Martine Storti

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Martine Storti
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Biographie
Naissance
Voir et modifier les données sur Wikidata (71 ans)
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Nationalité
Activité

Biographie[modifier | modifier le code]

Fille cadette d'un ouvrier immigré italien et d'une française d'origine modeste, Martine Storti a été lycéenne à Paris (lycée Honoré de Balzac et classes préparatoires au lycée Fénelon), avant d'être étudiante en philosophie à la Sorbonne. Elle a d'abord milité à l'UNEF (elle a été présidente du groupe philo de la FGEL) et dans les rangs d'un mouvement trotskiste, l'OCI dont elle s'est rapidement éloignée. Par cette expérience, elle s'estime vaccinée de "la ligne juste" et du parti omniscient [2]. Libre de toute appartenance groupusculaire mais acceptant alors volontiers le qualificatif de "gauchiste", elle a été, en mai et juin 68 (période dont elle a fait le récit dans son livre 32 jours de mai), de manière continue membre élu du comité de grève des étudiants de philosophie, et a participé aux nombreuses manifestations et actions de ces deux mois[3].

Elle a été ensuite professeur de philosophie dans un lycée à Denain (Nord), puis journaliste pendant 15 ans, successivement à Libération, F Magazine, Radio Monte Carlo, Les nouvelles. À Libération, elle a, pendant 5 ans, de 1974 1979, particulièrement traité des actions du MLF et des mouvements féministes de l'époque, aussi bien en France que dans différents pays et plus généralement des enjeux de l'émancipation des femmes [4]. Ses articles de cette époque se retrouvent dans son ouvrage paru en 2010, Je suis une femme pourquoi pas vous ?[5]

Militante féministe, elle a cofondé le journal Histoires d'elles et participé à la création de l'association des femmes journalistes (AFJ).

Le 10 mai 1981, elle est présente, en tant que journaliste à Chateau-Chinon pour le second tour de l'élection présidentielle puis dans la voiture qui ramène le nouvel élu, François Mitterrand, à Paris. Cependant la décennie 80 est pour elle, ainsi qu'elle l'écrit dans un Chagrin politique, une décennie de stupéfaction devant la réconciliation de la gauche et même d'une partie des "gauchistes" avec l'argent, le néo-libéralisme, la réussite, les stratégies narcissiques et les dividendes médiatiques.

Le retour sur la scène française du Front national l'amène à accepter de travailler, de 1984 à 1986, pour le Premier ministre Laurent Fabius afin de contrer le discours nationaliste et xénophobe qui prend de plus en plus d'importance tandis que la "gauche au pouvoir " est de plus en plus contestée.

De 1988 à 1991 elle est conseillère technique au cabinet du ministre de la Francophonie, Alain Decaux, elle s'occupe principalement de la politique audiovisuelle extérieure de la France[6]

Nommée inspectrice générale de l'Éducation nationale en 1991, elle s'est particulièrement occupée de l'éducation en situations d'urgence[7], conduisant des projets de reconstruction d'écoles[8] et d'appui pédagogique, notamment au Kosovo, en Afghanistan [9]. Membre du réseau INEE[10] (réseau international de l'éducation en situations d'urgence), elle a contribué à ce qu'il se développe en zone francophone . Elle a réalisé de nombreuses missions dans différents pays, notamment au Yémen, en Syrie, en Arabie saoudite, en Israël, au Liban, au Pakistan, dans divers pays d'Europe centrale et orientale...

À la retraite depuis août 2011, elle est présidente des associations 40 ans de MLF[11] et Féminisme et géopolitique dont elle est la fondatrice. Elle anime un blog et un site personnel, tient un blog [12]sur le site Mediapart et publie des chroniques sur Huffington Post.

