Lion de mer de Steller

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Eumetopias jubatus

Eumetopias jubatus
Description de cette image, également commentée ci-après

Groupe d'otaries de Steller

Classification
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Sous-embr. Vertebrata
Classe Mammalia
Sous-classe Theria
Infra-classe Eutheria
Ordre Carnivora
Sous-ordre Caniformia
Famille Otariidae

Genre

Eumetopias
Gill, 1866

Nom binominal

Eumetopias jubatus
(Schreber, 1776)

Répartition géographique

Description de l'image Eumetopias jubatus distribution.png.

Statut de conservation UICN

( NT )
NT  : Quasi menacé

Le lion de mer de Steller ou otarie de Steller (Eumetopias jubatus) est la plus grande des espèces d'otaries et peut vivre jusqu'à 51,5 ans. Les mâles sont quatre fois plus lourds que les femelles et les plus gros peuvent atteindre 1 tonne pour une longueur de 3 m. Une femelle pèse environ 270 kg pour 2,20 m de longueur. C'est la seule espèce du genre Eumetopias.

Ils font partie de la liste des espèces en péril, due à la chasse, à l'abattage, au déversements important d'hydrocarbures, ainsi qu'à une diminution de leurs proies potentielles.

Morphologie[modifier | modifier le code]

À la naissance, la fourrure de l'Otarie de Steller adulte est brun foncé, presque noire. Elle demeure foncée pendant plusieurs mois. Chez le juvénile et l'adulte, elle varie du jaune pale à rougeâtre. Les nouveau-nés pèsent de 16 à 23 kg. Les femelles adultes atteignent une masse variant entre 200 et 300 kg. Elles mesurent en moyenne de 2 5 m de longueur. Les mâles sont légèrement plus grands, mesurant en moyenne 3 m de longueur. Leur cou est beaucoup plus large que celui des femelles. Ils pèsent de 400 à 800 kg[1].

Écologie[modifier | modifier le code]

Alimentation[modifier | modifier le code]

L'Otarie de Steller est un prédateur opportuniste. Son régime est constitué d'un large éventail de poissons et d'invertébrés, mais est dominé par une ou deux espèces, dont la nature dépend des régions. Les proies varient aussi en fonction des saisons.

Les otaries vivant dans l'ouest de l'Alaska se nourrissent surtout de colin d'Alaska (Theragra chalcogramma) et de maquereau Atka (Pleurogrammus monopterygius (en))[2], tandis que celles du golfe d'Alaska consomment principalement du colin d'Alaska (Theragra chalcogramma)[3],[4]. Au sud-est de l'Alaska et en Colombie-Britannique, les deux principales espèces consommées sont le colin d'Alaska et le hareng (Clupea pallasii)[5],[6]. Les otaries de ces régions chassent aussi, occasionnellement, le hareng (Clupea pallasii), le merlu du Pacifique nord (Merluccius productus), la plie à grande bouche (Atheresthes stomias), du saumon du Pacifique (Oncorhynchus spp.), les raies (Raja spp.) et des céphalopodes.

Les otaries de Steller qui vivent plus au sud, sur les côtes de la Californie et de l'Oregon, se nourrissent surtout de merlu du Pacifique nord (Merluccius productus), mais aussi de saumons (Oncorhyncus spp.), de raies, de lamproies du Pacifique (Lampetra tridentata), de clupéidés (hareng et pilchard de Californie), de sébastes (Sebastes spp.) et d'anchois de Californie (Engraulis mordax)[7].

Des analyses de contenus stomacaux ont montré que des gastrolithes sont souvent retrouvées dans l'estomac de l'Otarie de Steller[8],[9]. Ces pierres contribueraient à digestion en broyant les proies avalées.

Répartition et habitat[modifier | modifier le code]

L'Otarie de Steller vit près des côtes dans le nord de l'océan Pacifique. Il existe deux populations: la population de l'Est et la population de l'Ouest. La population de l'Est s'étend du sud de la Californie au sud-est de l'Alaska. La population de l'Ouest, quant à elle, vit dans le golfe de l'Alaska, la mer de Bering, jusqu'aux îles Kouriles, au sud.

On le retrouve principalement entre la zone intertidale et la limite du plateau continental. Il peut aussi s'aventurer dans les estuaires.

Reproduction[modifier | modifier le code]

Leurs lieux de reproduction se trouvent entre le Golfe central de l'Alaska et les îles Aléoutiennes occidentales, et celle-ci a lieu au bord de la mer, dans les rochers. La durée de gestation est d'environ 50 semaines. Le nouveau-né mesure en moyenne 1 m pour une masse de 17 à 23 kg. Le petit est allaité durant un an, et il peut rester avec sa mère parfois jusqu'à trois ans. Au bout d'un an les jeunes mesurent en moyenne 1,78 m. On peut les retrouver du sud de la Californie jusqu'au Japon septentrional.

