Monte Verde

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Monte Verde
Localisation
Pays Drapeau du Chili Chili
Coordonnées 41° 30′ 17″ sud, 73° 12′ 16″ ouest

Géolocalisation sur la carte : Chili

(Voir situation sur carte : Chili)
Monte Verde
Monte Verde

Monte Verde est un site archéologique situé au Chili. Découvert en 1976, Monte Verde est un des rares sites pré-Clovis en Amérique qui sont presque universellement reconnus par la communauté archéologique. Datant d'il y a au moins 15 000 ans, vraisemblablement 18 000 ans, il précède ainsi le site Clovis, longtemps tenu comme première preuve du peuplement humain des Amériques, de plusieurs millénaires. Il a été ajouté en 2004 à la liste indicative du Chili pour une éventuelle inscription au Patrimoine mondial de l'Humanité de l'UNESCO[1].

Historique[modifier | modifier le code]

Ce site d’habitation très ancien est situé près d’un petit ruisseau dans le sud du Chili à une cinquantaine de kilomètres de la côte du Pacifique. Ce site se trouve à proximité de l'actuelle ville chilienne Puerto Montt.

Les premières fouilles, conduites par Tom Dillehay, de l’université du Kentucky, chercheur principal sur le site, montrent l'existence d'humains ayant vécu là pendant une longue période. Des datations par le radiocarbone 14 indiquent que ces humains ont occupé ce site (Monte Verde II) entre 12 500 ans et 15 000 ans - ce qui précède de deux ou trois mille ans les sites Clovis situés dans le centre des États-Unis. Plus précis, l'UNESCO retenait en 2004 une ancienneté remontant à 14 800 ans [2], et un article de Science de 2015 indiquait 14 500 ans [3]. Par ailleurs, des recherches récentes menées de nouveau par T. Dillehay, et publiées en 2015, font état d'outils, de résidus de plantes et d'os brûlés remontant jusqu'à 18 500 ans, reculant à nouveau l'antériorité du site par rapport au site Clovis d'encore quelques millénaires [3],[4].

Après que ses premiers habitants ont déserté Monte Verde, le site a été recouvert dans une tourbière saturée d’eau, ce qui a permis une excellente conservation des matières organiques. Le professeur Tom Dillehay y a découvert les fondations de plusieurs abris (12 structures bien préservées), qui étaient constitués d’une ossature de poteaux recouverte de peaux d’animaux ainsi que des piles de bois de construction. Certains des poteaux qui ont été retrouvés portaient encore des fragments des peaux d’animaux originelles.

  • Les restes d’une quarantaine d'espèces de plantes trouvés sur le site montrent, entre autres, des graines comestibles, des baies, des tiges, des champignons et même des pommes de terre. Certaines de ces plantes, ainsi que des pierres utilisées, avaient été transportées de la côte de l’océan Pacifique jusqu'au site [4], suggérant, selon T. Dillehay & al., un circuit d'échange d'une part, et une forte mobilité des populations - vivant alors dans un climat froid, comparable à l'Arctique pour les Nunavuts, d'autre part [4]. On a également trouvé des restes de plantes non comestibles, qui étaient possiblement utilisées à des fins médicinales.
  • Des os d'animaux ont été bien préservés. La plupart sont des restes de mastodontes (un cousin de l’éléphant actuel), mais également de camélidés. Un des os avait toujours un morceau de viande attaché.
  • Des outils de pierre tels que des bifaces et des choppers ont été découverts, plusieurs d’entre eux en forme de feuille de saule. Une grande variété d'objets façonnés en bois ont été trouvés comprenant bâtons, des lances, et un mortier. Des objets en pierre ont été également récupérés, comprenant des pierres sphériques avec une cannelure encerclant la pierre afin qu’elle soit projetée au moyen d’une fronde, des pointes de lances (comme celles d’El Jobo trouvées à Taima-Taima au Venezuela près d’un os de mastodonte). Fut également mis au jour du quartz et même du bitume (un goudron adhésif).
  • La meilleure preuve de la présence humaine sur place demeure cependant la découverte d’une empreinte de pied humain conservée dans l’argile près d’un foyer. Cette empreinte est probablement celle d'un enfant. (Cela rappelle celles qui avaient été trouvées près du volcan Cerro Toluquilla (Puebla au Mexique) et datée de 40 000 ans).

Monte Verde I, un site encore plus ancien ?[modifier | modifier le code]

À partir de 1997, d’autres fouilles effectuées sur le site de Monte Verde I, près du site initial, par Tom Dillehay, ont permis de mettre au jour d’autres outils de pierres, artefacts et bois brûlés. Les analyses au radiocarbone 14 donnent des dates se situant dans la fourchette de 33 000 ans à 35 000 ans. Pour Mario Pino, géologue à l'université australe du Chili, qui participa aux recherches, il n’y a aucun doute sur les dernières datations effectuées. Néanmoins, ces preuves sont considérées par T. Dillehay comme trop maigres et discontinues pour avancer quoi que ce soit [5].

D’autres fouilles seront nécessaires pour confirmer ces dates qui recoupent déjà celles du squelette de Luzia au Brésil et des sites de Pedra Furada au Brésil, de Cerro Toluquilla et de Hueyatlaco situés au Mexique, de Topper aux États-Unis et de la Caverne de Pendejo aux États-Unis.

Annexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Descriptif de la demande sur le site de l'UNESCO.
  2. Présentation (en anglais) synthétique du site de Monte Verde sur le site de l'UNESCO.
  3. a et b Ann Gibbons, "Humans may have reached Chile by 18,500 years ago", Science, 20 November 2015: Vol. 350 no. 6263 p. 898; DOI: 10.1126/science.350.6263.898
  4. a b et c Tom Dillehay et al., New Archaeological Evidence for an Early Human Presence at Monte Verde, Chile, PLOS ONE, 18 novembre 2015.
  5. "MV-I dated ~33,000 BP and initially defined by scattered occurrences of three clay-lined, possible culturally-produced burned areas and twenty-six stones, at least six of which suggest modification by humans. This prior archaeological evidence from MV-I was too meager and too laterally discontinuous to falsify or verify its archaeological validity", in Tom Dillehay et al., New Archaeological Evidence for an Early Human Presence at Monte Verde, Chile, PLOS ONE, 18 novembre 2015.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Dillehay, Tom. 1989 Monte Verde: a Late Pleistocene Settlement in Chile. Smithsonian Institution Press, Washington.
  • Dillehay, Tom. 1996 Monte Verde ; Vol 2 : The Archaeological Context and Interpretation. Smithsonian Institution Press, Washington.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]