Ophites

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Les ophites ou ophiens (du grec ὄφιανοι > ὄφις, serpent) aussi appelés naassènes (de naas, serpent en hébreu[1]) sont des sectes gnostiques apparues en Syrie et Égypte vers l’an 100 de notre ère. Le point commun de ces sectes était de vouloir donner une large importance à la symbolique du serpent, Nahash, dans la lecture de la Genèse, et d'établir un lien entre la gnose et le fruit défendu de l'arbre de la connaissance du bien et du mal. Contrastant avec l'interprétation chrétienne faisant du serpent l'incarnation de Satan les ophites voyaient dans le serpent un héros tandis qu'ils voyaient dans Elohim, le dieu qui créa et maudit Adam et Ève, un démiurge diabolique.

Sectes ophites[modifier | modifier le code]

En raison de la destruction des écrits gnostiques par l'Église orthodoxe à partir du IVe siècle, qui conservait les manuscrits et textes ophites [réf. nécessaire], la plupart des informations sur les sectes ophites proviennent des écrits de leurs ennemis, Hippolyte de Rome (Philosophe), Irénée de Lyon (Contre les hérésies), Origène (Contra Celsum vi. 25 seq.) et Épiphane de Salamine (Panarion. xxvi.). Quelques textes ophites originaux ont néanmoins pu être mis au jour lors de fouilles archéologiques, comme à Nag Hammadi.

Diagrammes ophites[modifier | modifier le code]

Les diagrammes ophites sont des rituels et des diagrammes ésotériques utilisés par les sectes gnostiques ophites. Ils virent parfois aussi dans le dieu de l'Ancien Testament la représentation du démiurge Ialdabaôth.

Celse (cité par Origène, Contre Celse, VI, 24-38) décrit les diagrammes, comme 10 cercles séparés et circonscrits l'un dans l'autre, le monde des âmes, Léviathan, divisé par une fine ligne noire, le tartare, le tout dans un carré où est écrit "portes du paradis". De plus, toujours d'après Celse, les ophites ajoutaient des dires des prophètes entre les cercles, avec quelque chose de particulier d'écrit à l'intérieur du plus grand et du plus petit des cercles cosmologiques, représentant respectivement Dieu le père et Dieu le fils.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Témoignages[modifier | modifier le code]

  • Irénée de Lyon, Contre les hérésies (178-188), I, 29-30. Trad. Adelin Rousseau (1965-1982), Cerf, 1991.
  • Celse, apud Origène, Contre Celse (248), VI, 24-38 (sur les diagrammes ophites). Trad., Cerf, coll. "Sources chrétiennes".
  • Hippolyte de Rome (Pseudo-Hippolyte de Rome), Philosophumena, ou Réfutation de toutes les hérésies (vers 290), V, 12-18. Trad. A. Siouville (1928), Archè, 1988 ; trad. H. van Kasteel, Beya, 2019.
  • Épiphane de Salamine, Panarion (vers 375-377), XXXVII.5, XXXIX-LXIV. Édition par Karl Holl, Panarion, Leipzig, J. C. Heinrichs, 1915-1933, t. 2 et 3. Traduction anglaise : The Panarion of Epiphanius of Salamis, par Frank Williams, Leyde, Brill, 1987-1994, 2 vol., XXX-359, XVIII-677 p.
  • Pseudo-Tertullien, Contre tous les hérétiques (vers 220), II. Traduction M. de Genoude, 1852.
  • Philastre de Brescia, Diversarum hereseon liber (vers 385). Édition par F. Heylen, Turnhout, 1957. Traduction italienne Gabriele Banterle, Delle varie eresie, Rome, 1991.

Textes ophites[modifier | modifier le code]

Études sur les ophites[modifier | modifier le code]

  • H. Leisegang, La gnose (1924), chap. 4 : "Les ophites", trad., Petite bibliothèque Payot, 1971.
  • Jean-Daniel Kaestli, « L’interprétation du serpent de Genèse 3 dans quelques textes gnostiques et la question de la gnose “Ophite” », apud Julien Ries et alii éd., Gnosticisme et monde hellénistique. Actes du Colloque de Louvain-la-Neuve (11-), Louvain-la-Neuve, Université Catholique de Louvain-Institut Orientaliste, 1982, p. 116-130.
  • S. Gero, "Ophite Gnosticism according to Theodore Bar Koni's Liber Scholiorum", apud H. Drijvers (éd.), Literary Genres in Syriac Literature, Rome, Institutun Studiorum, 1987, p. 265-274.
  • Birger A. Pearson, "Ophites", apud W. Hanegraaff, Dictionary of Gnosis and Western Esotericism, Leyde, Brill, 2005, t. II, p. 895-898.
  • Annarita Magri, "Le serpent guérisseur et l'origine de la gnose ophite", Revue de l'histoire des religions, 2007, 4, p. 395-434.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]