Manufacture des tabacs de Lyon

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Manufacture des tabacs de Lyon
Façade ouest de la manufacture des tabacs de Lyon sur le boulevard des Tchécoslovaques.JPG
Façade ouest de la manufacture des tabacs.
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La Manufacture des Tabacs est une ancienne usine de tabacs, située dans le 8e arrondissement de Lyon, aujourd'hui réhabilitée en campus, propriété de l'université Lyon III. Elle est présente dans la liste des monuments du « Patrimoine du XXe siècle ».

Histoire[modifier | modifier le code]

L'histoire industrielle[modifier | modifier le code]

Le , est décidée la construction d'une nouvelle manufacture des tabacs, afin de remplacer la manufacture de Perrache, située à l'emplacement de l'actuel lycée Récamier[1].

C'est l'ingénieur en chef du Service Central des manufactures de l'État, Joseph Clugnet[1], qui, peu après 1900 et à la demande de l'administration, fut chargé de la construction d'une manufacture de tabacs à Monplaisir. Le projet était ambitieux, mais surtout très original. Par sa composition binaire (groupe nord et groupe sud), et par la réalisation d'une façade très colorée, le futur site se différenciait des autres manufactures françaises telles qu'à Issy-les-Moulineaux ou à Dijon.

Les travaux débutent en 1912[1]. À l'origine, les travaux devaient durer 5 ans, mais ils furent interrompus lors de la Première Guerre mondiale, entre 1914 et 1918. Cependant, à la suite d'une trop lente reprise des travaux et à de nombreuses carences, conséquences directes de la guerre, la Manufacture ne sera totalement terminée qu'en 1932[1]. Elle est toutefois mise en service dès 1927[1].

Un 1979, un incendie oblige la reconstruction d'une partie des bâtiments[1].

L'activité industrielle de la manufacture fut intense. À son apogée, elle produisait plus de 7 millions de cigarettes chaque jour, dont les « troupes », tabac pour l'armée, et les « bleus », en raison de la couleur de l'emballage, à rouler[2]. À l'époque, la transformation du tabac était un monopole d'État. La production de Gauloises et du tabac scaferlati étaient ses principaux pôles d'activité. Les ouvriers sortaient à 12h et à 17h. Pour expédier la marchandise, on utilisait la voie ferrée toute proche. Les dernières boites sont sorties en 1987.

Ses directeurs furent successivement André Viard (de 1928 a 1938), Adrien Mondiez (jusqu'en 1957), Roger Paquet (jusqu'en 1966) et Jean Ricadat (jusqu'en 1982). Le directeur des services administratifs puis inspecteur était de 1946 à 1974 André Girard.

La réhabilitation de la Manufacture en campus universitaire[modifier | modifier le code]

En 1987, la production de tabacs cesse, laissant le site disponible à d'autres usagers et à d'autres activités. C'est précisément à cette période que la Communauté urbaine de Lyon souhaite déployer ses sites universitaires, en les intégrant dans le centre-ville (projet « L'université dans la ville »). Dans cette logique, la ville de Lyon a alors, en juillet 1990, fait acquisition du site, au profit de l'université Jean Moulin Lyon 3[1]. Plus de 50 000 m2 étaient utilisables, pouvant accueillir environ 14 000 étudiants. Les travaux débutent en 1992 et le bâtiment ouvre pour la première rentrée universitaire en 1993. Mais les travaux de réaménagement ne sont réellement terminés qu'en 2004[1].

Aujourd'hui, la Manufacture des Tabacs (qui a gardé son nom d'origine industrielle) accueille une partie des étudiants inscrits à l'université Jean Moulin Lyon 3, dont l'autre campus est situé sur le quai Claude Bernard, dans le 7e arrondissement de Lyon. Une bibliothèque universitaire, d'aspect contemporain, a été construite à l'intérieur du site. Elle offre, sur quatre étages, un panel important d'ouvrages spécialisés dans l'économie, les langues et le droit.

Art sur le campus[modifier | modifier le code]

Deux œuvres du sculpteur Josef Ciesla sont implantées dans les cours :

  • Welon (voilier de l'imaginaire) dans la cour nord ;
  • fontaine Empreintes et Résurgences réalisée en hommage à Jean Moulin, dans la cour sud[1].

En 2007, le bâtiment fait l'objet d'une animation à l'occasion de la Fête des Lumières[3]. Cette installation n'a jamais été démontée et reste visible chaque jour de l'année, à la nuit tombée[Quoi ?].

Références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]