Journal de Charleroi

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Journal de Charleroi
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Journal de Charleroi est un journal quotidien belge francophone qui a paru de 1838 à 1997.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le journal est fondé le sous le double nom de « Journal de Charleroi et de la Province du Hainaut » avec une parution hebdomadaire. Sans coloration politique bien définie, il est alors dirigé par Habart, avocat[1]. Charles Delescluze, journaliste français réfugié en Belgique en 1836 pour complot républicain, collabore à la rédaction[2]. Il y défend les institutions libérales et laïques et la jeune Université libre de Bruxelles[1]. Mais le nombre d'abonnés est trop faible et la publication disparait en 1845. Elle est reprise par Alphonse Deghistelles, imprimeur à Charleroi. Le journal est rédigé jusqu'en 1848 par Alphonse Hellin qui, de libéral, passe à la défense des thèses catholiques[3].

En 1852[4] ou en 1856[5], le journal devient la propriété d'un immigré français, Louis-Xavier Bufquin des Essarts qui y travaillait depuis 1848[5]. En 1857, celui-ci installe l'imprimerie d'abord et les bureaux ensuite au numéro 12 de la rue du Collège. Le journal se tient alors à l'écart du débat politique. Le nombre de lecteurs croît, ainsi que les annonces publicitaires et, en 1858, le Journal de Charleroi devient quotidien. Le nouveau rédacteur en chef, Émile Stainier rend au journal ses couleurs libérales[3]. Le , Arthur Rimbaud, qui rêve d'être journaliste, tente sans succès de se faire engager comme rédacteur[4].

En 1880, Jules Bufquin des Essarts succède à son père défunt, et son frère Gustave devient directeur du journal[4].

À la suite de la répression sanglante lors de la grève belge de 1886, le journal affiche des tendances libérales progressistes. En 1890, il passe au socialisme. Jules Bufquin des Essarts est élu sénateur socialiste en 1894[4].

En 1895, le journal adopte la devise « Vers la vérité par la science, vers la liberté par le droit, à l’égalité par la justice, à l’harmonie sociale par la fraternité » qui se trouvera inscrit au frontispice. Cette devise est celle de la Fédération rationaliste de Charleroi dont Jules Bufquin des Essarts était devenu président en 1882[5].

En 1902, la société éditrice, détenue par la famille Bufquin des Essarts prend le nom de « Société Anonyme de la presse démocrate et socialiste de Charleroi »[4],[6].

Le journal devient progressivement le porte-parole de la Fédération de Charleroi du Parti ouvrier belge. C'est donc évidemment dans celui-ci que, le , Jules Destrée publie sa lettre ouverte au roi Albert sur la séparation de la Wallonie et de la Flandre[7].

Parmi ses collaborateurs occasionnels figure Henri La Fontaine, prix Nobel de la paix en 1913.

En 1930, c'est Marius Bufquin des Essarts (nl) qui devient le rédacteur en chef tandis que son frère Marcel assume les fonctions directoriales[7].

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Après la guerre[modifier | modifier le code]

Le journal fusionne avec L'Indépendance en 1966 pour former le Journal et Indépendance. Le Peuple est racheté le [8]. En 1997, le magazine est racheté par le Groupe Rossel avec les deux autres journaux socialistes, à savoir La Wallonie et Le Peuple. Ces trois magazines fusionnent en 1998 pour former Le Matin (wa)[9].

Tirage[modifier | modifier le code]

En 1919, le Journal de Charleroi avait un tirage de 60 000 exemplaires.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Hasquin 2001, p. 122.
  2. « Notice Delescluze Charles [Louis, Charles] », sur maitron.fr, Le Maitron, dictionnaire bibliographique du mouvement ouvrier et du mouvement social, Association Les Amis du Maitron (consulté le )
  3. a et b Hasquin 2001, p. 123.
  4. a b c d et e Hasquin 2001, p. 124.
  5. a b et c Morelli 1992, p. 70.
  6. De Bens 1973, p. 314.
  7. a et b Hasquin 2001, p. 125.
  8. Luc Peiren et Luc Lievyns, Hoofdstuk 20.4 De socialistische partijen (p. 796) in VAN DEN EECKHOUT Patricia & VANTHEMSCHE Guy, Bronnen voor de studie van het hedendaagse België, Koninklijke Commissie voor Geschiedenis, 2009
  9. Le Matin: De progressieve krant van de laatste kans, De Standaard, 22 avril 2000
(nl) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en néerlandais intitulé « Journal de Charleroi » (voir la liste des auteurs).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (nl) Els De Bens, De Belgische dagbladpers onder Duitse censuur (1940–1944), Antwerpen/Utrecht, De Nederlandsche Boekhandel, , 564 p. (ISBN 90-289-9883-7, lire en ligne [PDF]), p. 314-319.
  • Laurent Delvaux, « La presse sous l'occupation », dans Jean-Louis Delaet, Le Pays de Charleroi de l'occupation à la libération 1940-1944 : Cinquantième anniversaire de la Libération, Ville de Charleroi/CGER, , 203 p., partie 10, p. 89-96.
  • René-Pierre Hasquin, Requiem pour la presse socialiste de Belgique, Éditions Scaillet, , 220 p.
  • Anne Morelli, « Libre-pensée et socialisme dans le Journal de Charleroi », dans André Miroir, Laïcité et classes sociales, 1789-1945 : en hommage à John Bartier, Bruxelles, Espace de libertés, , 292 p. (ISBN 2930001054), p. 67-79.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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