Mandoline country

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Mandoline de type F

La mandoline country ou bluegrass est une évolution de la mandoline opérée au début du XXe siècle aux É.-U., utilisant des techniques de lutherie propres à la famille du violon. La création de ce type de mandoline est attribuée à Orville Gibson, fondateur de l'entreprise Gibson en 1902.

Utilisée en musique country ou bluegrass, elle est considérée comme plus puissante que ses sœurs européennes. Dans ce style de musique populaire, l'instrument le plus typique et traditionnel est le style F avec ouïes, alors que le style A à trou ovale est utilisé en musique folklorique, irlandaise, Choro, ou classique.

Histoire[modifier | modifier le code]

Au XIXe siècle : une popularité rapide mais surtout urbaine[modifier | modifier le code]

Publicité américaine pour le vaudeville de Henry Eugene Abbey Humpty Dumpty en 1880.

Contrairement au Banjo, à la Guitare qui sont des instruments traditionnels de la musique rurale américaine, la Mandoline est à la fois l'instrument le plus moderne que les musiciens de Bluegrass utilisent, celui qui peut sembler le plus démodé, et celui dont la popularité possède l'histoire la plus complexe. Celle-ci tient à la fois du hasard et de l'engouement.

La mandoline ne semble pas avoir été connue, aux États-Unis avant 1835. L'un des premiers documents qui la mentionne, est la « Narrative of the Texan Santa Fe Expedition »[1] de George Wilkins Kendall qui notait, en 1841, qu'un grand nombre de mexicains jouaient « de la mandoline, une sorte de petite guitare »[2]. Il reste néanmoins possible que le journaliste ait confondu un instrument traditionnel mexicain avec une mandoline.

Le hasard voulu que la popularité, de cet instrument, fut une conséquence de celle du Bandurria. En Espagne, à cette époque, des Estudiantinas, ensembles d'étudiants qui comprenaient plusieurs bandurrias et plusieurs guitares, et qui interprétaient un répertoire qui alternait pièces traditionnelles et arrangements contemporains, devinrent très populaires. Parce qu'ils jouaient une musique entrainante sur des tempos rapides, ils furent rapidement adoptés par le public européen[3].

Henry Eugene Abbey, un imprésario d'Opéra, qui avait entendu jouer l'un de ces groupes, l'Estudiantina Figueroa[4] qui s'était produit à l'Exposition Universelle de Paris en 1878 et qui comprenait sept joueurs de Bandurria, eut l'idée de l'incorporer, en janvier 1880 à sa revue de vaudeville américain, nommée « Humpty Dumpty », sous le nom de « Spanish Students ». Le succès fut foudroyant et la troupe se produisit pendant un an, dans des salles, à travers tout le pays[5].

L'un des premiers spectateurs de cette tournée, Carlo Curti, avisa immédiatement le potentiel commercial de cette musique. Il eut l'intuition que le public américain ne faisait pas bien la différence entre ces instruments exotiques qu'étaient le bandurria et la mandoline. Les bandurrias étaient rares, mais New York était pleine de mandolines et de mandolinistes italiens[3]. Carlo Curti constitua un ensemble de musiciens d'origine italienne, qui jouait de la guitare ou de la mandoline, qu'il baptisa « The Original Spanish Students » et qui se produisit, pendant plusieurs années, un peu partout aux États-Unis[6]. Certains des membres de la troupe s'établirent, au fil des tournées, dans diverses villes des États-Unis, tel Salvatore Pietro Factutar qui s'installa, en 1889, comme professeur à Milwaukee dans le Wisconsin pour y enseigner la mandoline[3].

Carlo Curti, dont la carrière fut riche en rebondissements, ne fut pas le seul à rendre la mandoline populaire. Le plus fameux fut, sans doute, Giuseppe Pettine, un virtuose de la mandoline et un compositeur de musique, qui était né à Isernia en Italie, et qui s'installa à Providence, dans le Rhode Island, où il devint un professeur de mandoline de renommée nationale. Giuseppe Pettine est réputé avoir encouragé le développement du « style duo », dans lequel un musicien soliste joue en même temps la mélodie et l'accompagnement. Et l'on peut aussi citer, parmi les célébrités de la mandoline, de cette époque, Stellario Cambria et Vincenzo Carli, installés, eux aussi, à Providence[6].

Dans les années 1880, le banjo à cinq cordes fut l'instrument le plus populaire auprès de la classe moyenne américaine. Mais il fut supplanté, dans les années 1890, par la mandoline qui devint, parmi une foule d'autres instruments (Cithare,Mandole, Ukulélé, etc.), alors exotiques, le préféré pour occuper les loisirs d'un part croissante de la population de l'Est des États-Unis[7].

Les modèles standards[modifier | modifier le code]

Les mandolines Gibson évoluèrent en deux styles :

  • le style « F » (de Florentine), avec une volute pour fixer l'instrument et deux ou trois pointes vers le bas pour favoriser le maintien ;
  • le style « A » en forme d'amande (d'où le nom).

Ces deux styles sont combinés avec soit des ouïes comme un violon, ou une ouverture ovale sous les cordes.

Ces catégories, souvent reprises par de nombreux luthiers, évoluèrent et évoluent avec les artisans. De nombreux instruments sont des copies du modèle « Gibson F-5 Artist » construit autour de 1920 par Lloyd Loar, instruments très recherchés.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Récit de l'expédition Texane de Santa Fe
  2. Scott Hambly, "Mandolins in the United States since 1880: An Industrial and Sociocultural History of Form". PhD dissertation, University of Pennsylvania.
  3. a, b et c (en) « 1880 Estudiantina Figaro and the Mandolin Orchestra - 2008 - Leonard Wyeth », sur AcousticMusic.Org (consulté le 19 mai 2011)
  4. De nombreux auteurs les nomment "The Figaro Students", mais le nom Estudiantina Figueroa semble le plus correct.
  5. (en) « Death of Henry E. Abbey; The Well-Known Manager's Long Career Closed. The New York Times. October 18, 1896 », sur les archives du New York Times (consulté le 19 mai 2011)
  6. a et b (en) « Mandolin Mania in Buffalo’s Italian Community, 1895 to 1918 - Jean Dickson - University at Buffalo (SUNY) in Journal of World Anthropology: Occasional Papers: Volume II, Number 2 - August 2006 - University at Buffalo. », sur The Journal of World Anthropology at the University at Buffalo. (consulté le 19 mai 2011) (ISSN 1075-2579).
  7. Robert Cantwell, Bluegrass Breakdown: The Making of the Old Southern Sound. Urbana, University of Illinois Press, 1984.