/programmes/programmes-scientifiques-2017-2021/meca.html
  13. http://www.cn-telma.fr/
  14. https://neo.hypotheses.org/477 et A quoi servent les chirographes ? dans L’Histoire, no 455, janvier 2019, p. 72-77.
  15. https://www.academia.edu/3789911/Une_sociologie_de_l_%C3%A9dition_hagiographique_la_saintet%C3%A9_franciscaine_du_XIIIe_au_d%C3%A9but_du_XVIe_s et https://www.academia.edu/10034022/Les_testaments_de_saints_en_Chr%C3%A9tient%C3%A9_occidentale
  16. « H37 », sur ReScript (consulté le ).
  17. (en) Paul Bertrand, « Production, preservation and use of Ethiopian archives (14th -18th centuries) », Archive ouverte en Sciences de l'Homme et de la Société, vol. 11, no 2,‎ , vii-xvi (DOI 10.1353/nas.2011.0002, lire en ligne [livre], consulté le ).
  18. « Le consortium COSME », sur Consortium Sources Médiévales - COSME² (consulté le ).
  19. https://neo.hypotheses.org/
  20. « MDVZ 3 », sur MDVZ 3 (consulté le ).
  21. https://www.rhe.eu.com/fr/
  22. « Revue Mabillon », sur Institut de recherche et d'histoire des textes, (consulté le ).