Louis Victor Marcé

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Louis Victor Marcé
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Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 36 ans)
ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Lycée Georges-Clemenceau
École de médecine de Nantes (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Activité
Autres informations
A travaillé pour
Maître
Directeur de thèse

Louis Victor Marcé est un médecin aliéniste français, né le à Paris et mort dans la même ville le .

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance[modifier | modifier le code]

Louis-Victor Marcé né à Paris en 1828 d'un père, René Marcé, travaillant dans l'Administration des Domaines à Nantes et de Jeanne Marie Motter. Après avoir démissionné, il était monté à Paris où il vécu de petits métiers et publia deux volumes de poésie. Il mourut subitement en 1834, laissant sa femme et son fils de 6 ans dans une situation précaire. Louis-Victor fut envoyé en Bretagne, près d'un cousin, et le jeune enfant fut élevé par son oncle, le docteur Germain Auguste Marcé (1805-1859), médecin à l'Hôtel-Dieu, professeur à l'École de médecine de Nantes et sans enfant. Élève très doué, le jeune Victor fut, au Collège Royal (futur lycée de Nantes), le brillant condisciple de Jules Verne, dont il restera l'ami. Il y obtint le premier prix de dissertation latine[1].

Sa mère décédera à Paris alors qu'il avait 20 ans[1].

Études[modifier | modifier le code]

Après être devenu Bachelier ès Lettres en 1846 à Rennes, Bachelier ès Sciences l'année d'après et conseillé par son oncle, il fait ses études médicales pendant quatre années à l'École de médecine et à la Faculté de Nantes. Un de ses professeurs, Camille Bouchet, lui-même ancien élève de Jean-Étienne Esquirol, l'influença pour sa carrière. Victor Marcé s'installe à Paris pour concourir à l'internat : il est reçu troisième de sa promotion, le ou en 1851. Sa première année d'internat s'effectue chez Sandras, auteur d'un traité des maladies nerveuses. En 1853, il reçoit la médaille d'argent. Il continue son internat chez Velpeau, qui préside sa thèse sur un sujet de chirurgie et l'incite à se tourner vers la chirurgie mais il hésite. Il est docteur en médecine le [1].

Vie personnelle[modifier | modifier le code]

Le , il épouse Anna Pelouze avec qui il aura quatre enfants : Marguerite (décédée à l'âge de 9 mois), René-Eugène, Maurice-Auguste et Victor-Louis[1].

Carrière[modifier | modifier le code]

En 1855, il donne des leçons à Eugène Philippe Pelouze, fils du célèbre chimiste Théophile-Jules Pelouze. Ayant ses entrées dans le salon de l'Hôtel de la Monnaie, quai de Conti, il fait la connaissance d'Anna, une des filles de Pelouze. Pour l'épouser, il présente sa candidature comme médecin-adjoint de la Maison de Santé Esquirol, à Ivry-sur-Seine[2],[1]. Il reprend les études d'Esquirol sur la folie puerpérale, et publie une monographie. Le , il lit à l'Académie de médecine un mémoire sur l'état mental des "choréiques". En 1860, il se présente à l'agrégation : il est reçu premier. La même année, il est nommé médecin des aliénés de la Seine, puis médecin à Bicêtre. Il donne des cours à l'École pratique de la Faculté de médecine de Paris, lesquels attirent un grand nombre d'auditeurs. En 1862, parait son Traité des maladies mentales. Il dénonce l'abus des formes de contention, camisoles et entraves. Il étudie également les caractères de l'écriture chez les aliénés dont il traitera dans une communication le . Puis il travaille sur l'action toxique de l'essence d'absinthe. Surmené, il se sent très fatigué. En avril ou , après la naissance de son deuxième fils, il part se reposer en Touraine chez sa belle-sœur Marguerite Pelouze (née Marguerite Wilson et sœur de Daniel Wilson[3]) qui vient d'acquérir le château de Chenonceau.

Fin de vie[modifier | modifier le code]

Il rentre à Paris, au début de l'été, mal rétabli, et reprend trop tôt sa vie laborieuse. Il décède le après un plausible suicide, bien qu'aucune autopsie n'a été réalisé et aucune cause de décès n'a été publiquement donnée[4],[5],[1]. Il est enterré au cimetière de Saint-Gobain (Aisne), dans la même tombe que sa fille[1].

Hommage et postérité[modifier | modifier le code]

  • Le personnage de Dolly Branican dans Mistress Branican de Jules Verne, semble être inspiré par un cas décrit par Marcé dans son Traité de la folie des femmes enceintes, des nouvelles accouchées et des nourrices (1858)[6].
  • Une Société Marcé internationale a été créée en 1980 en Angleterre. Un psychiatre anglais d'origine indienne, Channi Kumar, lui a donné son nom en hommage au Dr Louis Victor Marcé. Cette société possède une branche francophone, créée en 1998.

Écrits[modifier | modifier le code]

  • 1854 : Les kystes spermatiques (thèse de doctorat)
  • 1858 : Traité de la folie des femmes enceintes, des nouvelles accouchées et des nourrices et considérations médico-légales qui se rattachent à ce sujet, publication la plus connue de Marcé, rééditée en 2002[1].
  • 1860 : Altérations de la sensibilité (thèse)
  • 1862 : Traité des maladies mentales

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • J-P. Luauté et Th. Lempérière, La vie et l'œuvre pionnière de Louis-Victor Marcé, Editions Glyphe, 2012, 264 p.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e f g et h Jean-Pierre Luauté, Thérèse Lempérière, Jean Garrabé, « Louis-Victor Marcé (1828-1864), les débuts de la psychiatrie périnatale : Un parcours et un destin météoriques », Devenir,‎ , p. 339 (lire en ligne)
  2. Jean-Étienne Esquirol, aliéniste renommé, avait acheté un domaine à Ivry pour y installer sa Maison de santé. Le bâtiment principal porte toujours le nom de pavillon Marcé (Norbert Percereau)
  3. Futur gendre de Jules Grévy et compromis dans le Scandale des décorations
  4. J-P Luauté et Th. Lemérière, La vie et l'œuvre pionnière de Louis-Victor Marcé, Paris, Editions Glyphe, , p. 125-132
  5. Texte en grande partie tiré de l'étude de Norbert Percereau, parue dans le Bulletin de la Société Jules Verne 141. 1er trimestre 2004.
  6. Volker Dehs, Quelques antécédents possibles de Mistress Branican, Bulletin de la Société Jules Verne no 165, 2008, p. 5-8

Liens externes[modifier | modifier le code]