Napoleon Săvescu

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Napoleon Săvescu (né le 24 juin 1946) est un médecin généraliste américano-roumain célèbre comme pilier du protochronisme roumain. Il a repris, amplifié et diffusé par internet les théories controversées sur les origines et l'histoire des Daces et des Roumains, initiées par Nicolae Densuşianu dans sa Dacie préhistorique. Il est aussi le fondateur de la Dacia Revival International Society (Société Internationale pour le Renaissance de la Dacie), basée à New-York, et l'organisateur du Congrès annuel de Dacologie, longtemps sponsorisé par le mécène Iosif Drăgan.

Ces théories protochronistes, totalement rejetées par l'Académie roumaine, ont été baptisées « dacomanie » ; leur équivalent au sud du Danube est la « thracomanie » bulgare, elle aussi rejetée par l'Académie bulgare.

Les Daces ont-ils inventé les civilisations sumérienne et latine ainsi que l'écriture ?[modifier | modifier le code]

Selon l'ensemble des historiens et des linguistes, les Roumains sont les héritiers linguistiques des Thraco-Romains (Thraces romanisés : voir Origine des roumanophones). Mais selon l'école protochroniste dont Napoleon Săvescu est le porte-parole actuel, ils seraient les descendants généalogiques directs des Daces, qui seraient aussi les ancêtres des Latins, tribu dace émigrée en Italie, dont la langue, le latin, serait un dialecte dace... Les historiens et les linguistes, eux, pensent que les descendants directs des Daces restés non-romanisés, à savoir les Carpes, sont les Albanais[1]. L'école protochroniste ne se contente pas d'affirmer que les Daces seraient à l'origine des Latins, mais affirme aussi qu'ils seraient à l'origine de la civilisation sumérienne et aussi du premier alphabet au monde (thèses de Viorica Enăchiuc), et qu'ils auraient conquis, deux mille ans avant notre ère, toute l'Europe occidentale, l'Inde et l'Asie jusqu'au Japon...

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Protochronisme

Références[modifier | modifier le code]

  1. Eqrem Çabej, Eric Hamp, Georgiev, Kortlandt, Walter Porzig, Sergent et d'autres linguistes considèrent, dans une perspective paléolinguistique ou phylogénétique, que le proto-albanais s'est formé sur un fond thraco-illyrien vers le VIe siècle, à l'intérieur des terres, subissant un début de romanisation encore sensible dans la langue moderne, tandis que les emprunts les plus anciens de l'albanais aux langues romanes proviennent du diasystème roman oriental et non de l'illyro-roman qui était la langue romane anciennement parlée en Illyrie après la disparition de l'illyrien (pendant l'occupation romaine, l'illyro-roman a remplacé l'illyrien à la manière du gallo-roman remplaçant le celtique en Gaule). Comme les lieux albanais ayant conservé leur appellation antique, ont évolué selon des lois phonétiques propres aux langues slaves et que l'albanais a emprunté tout son vocabulaire maritime au latin et au grec, ces auteurs pensent que les ancêtres des Albanais ont vécu à l'est de l'actuelle Albanie et que régions côtières de ce pays (thème du Dyrrhacheion) étaient initialement gréco-latines. De nos jours, l'existence en albanais de mots empruntés au roman oriental balkanique et en roumain de mots de substrat apparentés à des mots albanais corrobore cette manière de voir.