Dans son dernier ouvrage paru en mars 2016, Sortir du manichéisme, des roses et du chocolat, Martine Storti décrypte la montée des positionnements, des concurrences et des affrontements identitaires [13], les confusions délibérément entretenues qui transforment tout défenseur du libéralisme culturel en acteur de la financiarisation du monde, ou qui font du féminisme tantôt l'autre nom du néocolonialisme, tantôt l'une des composantes d'une prétendue horreur sociétale, responsable de l'abandon du peuple et de la montée du Front national. Elle oppose et propose de réhabiliter l'émancipation, de restaurer le collectif, de retrouver l'universel[14].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Un chagrin politique : de mai 68 aux années 80, L'Harmattan,
  • Cahiers du Kosovo : l'urgence de l'école, Textuel, (traduit en albanais et publié sous le titre Ditar nga Kosova, Pristina, Libri Shkollor, )
  • 32 jours de mai, Le Bord de l'eau, Latresne, 2006
  • L'arrivée de mon père en France, Michel de Maule, 2008 (publié en Italie en 2009 par les Edizioni Giacché sous le titre Quando mio padre emigro in Francia)
  • Je suis une femme, pourquoi pas vous ? 1974-1979 : quand je racontais le mouvement des femmes dans Libération, Michel de Maule. Mars 2010
  • Le féminisme à l'épreuve des mutations géopolitiques en codirection avec Françoise Picq. iXe éditions. 2012
  • Sortir du manichéisme, des roses et du chocolat, Michel de Maule, 2016

Ouvrages collectifs[modifier | modifier le code]

  • L'identité française, Ed Tierce. 1985
  • Le féminisme et ses enjeux, edilig, 1988
  • Enfants d'Italiens, quelles(e) langues(s) parlez-vous ? Géhess Editions, 2009
  • 150 d'immigration italienne, en France ou ailleurs, Editalie, 2011[15]
  • Archives familiales : modes d'emploi, Récits de genèse, academia L'Harmattan, 2013
  • Le français en chantant, Les Lyriades, 2015

Articles récents

Huffington post : 5 Octobre 2017 "Des années 70 à aujourd'hui, le difficile combat contre le viol"

Libération 2 octobre 2017 "Harcèlement de rue, le féminisme devient-il secondaire?"[16]

Libération 1 juin 2017 "De souche/ pas de souche, Bancs/non-Blancs, stop"[17]

Libération 20 mai 2017 : Une parité à bout de souffle? [18]

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Biographie », sur www.martine-storti.fr (consulté le 25 décembre 2009)
  2. Martine Storti, Un chagrin politique, Paris, L'Harmattan,
  3. Kristin Ross, « Mai 68 et ses vies ultérieures », Le Monde diplomatique,‎
  4. Michelle Zancarini-Fournel, « Genre et politique », Vingtième siècle,‎ 2002/3 (no 75), p. 133-143 (lire en ligne)
  5. « Une coupe vivante dans l'histoire du MLF », sur nonfiction.fr, (consulté le 1er février 2017)
  6. Alain Decaux, La tapis rouge, Perrin,
  7. « Rencontre avec Martine Storti », sur Le web pédagogique, (consulté le 4 février 2016)
  8. « Il y a urgence à rouvrir les écoles », sur Café pédagogique, (consulté le 4 février 2016)
  9. « Rapports », sur Ministère éducation nationale,
  10. « INEE », sur INEE
  11. « AG de l'association 40 ans de mouvement », sur Re-belles,
  12. « Blog Mediapart », sur Mediapart
  13. Béligh Nabli, « Blog Egalités », Libération,‎ (lire en ligne)
  14. « Luniversel est subversif », Clara magazine,‎ janvier/février 2017
  15. Martine Storti, « http://www.liberation.fr/debats/2017/10/02/harcelement-de-rue-le-feminisme-devient-il-secondaire_1600410 », Libération,‎
  16. Martine Storti, « Harcèlement de rue », Libération,‎ (lire en ligne)
  17. Martine Storti, « De-souche/pas-de-souche, Blancs-non-Blancs stop! », Libération,‎ (lire en ligne)
  18. Martine Storti, « Une parité à bout de souffle », Libération,‎ (lire en ligne)

Liens externes[modifier | modifier le code]