Monastère de Labrang

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Aperçu d'une partie du monastère de Labrang dans la ville de Xiahe
Aperçu général du monastère de Labrang et de la ville de Xiahe
Circumambulation autour d'un chörten du monastère de Labrang

Le monastère de Labrang ou Labrang Tashi Khyil (tibétain : བླ་བྲང་བཀྲ་ཤིས་འཁྱིལ་ ; Wylie : bla-brang bkra-shis-'khyil ; chinois : 拉卜楞寺 ; pinyin : lābǔlèng sì) est l'un des six grands monastères de l'école Gelugpa du bouddhisme tibétain, dont le dalaï-lama et le panchen-lama sont les autorités spirituelles. Il est situé dans la ville de Xiahe dans la préfecture autonome tibétaine de Gannan de la province chinoise du Gansu, qui appartenait à l'ancienne province tibétaine traditionnelle de l'Amdo. Xiahe est situé à près de quatre heures de la ville de Lanzhou, la capitale du Gansu. Le monastère de Labrang est celui qui accueille le plus grand nombre de moines en dehors de la région autonome du Tibet

Historique[modifier | modifier le code]

Le monastère a été fondé en 1709 par le premier Jamyang Zhaypa (1648-1722), Ngawang Tsondru.

Il y eut autrefois (en 1957) jusqu'à 4 000 moines dans les résidences de Labrang. Les trois-quarts des moines étaient tibétains. Les autres étaient surtout des Mongols de Mongolie, de Mongolie-Intérieure, du Kokonor, des Mongours d'Amdo septentrional, des Yugurs jaunes (yu-gur) du Gansu, des Mongols kalmyks du Xinjiang et des Chinois han.

Labrang a eu sous sa dépendance jusqu'à 138 monastères. Les autorités monastiques possédaient un immense domaine nomadique et agricole qui s'étendait sur une bonne partie du Gansu oriental et s'avançait dans le Sichuan septentrional et le Qinghai oriental[1].

À partir de 1958, le monastère a été fermé pendant douze ans par le gouvernement chinois. Il a été rouvert en 1970 pour le tourisme puis comme monastère fonctionnel par le 10e panchen lama en 1980.

Il abrite actuellement près 500 moines[2]. Bien qu'il ne soit plus que l'ombre de ce qu'il était aux plans politique et économique, le monastère exerce encore une influence importante dans l'Amdo[3].

Quelques semaines après les troubles au Tibet en 2008, la police fit une descente au monastère de Labrang, saisit des photos du dalaï-lama, des téléphones portables utilisés pour photographier la manifestation et arrêta 200 moines, trois moines étaient encore en prison en décembre 2008 dont l'un aurait envoyé une vidéo aux États-Unis. A Xiahe, ville à majorité tibétaine du Gansu, des manifestants de mars 2008, ont été jugés début décembre 2008[4]. Selon le photographe Gilles Sabarié, les autorités chinoises ont renforcé les dispositifs d'éducation politique et des séances de rééducation conduisent les moines du monastère de Labrang à lire une forme d'éducation patriotique ou réforme de la pensée[5],[6].

Plusieurs Tibétains se sont immolés par le feu dans le secteur de Labrang[7].

Description[modifier | modifier le code]

Jeune moine tibétain et moulin à prières

La ville de Xiahe compte des Tibétains (environ 70 % de la population), des Chinois hui (20 %) et des Chinois han (10 %). La région est surtout rurale et pastorale (élevage du yack et d'autres animaux).

Le complexe du monastère domine le village situé plus au nord. Les murs blanchis à la chaux et les toits dorés représentent des caractéristiques architecturales de style tibétain.

Le monastère contient 18 salles d'assemblée, six instituts d'études, un stupa doré, un sutra de débat, et près de 60 000 sutras.

Les enseignements des six collèges sont différents, certains se concentrant sur les sciences naturelles et d'autres sur la philosophie bouddhiste. Mais les différentes matières sont interdépendantes et s'expliquent mutuellement[8].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Abstract of Paul K. Nietupski†, Labrang Monastery: Tibetan Buddhism on the Sino-Tibetan Frontier, Religion Compass, Volume 2, Issue 4, July 2008, pages 513–535 : « The monastic authorities owned an enormous nomadic and agricultural estate that extended over much of southern Gansu Province and into northern Sichuan and eastern Qinghai. Though politically and economically much reduced, Labrang Monastery's influence is still important in present-day Amdo. »
  2. (en) A History of Labrang Monastery.
  3. Abstract of Paul K. Nietupski †, Labrang Monastery: Tibetan Buddhism on the Sino-Tibetan Frontier, op. cit.
  4. Bruno Philip, « Échos du Tibet », Le Monde, 12 décembre 2008.
  5. « Éducation, rééducation (1) », Un œil sur la Chine, 16 décembre 2008.
  6. Gilles Sabarié, « Un œil sur la Chine. Voyage dans “le Tibet aux frontières du Tibet” », Rue 89, 17 décembre 2008.
  7. Tibet : les immolations par le feu touchent le grand monastère de Labrang, Le Monde, 25 octobre 2012.
  8. Jean Dif, Le monastère de Labrang.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Thubron, Colin (2007) Shadow of the Silk Road 58-67 (New York: HarperCollins).
  • (en) Makley, Charlene E. (1999). "Gendered Practices and the Inner Sanctum: The Reconstruction of Tibetan Sacred Space in "China's Tibet"." In: Sacred Spaces and Powerful Places in Tibetan Culture: A Collection of Essays, pp. 343-366. Edited by Toni Huber. Library of Tibetan Works and Archives, Dharamsala, H.P., India. (ISBN 81-86470-22-0).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]