Marcel Cohen (écrivain)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Marcel Cohen
une illustration sous licence libre serait bienvenue
Biographie
Naissance
Nationalité
Formation
Activité
Autres informations
Distinctions
Œuvres principales
  • Galpa (1969)
  • Malestroit: Chroniques du silence (1973)
  • Voyage à Waïtzata (1976)
  • Faits III (2010)
  • Sur la scène intérieure. Faits (2013)

Marcel Cohen, né le à Asnières-sur-Seine, est un écrivain français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Marcel Cohen est issu d’une famille juive. Il naît de l’union de Mariah Cohen née à Istanbul le 9 octobre 1915 et de Jacques Cohen né le 20 février 1902 à Istanbul. Il a une petite sœur, Monique Cohen née le 14 mai 1943 à Asnières-Sur-Seine. Enfin, il a une grand-mère Sultana et trois oncles dont Joseph. Il vit son enfance durant la Seconde Guerre mondiale. C’est lors d’un repas de famille, alors qu’il est parti en promenade avec sa nourrice, que sa famille se fait arrêter. Il n’a que six ans. La mère de famille est alors enfermée avec son bébé, âgé de trois mois, dans l’hôpital Rothschild à Paris. Quant à son père, il est arrêté et disparaît complètement. Marcel Cohen est confié à sa grand-mère, Sultana, qui avec l’aide de son fils, Joseph, l’élèvera. Quand la guerre se termine il n’a alors que 8 ans, mais il ne reverra aucun des membres de sa famille qui ont été arrêtés. Par la suite il suit des études d’art et de journalisme à l’École supérieur de journalisme de Paris et à l’École du Louvre qui vont le pousser à voyager dans le monde entier. Il écrit de nombreux écrits sur l’art, les galeries d’art et les musées pour des revues. C’est qu’en 1969 qu’il publie son premier livre intitulé Galpa. Il écrit de nombreuses autres oeuvres dont la trilogie des Faits publiée en 2002, 2007 et 2010. Il devient un écrivain reconnu avec des œuvres traduites en plusieurs langues (anglais, grec, norvégien, danois, hébreu, espagnol) et récompensé avec l’obtention du prix Jean-Arp de littérature francophone pour l'ensemble de son œuvre et du prix Wepler pour Sur la scène intérieure. Faits. en 2013.

L'écrivain[modifier | modifier le code]

À travers ses livres il affirme sa position d’écrivain, une position différente des autres écrivains. Marcel Cohen privilégie une écriture de la réalité, rompant ainsi avec le traditionnel roman fictionnel. Cette écriture de la réalité serait un facteur de gêne chez le lecteur qui serait déstabilisé par une réalité mise a nu et qui, habituellement, est dissimulée sous la fiction. De surcroît, la littérature est un lieu, d’après lui, d’aventure pour l’écrivain. Il dresse un portrait d’écrivain au service du lecteur, qui livre un opus sans prendre part, sans donner de chemin aux lecteurs. Il considère le lecteur actif. Pour lui, le propre de la littérature se situe particulièrement dans la manière active, de lire, qu’aura le lecteur. Ainsi, il ira jusqu’à dire « c’est le lecteur en quelque sorte qui écrit le livre ». Le lecteur se doit de trouver et de comprendre le sens qu’il pourra et saura retirer de ses œuvres. D’ailleurs, il s’agit pour Marcel Cohen d’œuvres qui livrent une pluralité de sens, variant de lecteurs en lecteurs et même de lectures en lectures. Enfin, s’il est un écrivain en marge de la littérature classique c’est parce qu’il rompt avec l’esthétique traditionnelle du roman et propose, dans ses œuvres, une esthétique nouvelle, une esthétique du désordre. Cette esthétique du désordre naît de la volonté de ne pas embarrasser le lecteur dans une organisation et de le laisser libre parcourant l’œuvre sans contrainte. Il dira penser comme Henri Michaux « je revendique, dans les livres, une liberté de circulation ». Marcel Cohen est un auteur qui revendiquera une liberté, qu’elle soit de circulation ou de compréhension, dans des textes qui ne suivent pas la forme canonique du roman traditionnel.

