Mouvement de défense des exploitants familiaux

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Mouvement de Défense des Exploitants Familiaux ou MODEF est un syndicat agricole français créé en 1959.

Création du Modef[modifier | modifier le code]

Le 7 avril 1959, une quarantaine de militants paysans des départements du sud et du centre de la France issus de la section des fermiers et métayers et de la viticulture de la FNSEA se réunissaient à Toulouse pour créer une structure de coordination qui devenait le Mouvement de défense des exploitants familiaux.

Les fondateurs étaient socialistes, comme Nègre, communistes, comme Soulié, anarcho-communistes, comme Raymond Mineau ; ou simplement militants du progrès social. Leur objectif était de rompre définitivement avec la FNSEA, syndicat agricole unique à l'époque, en créant un mouvement syndical dissident.

Leurs références se trouvaient dans les luttes des métayers de l'Allier de 1900 ou celle des viticulteurs du Midi de 1907. Dans une France qui comptait encore 2 millions de paysans, leur objectif était de défendre les petits exploitants agricoles face aux gros propriétaires terriens partisans d'une agriculture productiviste et de concentration des exploitations, orientations alors mises en avant dans le cadre de la création de la Politique Agricole Commune.

L'évolution du Modef[modifier | modifier le code]

Dans les années 1970-80, le MODEF parvient à concurrencer la FNSEA aux élections professionnelles dans nombre de départements (sud ouest, centre ou sud est de la France notamment). La disparition de centaines de milliers de petites exploitations à partir des années 1980 entraine un recul électoral du Modef dans les collèges des chefs d'exploitation, voire à sa marginalisation dans les départements de grande culture du nord de la France. Il subsiste enraciné dans les départements de petite céréaliculture, d'élevage, de viticulture ou de culture de fruits et légumes, ainsi que dans les DOM TOM (Martinique, Guadeloupe) . Lors des élections des chambres d'agriculture en 2007 le MODEF a recueilli 2,6 % des suffrages.

Sa position syndicale[modifier | modifier le code]

Rejetant la logique entrepreneuriale de la récente loi d'orientation agricole, le Modef dénonce les responsables des difficultés de l’agriculture : les géants mondialisés de l’agroalimentaire et de la grande distribution qui saignent les producteurs, exploitent leurs salariés et bernent les consommateurs. Revendiquant un prix minimum garanti pour toutes les productions, il veut remettre les aides à leur place: le soutien aux petits et moyens agriculteurs, à la qualité des productions, la compensation des handicaps naturels et la rémunération du rôle de l’agriculture dans l’aménagement du territoire et l'environnement.

Fondant désormais son action sur "une agriculture rémunératrice, citoyenne et durable", le Modef milite contre la mise en concurrence des paysans du monde entier portée par la mondialisation libérale, contre les délocalisations de productions et le dumping social, contre l'accélération de la concentration et l'agro-industrialisation, pour la défense des outils coopératifs, pour la souveraineté et la sécurité alimentaire. Face aux dérégulations, il met au centre de son action la nécessité d'une intervention publique sur les marchés agricoles et alimentaires, notamment par un encadrement des importations et des pratiques spéculatives de la grande distribution et des chaînes de restauration, qui écrasent le revenu paysan et les consommateurs et remettent en cause la qualité et l'indépendance alimentaire. Agissant pour la coopération entre nations, le Modef intervient pour la sortie de l'agriculture de l'Organisation mondiale du commerce et son transfert à la FAO. Il demande le maintien et la réorientation de la Politique agricole commune vers ces objectifs, avec une priorité à la préférence communautaire et à la clause de sauvegarde, ainsi qu'à des calendriers d'importation négociés.

Le Modef agit pour une réelle démocratie participative en agriculture, que ce soit dans les chambres d'agriculture, mais aussi dans l'ensemble des organismes agricoles. Il demande l'abrogation du décret fixant à 15 % des suffrages aux élections consulaires le seuil de représentativité des organisations syndicales agricoles, ainsi que l'association de toutes les organisations sans exclusive aux décisions des CDOA et des SAFER.

Le Modef veut reconquérir un espace syndical aux côtés des victimes de la spéculation sur les marchés agricoles, en appelant notamment à l'action unie des paysans et de leurs organisations, qu'il s'agisse de la Confédération paysanne, créée dans les années 1980, avec qui il partage le refus du libéralisme, La Coordination Rurale milite pour que l’Union Européenne rééquilibre les productions excédentaires et déficitaires, dans un souci de sécurité alimentaire, mais qu'il s'agisse aussi du syndicalisme "majoritaire" (FNSEA/JA), pris en contradiction entre ses orientations libérales et les effets dévastateurs de la libéralisation des marchés agricoles sur la paysannerie et les campagnes françaises. Le Modef a ainsi pris une part centrale dans les luttes unitaires qui ont abouti en janvier 2005 à la réintroduction dans la législation française du coefficient multiplicateur, instrument destiné à encadrer les marges abusives des intermédiaires de la distribution. Ayant rejoint Via Campesina en 2001, le Modef participe aux initiatives altermondialistes. Le congrès national de Fournols, les 5 et 6 avril 2006, a confirmé ces orientations, pour un syndicalisme combatif et rassembleur au service des paysans, porteur de valeurs progressistes.

Le mouvement est présidé par Jean Mouzat, éleveur en Corrèze.

Liens[modifier | modifier le code]