Parc du Contades (Strasbourg)

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Parc du Contades
Image illustrative de l’article Parc du Contades (Strasbourg)
L'allée principale du parc.
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Commune Strasbourg
Quartier Quartier du Contades
Superficie 7,9 hectares [1]
Histoire
Création 1764
Gestion
Propriétaire Ville de Strasbourg
Ouverture au public Oui
Accès et transport
Tramway tram B E
station Parc du Contades
Localisation
Coordonnées 48° 35′ 27″ nord, 7° 45′ 30″ est

Géolocalisation sur la carte : Strasbourg

(Voir situation sur carte : Strasbourg)
Parc du Contades

Le parc du Contades est un parc public de la ville de Strasbourg. Situé dans la Neustadt, il a été créé en 1764 par le Maréchal Louis Georges Érasme de Contades sur l’emplacement d’un ancien champ de tir (« Schiessrain »).

Il est délimité à l'ouest par l'avenue de la Paix et la rue René Hirschler, au sud par la rue Turenne, au nord par le boulevard Gambetta et est bordé par la rue des Arquebusiers et l'Aar à l'est.

Le parc constitue le cœur d'un quartier urbanisé dans les années 1880 qui se compose de villas et d’immeubles bourgeois. La synagogue de la Paix y a été consacrée en 1958.

Historique[modifier | modifier le code]

Plan du parc du Contades, XIXe siècle.

Le site, appelé en 1480 « promenade hors de la porte des Juifs », était utilisé comme champ de tir par les arbalétriers et les arquebusiers (d’où le nom de la rue et de la passerelle des Arquebusiers), depuis le Moyen Âge.

En 1764, le Maréchal Louis Georges Érasme de Contades, commandant de la province d'Alsace de 1762 à 1788, créé une promenade plantée de tilleuls à l'emplacement de l'ancien champ de tir (« Schiessrain »).

L'architecte Pierre Valentin Boudhors réalisa, en 1768, les plans d'un Vauxhall qui devait prendre place au nord de la promenade. Le projet ne fut jamais réalisé.

Les autorités militaires firent abattre tous les arbres et bâtiments environnants, par crainte d'un siège de la ville, en 1793. Le parc fut finalement rétabli en 1799.

Au XIXe siècle, des lieux de loisirs et restaurants s'y implantent. Les jardins Kammerer et Lips, ouverts en 1843, offrent aux promeneurs un restaurant, un spectacle-panorama et une fosse à ours. Des maisons de villégiature sont également construites à proximité de la promenade.

En 1860, l'école de natation masculine du fossé du Faux-Rempart est transférée près du parc du Contades, en bordure de l'Aar. Elle appartenait à la famille Weisz.

Avant 1870, la maison à l'italienne qui abritait le restaurant Jardin Lips était entourée par des bosquets dans lesquels se trouvaient des statues de déesses, un temple d’Apollon, une chapelle rustique, un chemin de fer circulaire, une pyramide, un jet d’eau, des chalets ou encore des grottes.

Le restaurant Jardin Kammerer est fermé en 1873.

Avec l'annexion de l'Alsace-Lorraine à l'Empire allemand et l’aménagement de la Neustadt, le parc du Contades est intégré à ce nouveau quartier. Il est cependant amputé de sa partie sud sur laquelle est édifiée une partie de l'avenue des Vosges et l'actuelle place de la République (ancienne « Kaiserplatz »).

Vers 1890, une « Maison du lait » (Molkereianstaltse) trouvait au nord du parc[2]. Elle est fermée après 1918.

Durant la Seconde Guerre mondiale, un abri antiaérien est construit à l'emplacement de l'actuelle synagogue.

En 1945, les bains de rivière du Contades sont transférés à la ville. La municipalité y aménage un bassin de compétition de 50 mètres, un sauna, des vestiaires et un « bain d'air et de soleil » en 1947. Les bains de rivière ferment dans les années 1960 pour des questions d’hygiène.

La dernière modification du parc remonte à 1954 lors de la construction de la grande synagogue.

Le petit kiosque, appelé « Temple de l'Amour », est déplacé au bord du lac de l'Orangerie (il s'y trouve encore aujourd'hui) en 1958[3].

Dans les années 1960, les villas Krieger et Burger ainsi que l'auberge Spalch qui bordaient le parc sont détruites et remplacées par des immeubles.

En 2013, le tracé des allées a été revu et les alignements d'arbres confortés afin de se rapprocher des plans originaux.

