Leros

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Leros
Λέρος (el)
Le port de Panteli
Le port de Panteli
Géographie
Pays Drapeau de la Grèce Grèce
Archipel Dodécanèse
Localisation Mer Égée (mer Méditerranée)
Coordonnées 37° 09′ N 26° 51′ E / 37.15, 26.8537° 09′ N 26° 51′ E / 37.15, 26.85  
Superficie 53 km2
Point culminant 320 m
Géologie Île continentale
Administration
Périphérie Égée-Méridionale
District régional Kalymnos
Démographie
Population 7 753 hab. (2011)
Densité 146,28 hab./km2
Gentilé Leriote
Plus grande ville Platanos, Lakki, Agia Marina
Autres informations
Fuseau horaire UTC+2

Géolocalisation sur la carte : Grèce

(Voir situation sur carte : Grèce)
Leros
Leros
Îles de Grèce

Leros est une île grecque de l'archipel du Dodécanèse dans la mer Égée. Elle est le siège, à Lakki, d'un évêché orthodoxe, la Métropole de Léros, Kalymnos et Astypaléa. Elle se trouve à 317 km d'Athènes et 35 km des côtes turques. Platanos avec les villages d'Agia Marina et de Panteli constituent la capitale de Leros.

Géographie[modifier | modifier le code]

Léros est une île montagneuse et verte, avec de hautes collines et de nombreuses petites criques et villages. Sa superficie est de 53 km2 et elle compte 71 km de littoral. La municipalité comprend plusieurs îlots inhabités, dont Lévitha et Kínaros, et l'île peu peuplée de Farmakonísi. Au recensement de 2011[1] elle avait une population de 7755 habitants, aujourd'hui supérieure à 8000, bien que ce chiffre passe à plus de 15 000 au cours de la période estivale. Ses ports principaux sont Lakkí pour les ferrys (sur la côte ouest) et Agía Marína pour les aéroglisseurs (côte est). La ville principale, Plátanos (Πλάτανος), est dominée par une magnifique forteresse byzantine récemment restaurée, enrichie d'une église (la Panaghia). Les autres villages sont Pandéli, Xirókambos, Parthéni, Álinda, Kamára, Goúrna.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les premiers habitants de Leros, les Cariens, furent chassés par les Crétois, puis par les Ioniens. Elle devint un repaire de pirates jusqu'à ce que les chevaliers de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem et les Byzantins s'en disputent la suprématie en 1309 ; le conflit tourna à l'avantage de l'Ordre qui deux siècles durant occupa l'île. En 1505 et 1508, les Ottomans tentèrent plusieurs sièges infructueux du château de Leros. La légende veut que l'île ait été sauvée par le dernier chevalier survivant, âgé d'à peine 18 ans. Il aurait habillé femmes et enfants d'armure qui, simulant une garnison nombreuse, auraient trompé et éloigné les Ottomans. Le 24 décembre 1522, après le siège de Rhodes, un traité fut signé entre le Sultan Soliman et le Grand Maître des Chevaliers, Philippe de Villiers de L'Isle-Adam : Leros, comme toutes les possessions de la mer Égée de l'Ordre, passa aux mains des Ottomans qui l'administrèrent pendant quatre cents ans.

Pendant la Révolution grecque (1821-1830), de nombreux Leriotes participèrent à la lutte, l'île étant une base importante pour le réapprovisionnement de la marine grecque. Intégrée brièvement à la république de Grèce, elle retomba sous domination ottomane lors du traité de Constantinople de 1832.

En 1912, à la suite de la guerre italo-turque, Leros passa comme le reste du Dodécanèse de l'occupation ottomane à l'occupation italienne. Au cours de cette période, les Italiens réalisèrent de nombreuses constructions de grande envergure, telles que la base aéronavale de Leros et la ville de Porto Lago (aujourd'hui Lakki). Cette île fut en effet choisie pour son importance stratégique et sa géomorphologie présentant de nombreuses baies naturelles bien protégées.

Elle fut, durant la Seconde Guerre mondiale le champ de bataille d’une importante offensive en 1943 lorsque les Allemands tentèrent de reprendre l’île aux Italiens (qui venaient de changer de camp), aux Britanniques et aux Grecs. Celle-ci fut très durement bombardée pendant plus d’un mois et demi, du 26 septembre au 16 novembre, date à laquelle elle tomba finalement aux mains de l’ennemi. C'est cette bataille qui a inspiré la bataille de Kéros dans le film "Les canons de Navarone". La baie de Lakki abritait une importante base d’hydravions et le port naturel le plus profond de Méditerranée[réf. nécessaire], d'où son importance stratégique pour les forces allemandes en Méditerranée.

Après la guerre, Leros comme le reste du Dodécanèse, fut finalement rattachée à la Grèce, le 7 mars 1948, sept siècles après la fin de la domination byzantine.

Après-guerre, les gouvernements grecs réaffectèrent de nombreux bâtiments militaires. L'hôpital psychiatrique de Leros fut ainsi fondé en 1959. Au cours de la junte militaire (1967-1974), les vieilles casernes furent transformées en camp de concentration pour accueillir les dissidents politiques : Leros devint ainsi une île de réclusion et d'exil[2].

En 1989, les conditions de vie des malades mentaux et les nombreux cas de maltraitance suscitèrent un scandale dans le monde entier, surtout grâce aux reportages du journal britannique The Guardian. Félix Guattari fit partie d'une délégation internationale qui visita l'asile de Leros. Il dénonça cette situation dans De Leros à La Borde, et Journal de Leros[3]. Dans les années 1989-1994, l'Union Européenne et le Ministère grec de la santé mirent en place un programme de réforme générale de l’assistance psychiatrique en Grèce. Mais vingt après sa mise en place, un reportage de la BBC révélait les échecs de cette réforme[4].

Économie[modifier | modifier le code]

Les habitants vivent de l’agriculture, de la pêche, de la construction, nombreux travaillent à l’hôpital, et en été le tourisme est une source supplémentaire de revenu. Léros ayant un port naturel immense (baie de Lakkí), de nombreux voiliers et yachts viennent y mouiller en été, donnant à l’île un caractère cosmopolite et international. Léros offre deux marinas : l’une à Lakki et l’autre au Parthéni, elles peuvent chacune accueillir plusieurs centaines de bateaux.

L'île est reliée par des services de ferries, et un aéroport qui accueille des avions venant d'Athènes - deux fois par jour en haute saison.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (ΕΛ.ΣΤΑΤ)
  2. "Lakki is the largest of the four detention camps for men and women with Communist backgrounds who were arrested after the April 1967 military takeover." « Political Prisoners in Greece Issue Plea », New York Times,‎ , p. 7
  3. "véritable bagne psychiatrique, camp de concentration sans la présence d'aucun personnel soignant, sans même un psychiatre." Félix Guattari, « De Leros à La Borde », Nouvelles Editions Lignes,‎ .
  4. « Greek mental care failures exposed », BBC News,‎ (lire en ligne)