Le Bûcher des vanités (roman)

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Le Bûcher des vanités
Auteur Tom Wolfe
Pays Drapeau des États-Unis États-Unis
Version originale
Langue Anglais américain
Titre The Bonfire of the vanities
Version française
Couverture Fred Marcellino (en)
ISBN 0-312-42757-3

Le Bûcher des vanités (titre original : The Bonfire of the vanities) est un roman de Tom Wolfe publié en 1987. Premier roman de son auteur, il est rapidement devenu un best-seller mondial.

Après avoir renversé un jeune Noir dans le Bronx, Sherman McCoy, un riche yuppie de Park Avenue, voit son univers s'effondrer.

Résumé[modifier | modifier le code]

Sherman McCoy est un golden boy de Wall Street, marié à une décoratrice d'intérieur mondaine, Judy, et père d'une fille de six ans, Campbell.

Revenant de l'aéroport où il était allé chercher sa maîtresse, Maria Ruskin, Sherman se trompe de sortie d'autoroute et se retrouve en plein milieu du Bronx, un quartier pauvre et majoritairement peuplé de Noirs et de Latinos. Incapables de retrouver leur chemin et effrayés par la population des quartiers qu'ils traversent, Maria et lui commencent à paniquer, la tension atteignant son paroxysme lorsqu'ils heurtent un pneu gisant au milieu de la chaussée sur une rampe d'accès d'autoroute. Sherman sort de voiture pour dégager la voie et deux jeunes Noirs surgissent alors, et lui proposent de l'aider. Sherman, pressentant qu'il s'agit d'une embuscade, les attaque par surprise. Il lance le pneu sur l'un des jeunes, renverse le second d'un coup d'épaule et parvient à remonter dans la voiture, côté passager. Maria, passée au volant, redémarre en trombe, et dans sa fuite la voiture touche l'un des jeunes, Henry Lamb, âgé de 19 ans.

Après avoir été soigné aux urgences pour une simple blessure au poignet, ce dernier tombe dans le coma, en ayant eu le temps d'indiquer à sa mère la marque et une partie de la plaque d'immatriculation de la voiture qui l'a renversé. Une enquête est menée et conduit rapidement à Sherman, qui devient alors la proie des journalistes et des politiciens profitant de l'affaire pour favoriser leur réélection. Henry Lamb devient vite le symbole du combat contre une « justice pour les Blancs ».

Toute l'ambigüité du personnage de Sherman réside dans le fait que, s'il n'est pas coupable du crime dont on l'accuse, il a bel et bien commis un acte raciste en présumant que les deux jeunes Noirs s'apprêtaient à l'agresser, et en les attaquant le premier, et ce avant qu'ils ne se soient montrés menaçants à son égard.

Au fur et à mesure du récit, Sherman, qui se prenait pour un « Maître de l'Univers » à l'abri des ennuis touchant le commun des mortels, voit son monde s'écrouler. Il perd sa femme, son travail, ses amis et subit de nombreuses humiliations, jusqu'à comprendre qu'« il est temps de se changer en animal et de se battre ». La fin du roman le montre acculé à la ruine par de nombreux procès injustes et risquant jusqu'à 25 ans de prison, mais curieusement apaisé par sa détermination à se défendre.

Analyse[modifier | modifier le code]

Le Bûcher des vanités décrit l'acharnement médiatique et judiciaire subi par un homme blanc et riche, érigé en coupable idéal d'un crime commis contre un jeune Noir sans histoire du Bronx. Sur fond d'enjeux d'argent et de pouvoir, politiciens, leaders communautaires et religieux, membres de l'administration judiciaire et journalistes tentent de se servir de cette affaire pour tirer un profit personnel des tensions ethniques et sociales agitant la société new-yorkaise.

Le New York des années 80, véritable sujet de ce roman, est montré par Tom Wolfe comme une ville injuste, raciste et dysfonctionnelle, où se croisent et s'entrechoquent les appétits d'individus cyniques, cupides et corrompus, menant certains à leur perte.

Structure narrative[modifier | modifier le code]

Le canevas narratif du Bûcher des vanités fait s'entrecroiser des récits présentant le point de vue interne de différents personnages. Hormis Sherman McCoy, ces personnages sont principalement Lawrence Kramer, un jeune Juif substitut du procureur du Tribunal du Bronx ; et Peter Fallow, un journaliste britannique alcoolique travaillant pour la presse à sensation. Interviennent aussi, plus rarement, Edward Fiske III, frais diplômé de Yale travaillant pour l'Église épiscopalienne ; et le maire de la ville de New York, vraisemblablement Ed Koch, bien qu'il ne soit pas nommé.

Citations[modifier | modifier le code]

  • « Elle avait raison. Le Maître de l'Univers était de peu de valeur, et c'était une pourriture, et c'était un menteur. »
  • « Un mensonge peut tromper quelqu'un mais il te dit la vérité : tu es faible. »
  • « Ne vous retrouvez jamais pris dans le système de la justice criminelle dans cette ville. Dès que vous êtes pris dans la machinerie, juste la machinerie, vous avez perdu. La seule question qui demeure, c'est combien vous allez perdre. »
  • « Si cette affaire était jugée en toute âme et conscience, les accusés seraient Abe Weiss, Reginald Bacon et Peter Fallow du City Light[1]. »

Adaptation[modifier | modifier le code]

Brian De Palma a réalisé une adaptation de ce roman en 1990, trois ans après la publication droman. Tom Hanks, Bruce Willis, Melanie Griffith et Morgan Freeman y tiennent les rôles principaux.

Autour du livre[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Tom Wolfe, Le Bûcher des Vanités, p. 919
  2. (en) « The Bonfire of the Vanities by Tom Wolfe », sur theguardian.com, (consulté le 8 avril 2017)
  3. (en) « An afternoon with Ed Hayes, Celebrated Litigator and Memoirist », sur abovethelaw.com, (consulté le 8 avril 2017)
  4. « Affaire DSK : Le "bûcher des vanités" du "Démon" tombé en "Disgrâce"... », sur buzz-litteraire.com, (consulté le 20 janvier 2017)
  5. « DSK, la gauche et le bûcher des vanités », sur latribune.fr, (consulté le 20 janvier 2017)