Aujourd'hui le parc du Contades est un lieu de promenade très apprécié des Strasbourgeois. On y trouve des aires de jeux pour enfants ainsi que des terrains de sports, de pétanque et des tables de ping-pong. La partie sud-est du parc, en bordure de l'Aar, est appelée Petit Contades.

Édifices remarquables[modifier | modifier le code]

Le kiosque à musique[modifier | modifier le code]

Construit en 1882 sur l'actuelle place Broglie[4], face à l'Opéra de Strasbourg, ce kiosque fut transféré à la fin du XIXe siècle au parc du Contades, lors de la construction de la fontaine du Vater Rhein. De forme octogonale, avec ses poteaux de fonte et son toit à lanterneau, il abrite toujours des concerts de musique classique ou de jazz en soirée. La scène du kiosque est notamment utilisée l'été pour accueillir des concerts d'harmonies dans le cadre des « Flâneries musicales ».

À l'entrée nord-est du parc on peut également observer la passerelle des Arquebusiers qui enjambe l'Aar. Au sud-est se trouve le pont du Contades (construit en 1897) avec de remarquables garde-corps et luminaires en fer forgé.

La villa Osterloff (manoir du Contades)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Manoir du Contades.
La villa Osterloff.

Villa pittoresque située au n°10 rue des Arquebusiers, classée monument historique en 1992, mélangeant des références historicistes du Moyen Âge et de la Renaissance, construite de 1901 à 1902 par l'architecte Albert Nadler pour l'entrepreneur Otto Gunderloch. C'est l'une des dernières villas qui bordaient autrefois le parc, elle porte le nom de la famille de l'architecte Waldemar Osterloff, devenu propriétaire en 1929. La villa a été restaurée en 1993.

La grande synagogue de la Paix[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Grande synagogue de la Paix.
La synagogue vue depuis le parc.

Située « avenue de la Paix » (ce qui explique le nom de l’édifice), la synagogue consistoriale est à la fois un édifice religieux et le centre communautaire israélite de la ville.

Le projet de reconstruction de la synagogue de Strasbourg, détruire pendant la Seconde Guerre mondiale, fut confié à Charles Ehrlich en (alors président de la commission administrative). À la suite d’un concours, le choix fut porté sur la personne de l’architecte Claude Meyer-Lévy, secondé par Jean-Paul Berst et René Heller, après la brève participation de Charles-Gustave Stoskopf[5].

Les travaux débutèrent le pour ne s’achever qu’avec l’inauguration officielle le .

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Site de la communauté urbaine de Strasbourg - Espaces Verts, Jardins Familiaux et Forêts
  2. Commerce de vente de lait, sur le site Archi-Wiki.
  3. Jardin Kammerer sur le site Archi-Wiki.
  4. Parc de Contades - Kiosque à musique sur le site Archi-Wiki (consulté le 21 octobre 2016).
  5. Félix Lévy, « Construction de la nouvelle synagogue », Site du judaïsme d’Alsace et de Lorraine, (consulté le 11 février 2008)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • Maurice Moszberger, Théodore Rieger et Léon Daul, Dictionnaire historique des rues de Strasbourg, Le Verger, Illirch-Graffenstaden, 2002, p. 164 (ISBN 2-84574-023-9)
  • (de) Julius Rathgeber, Der Strassburger Contades, R. Schultz, Strasbourg ?, 1883, 4 p.
  • Roland Recht, Jean-Pierre Klein et Georges Foessel (dir.), « Le parc du Contades » in Connaître Strasbourg : cathédrales, musées, églises, monuments, palais et maisons, places et rues, Alsatia, Colmar ?, 1998 (nouvelle édition remaniée), p. 267 (ISBN 2-7032-0207-5)
  • (de) G. Schneider, Das Strassburger Ritterspiel auf dem Contades, Heitz, Strasbourg, 1900, 1 p.
  • À la découverte des quartiers de Strasbourg : Promenades et jardins entre place Broglie et Wacken, ville de Strasbourg, mai 2013
  • « Il y a cinquante ans - Souvenir d'un éden : le Contades », article des DNA du 10 avril 2016
  • Roland Oberlé, « Le plus vieux parc de Strasbourg. Le Contades, un lieu chargé d'histoire », in Les Saisons d'Alsace, no 72 (L'Alsace, ce beau jardin), printemps 2017, p. 40-45