Locomobile

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Une locomobile à vapeur

Une locomobile est une machine à vapeur montée ou non sur des roues. Ce dispositif était entre autres utilisé comme source motrice en machinisme agricole.

Une locomobile est donc une machine à vapeur ambulante susceptible d'exécuter diverses opérations mécaniques nécessitées par les besoins de l'industrie et de l'agriculture. Elle peut servir à battre les gerbes à grains, à manœuvrer des pompes, à faire fonctionner un moulin, un crible, un pressoir, un hache-paille, un coupe-racines, à creuser des tranchées de drainage, à faire marcher une distillerie, à broyer les os, à traîner le rouleau destiné à égaliser une chaussée ; enfin à exécuter toute action qui demande un moteur et à remplacer un manège. Son emploi s'est beaucoup généralisé au XIXe siècle pour remplacer les moteurs hydrauliques en temps de sécheresse.

On désigne cette variété particulière de la machine à vapeur sous le nom de machine locomobile pour rappeler qu'elle a pour caractère essentiel de pouvoir être transportée d'un lieu à un autre. Les premières locomobiles étaient placées sur des chariots tirés par des chevaux. On leur a ajouté des roues et on les a rendu par la suite automotrices[1].

Machine à battre actionnée par une locomobile[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Batteuse.
Batteuse entrainée à la poulie par une locomobile Lanz, Allemagne, 1911

Charrue à vapeur[modifier | modifier le code]

Locomobile automotrice à treuil John Fowler. La roue horizontale faisant office de treuil est visible sous le corps de la machine. Avec une charrue à bascule l'ensemble pouvait être qualifié de charrue à vapeur.
Labour avec charrue à bascule et deux locomobiles Fowler
Charrue à bascule tractée par treuil au travail.

La charrue à vapeur consiste en une locomobile portant une poulie motrice horizontale qui constitue un véritable treuil moteur. L'appareil est placé au bout du sillon à tracer et peut avancer perpendiculairement au sillon. Sur le côté opposé de ce sillon, on installe une poulie de renvoi horizontale appelée « ancre » (il fallait en effet l'ancrer au sol). Elle est portée par un charriot qui peut avancer parallèlement à la locomobile. Un câble sans fin qui s'enroule sur la poulie motrice et passe sur la poulie de renvoi peut tirer une charrue à bascule (à versoirs opposés de chaque coté du train de roues), de l'ancre vers la machine puis inversement. Le déplacement simultané de la locomobile et de l'ancre permet ensuite de poursuivre le travail sillon après sillon sans avoir à tourner la charrue en bout de champ. Une locomobile lourde entrainant une charrue multisocs abattait en 1868, trois à quatre hectares de la journée[1]. Elle nécessitait cependant deux attelages et de préférence trois personnes (deux chauffeurs et le laboureur assis sur la charrue).

À la ferme de la Briche, Jean-François Cail, concurrent de John Fowler et qui fabriquait aussi des locomobiles, utilisait une deuxième locomobile à treuil à la place du charriot de la poulie de renvoi (image). Ces locomobiles étaient si lourdes qu'elles pouvaient treuiller perpendiculairement à leur axe sans ancrage, ce qui ne serait guère possible avec des tracteurs actuels beaucoup plus légers.

Ces systèmes étaient particulièrement intéressants en terre humide car ils évitaient que ces lourdes machines ne compactent le sol ou s'enlisent. Elles se déplaçaient ainsi lentement seulement sur les fourrières.

Locomobiles automotrices[modifier | modifier le code]

Voir aussi : Débuts de la mécanisation automobile des armées françaises#Le fardier de Cugnot et les tracteurs à vapeur

Vers 1850, on commence à produire industriellement des locomobiles actionnant elle-mêmes leurs roues. Elle sont d'abord utilisées par les armées pour déplacer les canons.

Train routier, 1870

En 1859 Thomas Aveling crée la première locomobile automotrice (traction engine au Royaume-Uni) facilement utilisable sur la route[2]. En France ces machines sont bientôt famillièrement appelées routières à vapeur pour les distinguer des locomotives sur rail.

Tracteur à vapeur Case (Jerome Increase Case (en))

Munies de roues à crampons et souvent d'un treuil, elles sont adaptées à l'agriculture et aux chantiers. L'essentiel de leur travail se fait cependant à poste fixe à la poulie : entraînement de batteuses, pompes, moulins ... Avec les débuts de l'électrification, elles sont concurrencées dans cet usage par le moteur électrique, puis les gros monocylindres semi-diesel à rotation lente et poulie placée sur le vilebrequin (Lanz, Vierzon, Le Robuste ...) prendront leur place.

Ces machines à vapeur n'étaient pas à la portée des petites exploitations mais les entrepreneurs et syndicats de battage les ont utilisées.

Aux États-Unis, on utilise bientôt des modèles plus petits en traction directe pour le labour au lieu de la charrue tirée par câble et treuil. Ils prennent alors le nom de « tracteurs à vapeur » (Steam tractors) et sont les ancêtres des tracteurs modernes.

En 1910 la firme allemande Heinrich Lanz AG présenta à l'exposition universelle de Bruxelles la pus grosse locomobile au monde d'une puissance de 1000 chevaux.

Locomobile routière « Avellana » de Aveling & Porter

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Louis Figuier. Les merveilles de la science, ou Description populaire des inventions modernes : Machine a vapeur. Furne, Jouvet et Cie., 1868. Consulter en ligne
  2. Bonnett, Harold., Discovering traction engines, Shire Publications, (ISBN 0852633181 et 9780852633182, OCLC 4152736, lire en ligne)