Otto Wels

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Otto Wels
Image illustrative de l'article Otto Wels
Fonctions
Député (1912-1933)
Président SPD (1919-1939)
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Berlin
Date de décès (à 66 ans)
Lieu de décès Paris
Parti politique SPD

Otto Wels (, Berlin - , Paris) est un homme politique allemand.

Biographie[modifier | modifier le code]

Député du Parti social-démocrate (SPD) de 1912 à 1933, il en est le président de 1919 à 1939. Lors de la séance du Reichstag du , il est le seul orateur à s'opposer, malgré les menaces, à l'adoption de la loi des pleins pouvoirs voulue par les nazis. Il est déclaré apatride trois mois après la dissolution du parti par les Nazis en juin 1933.

Il s'exile dans le territoire du Bassin de la Sarre, qui est alors géré par la Société des Nations. Il tente ensuite de reconstruire un SPD en exil, d'abord à Prague puis à Paris, où il décède en 1939.

Le discours d'Otto Wels du 23 mars 1933[modifier | modifier le code]

Otto Wels (à gauche, sur la tribune) prononçant un discours au Lustgarten de Berlin en mars 1932.
Otto Wels (à gauche, sur la tribune) prononçant un discours au Lustgarten de Berlin en .

Le 23 mars 1933, le jour du vote des pleins pouvoirs à Adolf Hitler, Otto Wels, représentant du SPD tient le discours suivant[1] :

« Après les répressions vécues ces derniers temps, personne ne peut exiger du Parti Socialiste Démocratique un vote favorable à cet acte. Les élections du 5 mars ont donné au nouveau gouvernement les moyens de faire respecter à la lettre l'esprit de la Constitution. Parce que cette possibilité existe, il est nécessaire de l'appliquer. Les débats et critiques sont tout aussi nécessaires. Jamais auparavant depuis que l'État allemand existe, le contrôle des affaires publiques n'a été autant mis à mal par les représentants du peuple, au point d'arriver où nous en sommes : offrir les pleins pouvoirs. Un gouvernement aussi omnipotent connaîtra les pires difficultés, et il va de soi, que la liberté publique sera écrasée.

Ce qui arrive aujourd'hui en Allemagne est dépeint de manière très sombre ailleurs. Comme toujours dans ce genre de situation, nul besoin d'hyperbole. Au nom de mon parti, je déclare que nous n'avons pas demandé l'aide de Paris, ni n'avons placé des millions de marks à Prague ou diffusé des mensonges à l'étranger. Nous pourrions réfuter ces accusations si seulement nous n'étions pas empêchés... Il faut restaurer une sécurité juridique, et la même pour tous !

Ces messieurs du parti nazi, appellent à une Révolution Nationale, déchaînée par leurs actions, et non Nationale-Socialiste. Le seul rapport de cette Révolution avec le Socialisme, est la volonté d'écraser tout le mouvement social-démocrate, porteur de tous les bienfaits depuis deux générations : ceux-ci se maintiendront.

Si ces messieurs du parti nazi voulaient appliquer des lois sociales, à aucun moment ils n'auraient besoin des pleins-pouvoirs, leur majorité écrasante dans cette assemblée étant suffisante. Et pourtant vous voulez faire disparaître l'État au profit de votre Révolution. Cependant, détruire ce qui existe n'est pas révolutionnaire. Le peuple attend des résultats. Il veut des mesures radicales contre la terrible misère économique qui domine, non seulement en Allemagne, mais, le monde entier.

Nous, sociaux-démocrates, avons porté la coresponsabilité du gouvernement lors des jours les plus sombres, et l'ont nous a jeté des pierres pour cela. Notre bilan en faveur de la reconstruction de l'État et de son économie, et pour la libération des régions occupées autour du Rhin resteront dans l'histoire. Nous avons crée l'égalité de droit, et les droits sociaux du travail. Nous avons crée une Allemagne où Prince et Barons, mais aussi simples ouvriers peuvent participer au gouvernement de l'État.

De même, votre Révolution vous mènera à abandonner votre propre guide. Il est vain de chercher à faire tourner à l'envers la roue de l'histoire.

Nous, les sociaux-démocrates, savons que nous ne pouvons vous renverser par des moyens juridiques et légaux. Nous voyons votre coup de force et votre présence massive ici. Mais la conscience juridique du peuple est un pouvoir politique, et nous ne cesserons de le lui rappeler.

La constitution de la République de Weimar n'est pas socialiste. Mais nous sommes en conformités dans les principes de l'État de droit, de l'égalité des droits, et du droit social. Nous, Sociaux-Démocrates allemands, professons à cette heure tristement historique, les idées d'humanité et de justice, de liberté et de socialisme. Aucune loi sur les pleins pouvoirs ne vous donne le pouvoir sur de telles idées, éternelles et indestructibles.

Aujourd'hui, nous sommes donc sans défense, mais nous ne sommes pas sans honneur. »

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]