Marguerite Hessein de La Sablière

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Marguerite de la Sablière
par Pierre Mignard

Marguerite Hessein, dame de la Sablière, née en 1636 et morte le 8 janvier 1693, est une salonnière française.

Dame distinguée par son esprit et sa bienfaisance, Marguerite Hessein, dame de la Sablière fut un des ornements du XVIIe siècle. Elle savait la physique, l’astronomie, les mathématiques, la musique et possédait plusieurs langues dont le grec ancien.

Son salon de la Folie-Rambouillet rassemblait la meilleure société : on y rencontrait Benserade, Brancas, Chapelle, Chaulieu, Conrart, Boileau, le marquis de La Fare, Marie-Madeleine de La Fayette, Fontenelle, Gassendi, Huet, le duc de Lauzun, Ninon de Lenclos, Molière, le duc de Nemours, Pellisson, Perrault, Racine, Tallemant des Réaux, Roberval, Rohault, Sauveur ou Marie de Sévigné.

Elle s’est immortalisée par la protection qu’elle accorda au voyageur Bernier qui fit pour elle son Abrégé de Gassendi et par l’hospitalité qu’elle donna en 1672, à la mort de la duchesse d'Orléans et jusqu'à sa propre mort, à La Fontaine. Celui-ci lui voue une véritable adoration, et lui écrira une fable, le discours à Madame de La Sablière. Elle inspira à La Fare une vive passion, qui fut partagée et que le poète a chantée dans ses vers. Ils rompirent en 1679. Convertie au catholicisme elle se retira alors pour s'occuper des malades à l'hôpital des Incurables puis rue Neuve-Saint-Honoré au-dessus du couvent des Feuillants où elle vécut jusqu'à sa mort. Elle avait épousé, en 1654, Antoine de Rambouillet de La Sablière, fils d’un riche financier, financier lui-même et régisseur des domaines du roi, homme d’esprit et ami du plaisir qui composa de jolis madrigaux, publiés en 1680 par son fils et réimprimés en 1825 dans les Petits classiques français de Charles Nodier. Il la trompa et se ruina. Séparée de ses enfants et privée de ses biens, elle fut même un temps enfermée dans un couvent. En 1677, un accord intervint entre les époux, et Mme de la Sablière rentra en possession de sa dot. Ceci lui permit de vivre librement rue Neuve-des-Petits-Champs.

Comme elle avait abjuré la religion protestante quelques mois avant la révocation de l’Édit de Nantes, le roi lui accorda une pension de 2 000 livres. Elle meurt le 6 février 1693 d'un cancer du sein.

Anecdote[modifier | modifier le code]

Dans une de ses lettres[1], Madame de Sévigné mentionne que Madame de la Sablière est la première à mettre du thé dans son lait. Cette pratique est due au fait que Madame de la Sablière, prenant grand soin de ses tasses en porcelaine, y versait à l'intérieur un peu de lait avant d'y mettre le thé de façon à refroidir la tasse pour ne pas qu'elle se fissure.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Extrait de la lettre sur books.google.fr, “Il est vrai que Mme de la Sablière prenait du thé avec son lait” - Lettres de Madame de Sévigné - Tome IV - Lettre 711.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Marie-Jeanne Jouvin, "Le salon de Madame de la Sablière et son influence littéraire", Doctorat d'Université, Faculté des lettres de Paris, 1968/1969.
  • Jean de la Fontaine, Discours à Madame de La Sablière, Fables, livre IX, fable 20.
  • (en) John J Conley, « Madame de la Sablière: the ethics of the desert », The Suspicion of virtue : women philosophers in neoclassical France, Ithaca, Cornell University Press, 2002 ISBN 978-0-8014-4020-5
  • E. Haag, La France protestante, t. IV, Paris, Librairie Sandoz et Fischbacher, 1854, p. 370-1