Miargyrite

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Miargyrite[1]
Catégorie II : sulfures et sulfosels[2]
Image illustrative de l'article Miargyrite
Miargyrite - Mine San Genaro, Pérou
6,1×4,2×2,7 cm
Général
Classe de Strunz 2.HA.10
Classe de Dana 3.07.03
Formule chimique AgS2Sb AgSbS2
Identification
Masse formulaire[3] 293,758 ± 0,011 uma
Ag 36,72 %, S 21,83 %, Sb 41,45 %,
Couleur gris acier ; noir de fer
Classe cristalline et groupe d'espace prismatique, C2/c
Système cristallin monoclinique
Clivage imparfait sur {010}
Cassure subconchoïdale ; irrégulière
Habitus massif ; tabulaire ; isométrique ; agrégat ; grenu ; cunéiforme
Échelle de Mohs 2,50
Trait rouge ; rouge cerise
Éclat métallique ; adamantin
Propriétés optiques
Indice de réfraction a=2,72, g=2,78
Biréfringence biaxial (+) ; 0,0600
Fluorescence ultraviolet aucune
Transparence translucide à subopaque
Propriétés chimiques
Densité 5,25
Propriétés physiques
Radioactivité aucune

Unités du SI & CNTP, sauf indication contraire.

La miargyrite est une espèce minérale composée de sulfosel d'argent et antimoine, de formule brute AgSbS2, avec des traces d'arsenic et de fer.

Historique de la description et appellations[modifier | modifier le code]

Inventeur et étymologie[modifier | modifier le code]

Bien que ce minéral ait été isolé dès 1824 par Friedrich Mohs, c'est la description faite en 1829 par le minéralogiste et chimiste allemand Heinrich Rose dans les Annalen der Physik volume 15, éditées cette année-là, qui fait référence. Le mot miargyrite vient du grec μειων (meion), « plus petit » ou « moindre », et ἃργυρος (arguros), « argent », ce qui est une allusion à sa plus faible teneur en argent que la pyrargyrite Ag3SbS3[4].

Topotype[modifier | modifier le code]

Le topotype se trouve dans la mine Neue Hoffnung Gottes, à Bräunsdorf, Freiberg, Saxe, en Allemagne.

Synonymie[modifier | modifier le code]

  • argent antimonié sulfuré noir[5]
  • hemiprismatische Rubinblende (Mohs, 1824)[6]
  • hypargyrite (Breithaupt, 1832)[7]
  • hypargyron-Blende (Breithaupt, 1832)
  • kenngottite (Haidinger, 1856)[8] : dédiée initialement à son confrère Kenngott par Haidinger

Caractéristiques physico-chimiques[modifier | modifier le code]

Critères de détermination[modifier | modifier le code]

D'éclat métallique à adamantin, la miargyrite est de couleur gris acier à noir de fer, avec une transparence translucide à subopaque. Son habitus est communément en cristaux en forme de baguette pouvant atteindre 1 cm, ou tabulaires développés sur {001}, {100} ou {101}. Les faces des cristaux sont striées parallèlement à [010] et [011][9]. Sa fracture est subconchoïdale et irrégulière, son trait rouge à rouge cerise.

Cristallochimie[modifier | modifier le code]

La miargyrite présente un trimorphisme avec la cuboargyrite et la baumstarkite.

Selon la classification de Strunz, elle est le seul membre du groupe 02.HA.10, faisant partie des sulfures et sulfosels (II) de structure similaire à celle de SnS (2.H) contenant du cuivre, de l'argent ou du fer (2.HA). Selon la classification de Dana, la miargyrite appartient au groupe 3.07.03 des sulfosels (3) de formule chimique générale A+iA2+jByCz où A est un métal, B est un métalloïde et C est un non-métal, avec le rapport z/y = 2 (groupe 3.07).

Membres du groupe 3.07.03 (classification de Dana)
Minéral Formule Groupe ponctuel Groupe d'espace
Miargyrite AgSbS2 2/m C2/c
Smithite AgAsS2 2/m A2/a

Cristallographie[modifier | modifier le code]

Structure de la miargyrite AgSbS2, projetée sur le plan (a, c). Violet : Sb, gris : Ag, jaune : soufre.

La miargyrite cristallise dans le système cristallin monoclinique, de groupe d'espace C2/c (Z = 8 unités formulaires par maille conventionnelle). Ses paramètres de maille sont = 12,862 Å, = 4,409 Å, = 13,218 Å et β = 98,48° (volume de la maille V = 741,38 Å3)[10] ; sa masse volumique calculée vaut 5,26 g/cm3.

