Oswald Englebin

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Oswald Englebin
Oswald Englebin.jpg
Fonctions
Bourgmestre
Grand Charleroi
-
Échevin
Grand Charleroi
-
Bourgmestre
Trazegnies
-
Biographie
Naissance
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CourcellesVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
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Parti politique

Oswald Englebin est un industriel et homme politique belge, bourgmestre rexiste du Grand Charleroi, né le à Trazegnies et assassiné le à Courcelles.

Biographie[modifier | modifier le code]

Oswald Englebin est un industriel de Trazegnies où il prend la direction du « Secours d’hiver » créé fin 1940 avant de devenir bourgmestre de cette commune en octobre 1941. À la création du Grand Charleroi en juillet 1942, il y devient échevin, s'occupant de l'agriculture[1].

À la suite de l'assassinat de Prosper Teughels par la résistance, il devient bourgmestre et prête serment le .

L'essentiel de son travail est consacré à des œuvres de solidarité. Il met peu d'entrain à traquer les réfractaires au travail obligatoire, laissant même son fils puiser dans les réserves de timbres de ravitaillement pour les aider. Cette « tiédeur », reprochée par les rexistes, lui fait craindre une action de ces derniers contre lui. Quand il donne, durant l'année 1944, à l'échevin Henri Merlot des satisfactions refusées jusqu'alors, c'est comme s'il cédait à des menaces rexistes. Ce double jeu lui est fatal[2].

Le , peu après 12 h 30, tandis qu'il regagne son domicile à Trazegnies en compagnie de sa femme, de son fils et d'un garde du corps[3], il est contraint de ralentir lorsqu'il arrive à hauteur d'un véhicule en panne au rivage de la côte du Rognac à Courcelles. Cinq hommes, jusque-là affairés autour du capot, se retournent, font feu et tuent les occupants du véhicule à l'exception du gendarme.

Cet assassinat, dont l'identité et les motivations des auteurs ne sont pas clairement établies[4], sera à l'origine de la tuerie de Courcelles durant laquelle 26 civils seront tués en représailles[5]. De plus, les Allemands, après avoir permis les exactions des tueurs rexistes, exécuteront le 24 août, 20 otages choisis parmi des porteurs d'arme[6].

Selon les désirs du défunt, mais contre la volonté de la direction du parti qui voulait des funérailles publiques et solennelles, celles-ci furent organisées dans l'intimité. On y vit cependant de nombreuses personnalités rexistes[6].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Plisnier 2009, p. 166.
  2. Plisnier 2009, p. 171-172.
  3. Le gendarme Duquesne, qui sera l'unique survivant
  4. Maerten 2008
  5. Pascal Lorent, « Courcelles - Le 18 août 1944, les rexistes vengeaient l'assassinat d'Englebin en exécutant vingt otages », Le Soir,‎ , p. 25 (lire en ligne)
  6. a et b Plisnier 2009, p. 172.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Fabrice Maerten, « Tuerie de Courcelles », dans Paul Aron et José Gotovitch (dir.), Dictionnaire de la Seconde Guerre mondiale en Belgique, Bruxelles, André Versaille éditeur, , 560 p. (ISBN 978-2-87495-001-8), p. 119-120
  • Flore Plisnier, « L’ordre nouveau et le rexisme dans la région de Charleroi : Seconde partie : L’ordre nouveau à Charleroi durant la Seconde Guerre mondiale », Documents et rapports, Société royale d’archéologie, d’histoire et de paléontologie de Charleroi, t. LXIV,‎
  • Flore Plisnier (préf. Fabrice Maerten), Ils ont pris les armes pour Hitler : la collaboration armée en Belgique francophone, Bruxelles, La Renaissance du livre, coll. « Espace temps », , 253 p. (ISBN 978-2-507-00361-6).
  • Pierre-Jean Schaeffer, Charleroi 1830-1994, Histoire d'une Métropole, Ottignies-Louvain-la-Neuve, Quorum, , 466 p. (ISBN 2-930014-42-3)