État des populations[modifier | modifier le code]

Entre les années 1950 et 1970, on estime que la population globale d'otaries de Steller a passé de 250 000 à près de 300 000 individus[10]. En 2015, la population était estimée à environ 160 000 individus[11].

La population de l'Ouest a subi un déclin important, de 70 à 80%, à partir des années 1970. Le déclin aurait commencé dans l'est des îles Aléoutiennes[12] avant de s'étendre à l'ouest des îles et dans le golfe d'Alaska, pendant les années 1980 et 1990. Pour cette raison, la population de l'Ouest a été désignée menacée aux États-Unis en 1990[13].

Les causes de ce déclin demeurent débattues. L'hypothèse principale veut qu'une réduction de l'abondance et/ou de la qualité des proies ait diminué, menant à un stress alimentaire chronique chez les otaries[14].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Profil d'espèce: Otarie de Steller », sur Registre public des espèces en péril,‎ (consulté le 16 décembre 2016).
  2. (en) E.H. Sinclair et T.K. Zeppelin, « Seasonal and Spatial Differences in Diet in the Western Stock of Steller Sea Lions (Eumetopias jubatus) », Journal of Mammalogy, vol. 83, no 4,‎ (lire en ligne)
  3. (en) Kenneth W. Pitcher, « Prey of the Steller sea lion Eumetopias jubatus, in the gulf of Alaska », Fishery Bulletin, vol. 79, no 3,‎ (lire en ligne)
  4. (en) J. McKenzie et K.M. Wynne, « Spatial and temporal variation in the diet of Steller sea lions in the Kodiak Archipelago, 1999 to 2005. », Marine Ecology Progress Series, vol. 360,‎ , p. 265-283 (lire en ligne)
  5. (en) D.J. Tollit, M.A. Wong et A.W. Trites, « Diet composition of Steller sea lions (Eumetopias jubatus)in Frederick Sound, southeast Alaska: a comparison of quantification methods using scats to describe temporal and spatial variabilities », Canadian Journal of Zoology, vol. 93,‎ (lire en ligne)
  6. (en) David Joseph Spalding, Comparative Feeding Habits of the Fur Seal (Callorhinus ursinus), Sea Lion (Eumetopias jubata) and Harbour Seal (Phoca vitulina) on the British Columbia Coast (thèse de maîtrise en zoologie), University of British Columbia, , 113 p. (lire en ligne), p. 48-52
  7. (en) Susan D. Riemer, Bryan E. Wright et Robin F. Brown, « Food habits of Steller sea lions (Eumetopias jubatus) off Oregon and northern California, 1986-2007 », Fishery Bulletin, vol. 109, no 4,‎ , p. 369-381 (lire en ligne)
  8. (en) Clifford H. Fiscus et Gary A. Baines, « Food and Feeding Behavior of Steller and California Sea Lions », Journal of Mammalogy, vol. 47, no 2,‎ (lire en ligne)
  9. (en) David Joseph Spalding, Comparative Feeding Habits of the Fur Seal (Callorhinus ursinus), Sea Lion (Eumetopias jubata) and Harbour Seal (Phoca vitulina) on the British Columbia Coast (thèse de maîtrise en zoologie), University of British Columbia, , 113 p. (lire en ligne), p. 46-48
  10. (en) Andrew W. Trites et Peter A. Larkin, « Changes in the abundance of Steller sea lions (Eumetopias jubatus) in Alaska from 1956 to 1992: how many were there? », Journal of Mammalogy, vol. 22, no 3,‎ , p. 153–166 (lire en ligne)
  11. (en) « Eumetopias jubatus », sur The IUCN Red List of Threatened Species (consulté le 17 décembre 2016).
  12. (en) Howard W. Braham, Robert D. Everitt et David J. Rugh, « Northern sea lion population decline in the Eastern Aleutian Islands », The Journal of Wildlife Management, vol. 44, no 1,‎ , p. 25-33 (lire en ligne)
  13. (en) « Steller sea lion (Eumetopias jubatus) », sur U.S. Fish & Wildlife Service (consulté le 17 décembre 2016).
  14. (en) A.W. Trites et C.P. Donnelly, « The decline of Steller sea lions Eumetopias jubatus in Alaska: a review of the nutritional stress hypothesis », Mammal Review, vol. 33, no 1,‎ , p. 3-28 (lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Genre Eumetopias[modifier | modifier le code]

Espèce Eumetopias jubatus[modifier | modifier le code]