Pédagogie différenciée

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La pédagogie différenciée part du constat que dans une classe, un professeur doit enseigner à des élèves ou des étudiants ayant des capacités et des modes d'apprentissages très différents. Elle tente de donner une réponse à cette hétérogénéité des classes par des pratiques adaptant à chaque élève les programmes d'études, l'enseignement et le milieu scolaire. Bien souvent, l'enseignant ne va plus être le centre de la classe mais va mettre l'enfant ou l'activité comme intérêt central. De plus, ces pédagogies ont souvent pour but le développement personnel de l'enfant.

Historique[modifier | modifier le code]

Une des premières expériences de pédagogie différenciée est celle du Plan Dalton élaborée vers 1910 par Helen Parkhurst. Celle-ci, devant enseigner à une classe de quarante enfants dont les âges variaient de 8 à 12 ans, mit en place un système de fiches personnalisées permettant pour chacun un plan de travail individuel.

La méthode de Winnetka perfectionne en 1913 ce système en créant des fiches auto-correctives, et en accordant plus d'importance au travail en groupe.

Ces méthodes arriveront en Europe via les publications du mouvement d'éducation nouvelle. Robert Dottrens s'en inspire lors de la création de l'école du Mail à Genève.

À la même époque, Célestin Freinet systématise l'utilisation de ces outils d'individualisation, et met au point les fichiers Freinet utilisés encore aujourd'hui dans les classes de l'ICEM. Il a utilisé notamment le journal de l'école comme outil pédagogique.

L'auteur le plus important est sans doute Louis Legrand, qui officialise l'expression et veut mettre en place cette pédagogie dans les établissements scolaires. " L'idée d'une nécessaire différenciation rationnelle de la pédagogie pour faire face à la diversité des publics présents dans les classes hétérogènes est le produit d'un conflit devenu insupportable entre cette diversité et l'unité réalisée des programmes et des méthodes."[1]

En 1975, la réforme Haby introduit le collège unique en supprimant les différentes filières (d'après le concept d'hétérogénéité, toutes les classes se valent). La loi propose donc un remède au problème d'hétérogénéité : la pédagogie différenciée.

Philippe Meirieu fait deux distinctions : différenciation/individualisation et groupes de besoin/groupes de niveaux. Pour lui, même si la différenciation est un moyen de s'adapter aux spécificités de chaque élève, la classe reste néanmoins un groupe au sein duquel chaque élève évolue. Ainsi l'enseignement n'est pas individualisé. La pédagogie différenciée permet alors de mettre en place des groupes de besoin. Ces groupes, contrairement aux groupes de niveaux, sont malléables et ponctuels. En d'autres termes, les groupes de besoin sont constitués en fonction des besoins des élèves à un moment donné sur un problème donné. Ils ne constituent en aucun cas des groupes à pérenniser dans l'année.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Louis Legrand, La différenciation de l'enseignement, 1973, Association Se former, Lyon.

Source[modifier | modifier le code]

  • Les pédagogies différenciées, JM Gillig, De Boeck Université.


Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pédagogie différenciée, Des intentions à l'action, Philippe PERRENOUD, ESF éditeur, 2008
  • Marhic Philippe, L'enseignement individuel, une alternative à l'échec scolaire, Paris, Harmattan, 2009, 290 p.
  • Sabine Kahn, Pédagogie différenciée (Kahn), éditions De Boeck, septembre 2010

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]