Les atomes d'antimoine ont une coordination (3) d'atomes de soufre, avec une distance de liaison Sb-S moyenne de 2,49 Å.

Les atomes d'argent sont distribués sur deux sites différents, Ag1 et Ag2. Ag1 a une coordination (4) de soufre. Les longueurs de liaison Ag1-S varient peu autour de 2,60 Å, alors que les angles de liaison varient entre 93,4° et 149,8°. Ag2 est en coordination linéaire entre deux atomes de soufre, avec une longueur de liaison Ag2-S de 2,39 Å.

Il existe également deux sites différents pour les atomes de soufre, S1 et S2. S1 est entouré par un atome d'argent et deux atomes d'antimoine, alors que S2 est entouré par deux atomes d'argent et un atome d'antimoine.

Gîtes et gisements[modifier | modifier le code]

Gîtologie et minéraux associés[modifier | modifier le code]

La miargyrite est trouvée dans les filons des minerais sulfurés argentifères hydrothermaux formés à basse température, associée aux minéraux argent natif, barytine, baumstarkite, galène, polybasite, proustite, pyrargyrite, pyrite, quartz et sphalérite.

Gisements producteurs de spécimens remarquables[modifier | modifier le code]

  • Allemagne
Mine Neue Hoffnung Gottes, Bräunsdorf, Freiberg, Saxe (gisement topotype)
  • Canada
Silver tunnel, Van Silver Property, Brandywine Creek, Vancouver Mining Division, Colombie-Britannique
Montauban-les-mines, Mékinac RCM, Mauricie, Québec[11]
  • France
Le Grand Filon (veine Le Chevalet), Aurouze, Mazerat-Aurouze, Paulhaguet, Haute-Loire, Auvergne[12]
Mine Lina, Alzen, Foix, Ariège, Midi-Pyrénées[13]
  • Pérou
Mine de San Genaro, district de Castrovirreyna, province de Castrovirreyna, département d'Huancavelica[14],[15]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) C.R. Knowles, « A redetermination of the structure of miargyrite, AgSbS2 », Acta Crystallographica, vol. 17, no 7,‎ , p. 847 (DOI 10.1107/S0365110X64002274).
  2. La classification des minéraux choisie est celle de Strunz, à l'exception des polymorphes de la silice, qui sont classés parmi les silicates.
  3. Masse molaire calculée d’après « Atomic weights of the elements 2007 », sur www.chem.qmul.ac.uk.
  4. (de) Collectif ; paragraphe VIII par Heinrich Rose, Annalen der Physik und Chemie : VIII Ueber die in der Natur vorkommenden nicht oxydirten Verbindungen des Antimons und des Arseniks, vol. 15, Leipzig, Johann Ambrosius Barth, , 634 p. (lire en ligne), p. 469-470.
  5. Armand Dufrénoy, Traité de minéralogie, vol. 3, , p. 449.
  6. (de) Friedrich Mohs, « Hemiprismatische Rubinblende », Grundriss der Mineralogie, vol. II,‎ , p. 606-607 (lire en ligne).
  7. Armand Dufrénoy, Traité de minéralogie, vol. 3, , p. 450.
  8. Wilhelm Karl von Haidinger, Ak. Wien, Ber., vol. 22, 1856, p. 236.
  9. (en) John W. Anthony, Richard A. Bideaux, Kenneth W. Bladh et Monte C. Nichols, The Handbook of Mineralogy : Elements, Sulfides, Sulfosalts, vol. I, Mineral Data Publishing, .
  10. ICSD No. 94 647 ; (en) Herta Effenberger, Werner Hermann Paar, Dan Topa, Alan J. Criddle et Michel Fleck, « The new mineral baumstarkite and a structural reinvestigation of aramayoite and miargyrite », American Mineralogist, vol. 87, no 5-6,‎ , p. 753-764 (résumé).
  11. (en) Andrew G. Tomkins, « Three mechanisms of ore re-mobilisation during amphibolite facies metamorphism at the Montauban Zn–Pb–Au–Ag deposit », Mineralium Deposita, vol. 42, no 6,‎ , p. 627-637 (DOI 10.1007/s00126-007-0131-9).
  12. P. G. Pélisson, Étude Minéralogique et Métallogénique du District Filonien Polytype de Paulhaguet (Haute-Loire, Massif Central Français) (thèse doctorale), Orléans, France, .
  13. Inventaire minéralogique de l'Ariège (Édition BRGM, 1984).
  14. (en) The Mineralogical Record, vol. 21, 1990, p. 102.
  15. (en) Jaroslav Hyrsl et Zolina Rosales, « Peruvian Minerals: An Update [Peru] », The Mineralogical Record, vol. 34, no 3,‎ , p. 241-254.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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