Sur la Scène Intérieure, Faits, 2013[modifier | modifier le code]

C’est sur ce modèle qu’il écrira Sur la scène intérieure, sous-titré Faits, publié en 2013. Ce roman se présente comme une conservation de la mémoire et une lutte contre la volonté nazie, autrement dit la disparition complète des Juifs. Dans cette œuvre Marcel Cohen livre, dans une écriture du détour, par les objets, ses souvenirs d’enfant durant la Seconde Guerre mondiale. Il utilise des objets ayant appartenu à sa famille pour parler de sa famille. C’est un récit qui est fragmentaire et que l’auteur a la volonté de conserver comme tel. Cette volonté de ne pas combler le vide présent dans cette œuvre vient de la place que prend le livre, il se place comme témoin de cette époque. De fait, pour lui, il aurait été contre sa vision d’écriture de la réalité que de combler ses trous, qui font eux-mêmes partis de la réalité, ils représentent sa mémoire aussi fragmentaire soit-elle. Enfin, il permet par ces silences, comme ils les nomment, une interprétation personnelle du lecteur et une liberté d’en comprendre ce qui pourra et voudra. S’il hésitera à publier ce livre, puisqu’il, je cite : « n’apportait rien », il finira par le faire pensant qu’il s’agit non pas seulement de sa famille mais d’une volonté de conserver le passé, de se souvenir d’une époque qui ne doit pas être oubliée.

Œuvre[modifier | modifier le code]

  • Galpa, éditions du Seuil, 1969 (réédition Éditions Chandeigne, 1993)
  • Malestroit, Chroniques du silence, Éditeurs français réunis, 1973
  • Voyage à Waïzata, Éditeurs français réunis, 1976
  • Murs, Éditeurs français réunis, 1979
  • Miroirs, éditions Gallimard, coll. « Le Chemin », 1980
  • Du désert au livre, Entretiens avec Edmond Jabès, éditions Pierre Belfond, 1981 et 1991, rééd. Opales, 2001
  • Je ne sais pas le nom, Gallimard, 1986
  • Le Grand Paon-de-nuit, Gallimard, Le Chemin, 1990
    • repris dans Le Grand Paon-de-nuit, suivi de Murs et Métro, 2014, Gallimard 238 pages (ISBN 978-2-07-014433-4)
  • Lettre à Antonio Saura, écrit en judéo-espagnol et publié en édition bilingue illustrée, L’échoppe, 1997
  • Assassinat d'un garde, Gallimard, 1998
  • Trois crispations avec Éva Wellesz, éd. Neo Paris (tirage à 40 exemplaires), 1999
  • Quelques faces visibles du silence : Antonio Saura, L’échoppe, 2000
  • Faits. Lecture courante à l'usage des grands débutants, Gallimard, 2002
Prix Roland de Jouvenel de l’Académie française
  • Tombeau de l'éléphant d'Asie, Chandeigne, 2002
  • Deux textes sans titre et huit photos (en collaboration avec Jacques Le Scanff), Le préau des collines, 2003
  • Métro, Éditions Chandeigne, 2004
  • Faits, II, Gallimard, 2007
  • Trente-cinq nouvelles, Chandeigne 2008
  • L'Ombre nue (avec des photos d'Aurore de Sousa), Créaphis, 2008
  • Tauromachie (avec des photos de Jean Bescos et des superpositions d'Antonio Saura), Archives Antonio Saura Genève, 5 Continents Milan, 2008
  • Faits, III. Suite et fin, Gallimard, 2010
  • Sur la scène intérieure. Faits, Gallimard, L'un et l'autre, 2013 – Prix Wepler 2013
  • À des années-lumière, Fario, 2013
  • L'Homme qui avait peur des livres, coll. « Les Cahiers d'Arfuyen », éditions Arfuyen, Paris-Orbey, 2014 – Publié à l'occasion de la remise du Prix Jean Arp de littérature francophone.
  • Choses lues, Éditions La Pionnière, 2015
  • Une sculpture et deux monuments invisibles, Éditions La Pionnière, 2015
  • Puisque le ciel est sans échelle, dessins d'Arthur Goldschmidt au camp de Theresienstadt, avec Annette Wieviorka, Georges-Arthur Goldschmidt, Guy Pimienta, Roger-Yves Roche, Roland Baroin, éditions Créaphis, 2015
  • Autoportrait en lecteur, éd. Éric Pesty, 2017
  • Détails. Faits, Gallimard, 2017
  • Une mémoire veuve, Éditions La Pionnière, 2019
  • Villes, Galpa, Malestroit, Waïzata, Gallimard, 2021
  • Détails, II, Suite et fin, Gallimard, 2021
  • Rencontres et partis pris : écrits sur l'art 1976-2020, L’Atelier Contemporain, 2021

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Liens sur Marcel Cohen[modifier | modifier le code]

Liens critiques[modifier | modifier le code]