Nathalie Cabrol

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Nathalie Cabrol
Nathalie Cabrol SETI.jpg
Nathalie Cabrol à l'institut SETI.
Biographie
Naissance
Voir et modifier les données sur Wikidata (56 ans)
Nationalités
Formation
Activités
Conjoint
Edmond Grin (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Nathalie Cabrol, née le , est une astrobiologiste franco-américaine spécialisée dans la planétologie, et également une plongeuse extrême.

Nathalie Cabrol est connue pour ses études sur les lacs anciens de Mars, et pour ses expéditions scientifiques en haute altitude dans les Andes chiliennes en tant que scientifique principale pour le projet High Lakes Project, financé par le NASA Astrobiology Institute (NAI). Elle et son équipe y documentent l'adaptation de la vie aux environnements aux conditions extrêmes, l'effet du réchauffement climatique rapide sur les écosystèmes des lacs et leurs habitats, leurs signatures géobiologiques, et son intérêt pour l'exploration planétaire.

Elle est la chercheuse en chef de l'équipe NAI de l'Institut SETI, sélectionnée en octobre 2014 pour développer des nouvelles stratégies d'exploration et de détection de bio-signatures dans le cadre de la mission Mars 2020. Elle est nommée directrice du centre Carl Sagan pour l'Étude de la Vie dans l'Univers de l'Institut SETI.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et carrière[modifier | modifier le code]

Nathalie Cabrol est née près de Paris. Elle fit ses études à l'université de Nanterre, puis à l'université Panthéon-Sorbonne (Paris I) pour son master et son doctorat, qu'elle termina en 1991. En 1986 elle fut la première personne à étudier en détail le cratère Gusev sur Mars. Elle attira l'attention et les louanges de Valery Barsukov de l'Académie des Sciences soviétique, qui l'invita à Moscou pour y donner un cours[1].

Entre 1985 et 1994 Cabrol fit de la recherche en géologie planétaire avec son mari, Edmond Grin, à l'Université Paris-Sorbonne et l'Observatoire de Paris-Meudon. En 1994, alors que leur laboratoire devait fermer, Chris McKay, un scientifique de la NASA, lui rendit visite, et elle déménagea aux États-Unis la même année[2] pour un post-doc à la NASA. Elle et son mari décidèrent de rester aux États-Unis et devinrent citoyens américains[3]. Cabrol fut la porte-parole pour sélectionner le cratère Gusev comme point d'atterrissage de l'astromobile Spirit de la NASA sur Mars[1]. En 1998, elle devint une employée de la NASA travaillant à l'institut SETI, y continua sa recherche sur la planète Mars, et fut promue directrice du centre Carl Sagan le 7 août 2015[4].

Enquêtes sur les lacs[modifier | modifier le code]

Cabrol était la scientifique principale sur le projet d'expérience sur le terrain de l'astromobile Nomad de la NASA en 1997, ainsi que pour d'autres projets financés par le programme ASTEP de la NASA, comme La Vie dans l'Atacama (2003-2006) et La Vie Sous la Surface dans l'Atacama (2011-2015). Elle est la chercheuse principale du projet Lake Lander (2011-2015) de l'ASTEP qui étudie l'impact de la perte de glace sur les lacs, en utilisant des technologies développées pour l'exploration de Titan.

Depuis janvier 2015, elle est la scientifique principale de l'équipe NASA Astrobiology Institute (NAI) de l'Institut SETI, qui cherche à comprendre l'impact de changements environnementaux rapides et le potentiel de Mars en termes de bio-signatures. Elle explore les lacs de haute altitude dans les Andes, où les conditions environnementales sont similaires à celles rencontrées dans la jeunesse de Mars. Avec son équipe, elle a escaladé le volcan Lincancabur (d'altitude 6 014m) à plusieurs reprises pour y conduire des recherches, notamment en plongeant en apnée dans le lac sur le cratère[5]. Ses activités d'explorations de lac, visant à chercher des extrêmophiles (microbes avec la capacité de survivre dans des environnements rudes), font d'elle la détentrice (officieuse) du record féminin d'apnée et de plongée réalisées à la plus haute altitude[1]. Cabrol y a trouvé une profusion de vie, dont de nouvelles espèces et un énorme champ de microbes fossilisés, appelés stromatolithes. Elle collecta des micro-organismes dans le lac, et évoque "sa surprise en voyant la richesse des organismes à cette altitude, malgré les conditions rudes"[1]. En plus de cela, Cabrol est membre de la mission Mars Exploration Rover de la NASA[3].

Livres et publications[modifier | modifier le code]

Cabrol a publié plus de 400 articles évalués par ses pairs, ainsi que plusieurs livres, et a reçu plusieurs prix pour sa recherche. Elle est mariée à Edmond Grin, un ingénieur en hydrogéologie[1]. Ils ont écrit des livres et des articles ensemble, dont par exemple La recherche de la vie dans l'univers (2000) et Lakes on Mars (2010)[6]. En 2008 elle publia 17 articles[1]. On fait référence à elle dans des livres comme Magnificent Mars (2003) de Ken Croswell[7] ou Water on Mars and Life (2004) de Tetsuya Tokano[8]. Elle a aussi été nommée membre (fellow) de WINGS WorldQuest, et est lauréate du prix WINGS WorldQuest Woman of Discovery mention "air et espace"[4].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e et f « Nathalie Cabrol: Life at the Margins », University of California Santa Cruz, (consulté le 20 septembre 2015)
  2. (en) Diane Richards, « How the Mars Rover Landing Sites Were Chosen », Seti,‎ (lire en ligne, consulté le 20 septembre 2015)
  3. a et b (en) Alexandra Wolfe, « Nathalie Cabrol Looks for Life on Mars », The Wall Street Journal,‎ (lire en ligne, consulté le 19 septembre 2015)
  4. a et b (en) Miki Huynh, NASA, « Nathalie Cabrol to Lead Carl Sagan Center at SETI Institute », Astrobiology Life in the Universe,‎ (lire en ligne, consulté le 20 septembre 2015)
  5. (en) Stuart A. Kallen, The Search for Extraterrestrial Life, Capstone, (ISBN 978-1-60152-382-2, lire en ligne), p. 61
  6. « Lakes on Mars, 1st Edition », Elsevier (consulté le 20 septembre 2015)
  7. (en) Ken Croswell, Magnificent Mars, Simon and Schuster, (ISBN 978-0-7432-2601-1, lire en ligne), p. 132
  8. (en) Tetsuya Tokano, Water on Mars and Life, Springer Science & Business Media, (ISBN 978-3-540-20624-8, lire en ligne), p. 235

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]