Léopold d'Anhalt-Köthen

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Léopold d'Anhalt-Köthen.

Léopold (29 novembre 1694, Köthen – 19 novembre 1728, Köthen) est prince d'Anhalt-Köthen de 1704 à sa mort.

Second fils du prince Emmanuel-Lebrecht et de son épouse morganatique, Gisèle-Agnès de Rath, comtesse de Nienburg (en), il accède au trône à la mort de son père en 1704. Le petit souverain étant âgé de dix ans, sa mère assure la régence.

Un prince contesté[modifier | modifier le code]

Issu d'un mariage morganatique, le prince n'était pas dynaste. Seul un accord conclu par le duc Emmanuel-Lebrecht avec ses cousins des autres branches de la Maison d'Anhalt et enregistré devant la cour impériale de justice, permit à Léopold et à son frère de devenir héritiers en 1699. En 1702, le prince Emmanuel-Lebrecht établit pour sa succession l'ordre de primogéniture masculine afin d'empêcher la partition de sa principauté. Il meurt prématurèment en 1704 non sans avoir confié la régence de ses états et l'éducation de ses enfants à son épouse.

Le prince Léopold atteint ses 21 ans et devient majeur en 1715. Sa mère lui laisse les rênes du pouvoir et se retire à Nienburg mais en 1719, soutenu par leur mère, le prince Auguste-Louis, frère cadet de Léopold, exige le partage du pouvoir et envoie son armée annexer deux villes de la principauté. Léopold envoie son armée assièger les résidences de son frère et de sa mère et un accord intervient, Auguste-Louis recevant la ville de Güsten, exclave de la principauté.

Un prince musicien[modifier | modifier le code]

Le palais et les jardins de Köthen
Jean-Sébastien Bach

Comme la plupart des princes de son temps, Léopold termine son éducation en effectuant son Grand Tour (1710-1713). Il découvre la musique Italienne et revient convaincu qu'il lui faut développer la musique profane, la musique sacrée étant interdite dans sa principauté calviniste.

En 1716, sa sœur Eléonore-Wilhelmine, veuve du duc de Saxe-Mersebourg, épouse à Nienburg le duc Ernest-Auguste Ier de Saxe-Weimar-Eisenach. A l'occasion des festivités, Léopold se lie d'amitié avec le maître de chapelle de son beau-frère, Jean-Sébastien Bach, qui a des relations difficiles avec son maître.

Passionné de musique - il joue du clavecin, du violon et de la viole de gambe - Léopold,qui avait déjà Johann David Heinichen à son service, engage en 1717 Johann Sebastian Bach, comme maître de chapelle. Persécuté à Weimar où il fut même emprisonné, le musicien vivra d'heureuses années à la cour de Köthen. Il y compose le premier livre du Clavier bien tempéré, les Suite pour violon seul et les six concertos Brandebourgeois. Le prince est le parrain du petit Léopold-Augustus Bach.

Le roi Frédéric-Guillaume Ier de Prusse, plus sensible à la chose militaire qu'aux arts, ayant supprimé son orchestre, les musiciens trouvent un emploi à la cour de Köthen où le prince consacre 25% du budget de sa principauté à la musique. Le prince traite ses musiciens en amis, les emmène à Carlsbad prendre des bains, allant jusqu'à jouer avec eux dans l'appartement de son Kappelmeister quand la princesse douairière Gisèle-Agnès se plaint de l'omniprésence de l'orchestre.

La fin du règne[modifier | modifier le code]

La princesse Frédérique-Henriette

Profondément affecté par la mort de son épouse Maria Barbara et bien qu'il se soit remarié avec une soprano de la cour, Anna Magdalena Wilcke, Bach quitte Köthen pour Leipzig en 1723. Les contributions de la principauté à l'entretien de l'armée du roi de Prusse, dans laquelle servait le prince, augmentant, l'épouse du prince, peu mélomane, cherchant à modérer la passion de son mari, l'impossibilté de composer de la musique sacrée et le désir d'habiter une ville universitaire où ses enfants pourront étudier incitent également le musicien à partir.

Le départ du musicien correspond à une période plus triste du règne de Léopold.

Le prince a épousé en 1721 sa cousine Frédérique d'Anhalt-Bernburg qui pousse son mari à modérer sa passion pour la musique et les dépenses afférentes. Le couple a une fille née en 1721 et prénommée comme sa grand-mère Gisèle-Agnès. La princesse, de santé fragile, meurt le 4 avril 1723 à l'âge de 21 ans. La sœur du prince, Eléonore-Wilhelmine meurt en 1726 des suites de son huitième accouchement. Elle n'avait que 30 ans. Son époux, profondément affecté, décide de ne pas se remarier et cherche à tromper sa tristesse en voyageant à travers l'Europe.

N'ayant qu'une fille de son premier mariage, Léopold se remarie en 1725 avec Charlotte, fille du prince de Nassau-Siegen. Un fils naît puis une petite fille. La succession semble assurée mais en 1728, une épidémie de variole emporte les deux enfants. Le prince contracte lui-même la maladie et meurt en novembre à l'âge de 34 ans.

Bach compose pour son service funèbre la pièce Klagt, Kinder, klagt es aller Welt (BWV 244a). Le prince Auguste-Louis d'Anhalt-Köthen, frère cadet du prince défunt, accède au trône mais se trouve confronté aux revendications de sa belle-sœur et de sa nièce qui réclament en cous de justice une part de l'héritage de leur mari et père. Une compensation financière ramènera la paix dans la famille;

Tout en continuant à percevoir la rente allouée par son beau-frère, la princesse Charlotte se remarie en 1730 avec Albert-Wolfgang, comte de Schaubourg-Lippe. De même, en 1737, la princesse Gisèle-Agnès, fille du prince Léopold, épouse le prince Léopold II d'Anhalt-Dessau. Le mariage sera des plus heureux et prolifique. La princesse-douairière Gisèle-Agnès, mère du prince Léopold, meurt en 1740 alors que l'Europe s'apprête à sombrer dans la Guerre de succession d'Autriche.

Mariages et descendance[modifier | modifier le code]

Le 11 décembre 1721, Léopold épouse sa cousine Frédérique-Henriette d'Anhalt-Bernbourg (en) (24 janvier 1702 – 4 avril 1723), fille du prince Charles-Frédéric d'Anhalt-Bernbourg. Ils ont une fille :

Veuf, Léopold se remarie le 27 juin 1725 avec Charlotte-Frédérique (30 novembre 1702 – 22 juillet 1785), fille du prince Frédéric-Guillaume Ier de Nassau-Siegen (de). Ils ont deux enfants :

  • Emmanuel-Louis (12 septembre 1726 – 17 août 1728) ;
  • Léopoldine-Charlotte (3 septembre 1727 – 6 septembre 1728).