Konrad Wolf

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Konrad Wolf
Bundesarchiv Bild 183-C0706-0015-010, Karlsbad, Filmfestival, Brousil, Beyer, Wolf.jpg

Konrad Wolf, à droite

Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 56 ans)
BerlinVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Mémorial des Socialistes (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activités
Père
Fratrie
Conjoint
Christel Bodenstein (en) (de à )Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Parti politique
Membre de
Académie des arts de RDA (d), Comité central du Parti socialiste unifié d'Allemagne (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Conflit
Genre artistique
Drame (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Distinctions

Konrad Wolf, né le à Hechingen et mort le à Berlin, est un cinéaste est-allemand.

Biographie[modifier | modifier le code]

Une jeunesse partagée[modifier | modifier le code]

Issu d'une famille de communistes juifs, Konrad Wolf quitte avec les siens l'Allemagne pour Moscou lorsque les nazis arrivent au pouvoir en 1933. À l'âge de 10 ans, Wolf joue un rôle mineur dans Le Comabattant (Kämpfer, Gustav von Wangenheim), où il figure parmi les émigrants communistes allemands arrivant à Moscou. À l'âge de 17 ans, il rejoint l'Armée rouge, pour laquelle il sert notamment d'interprète lors de l'entrée des Soviétiques sur le territoire du Reich à l'hiver 1945, lors du repli de la Wehrmacht. Il est témoin à cette occasion de l'ouverture de camps d'extermination (Majdanek) et de concentration (Sachsenhausen). Profondément marqué par ces événements, il les mettra plus tard en images dans son film de 1968 J'avais 19 ans (Ich war neunzehn), dans lequel il s'interroge sur sa double culture et la difficile acceptation de sa "part allemande". Après la guerre, il reste attaché à l'armée d'occupation pendant deux ans, puis travaille à Berlin à la Maison de la Culture de l'URSS, entre 1947 et 1949. Il garde la nationalité soviétique jusqu'en 1952, mais restera tout sa vie fidèle à l'Union soviétique et œuvrera pour l'amitié germano-russe

Carrière cinématographique[modifier | modifier le code]

En 1949, Wolf retourne à Moscou où il suit les cours de l'Institut national de la cinématographie (VGIK). Puis de retour dans son pays natal, il travaille aux studios est-allemands de la DEFA à Babelsberg, d'abord comme assistant pour Joris Ivens ou Kurt Maezig. Passant à la réalisation, et malgré la censure qui touche Chercheurs de soleil en 1958, il s'affirme dès la fin des années 1950, aux côtés de Gerhard Klein, comme l'un des jeunes cinéastes les plus prometteurs de RDA. Son film Étoiles (Sterne), coproduit avec la Bulgarie, est particulièrement remarqué en 1959 au Festival de Cannes où il remporte un prix. Il aborde de nouveau le thème de la persécution des juifs par les nazis deux ans plus tard, en adaptant la célèbre pièce de son père Friedrich Wolf, Professor Mamlock. Puis au cours des années 1960, qui sont marquées pour le cinéma est-allemand par l’émergence d'une "nouvelle vague" et par la série des censures de 1965-1966, il signe deux œuvres importantes : l'adaptation du premier roman de Christa Wolf, Le Ciel partagé, en 1964, et J'avais 19 ans (1968), basé sur son expérience de soldat de l'Armée rouge en 1945. Il s'agit d'un de ses films les plus personnels, auquel il donnera dix ans plus tard une sorte de complément avec Mama, ich lebe (1977). À partir de J'avais 19 ans, Wolf collabore principalement avec le scénariste Wolfgang Kohlhaase.

Dans les années 1970, il aborde à plusieurs reprises la question du rôle de l'artiste dans la société[1]. Goya l'hérétique, tourné en 70 mm, est une grande fresque biographique sur le peintre espagnol et les bouleversements politiques du temps. Puis, en 1974, Konrad Wolf montre dans Der nackte Mann aud dem Sportplatz les difficultés que rencontre un sculpteur pour faire accepter son œuvre dans l'espace public. Enfin, avec Solo Sunny, en 1980, il brosse le portrait d'une jeune chanteuse de pop éprise de liberté qui peine à trouver sa place parmi les hommes et les musiciens. Ce dernier film de cinéma de Wolf rencontre un grand succès (Renate Krößner est récompensée à la Berlinale 1980). Il entreprend après Solo Sunny la production d'une série documentaire sur le comédien communiste Ernst Busch, mais il meurt prématurément du cancer en mars 1982.

Vie publique[modifier | modifier le code]

Konrad Wolf est un des réalisateurs est-allemands les plus connus à l'étranger, notamment pour ses films Étoiles, Goya, et Solo Sunny. Il est une personnalité très respectée en Allemagne démocratique, à la fois pour la sincérité de son engagement et pour son intégrité morale (il a toujours soutenu les cinéastes en délicatesse avec les autorités)[2].

Membre des Jeunesses communistes en URSS, puis du SED à partir de 1952, il a de plus occupé plusieurs fonctions dans l'administration culturelle de RDA, comme la présidence de l'Académie des Arts de la République démocratique allemande de 1965 jusqu'à sa mort en 1982.

Il est par ailleurs le fils du romancier et dramaturge Friedrich Wolf, ainsi que le frère de l'espion Markus Wolf.

Il a donné son nom à l'école de cinéma et de télévision de Babelsberg, à Potsdam.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Cyryl Buffet, Défunte DEFA, histoire de l'autre cinéma allemand, Paris-Condé-sur-Noireau, Cerf-Corlet, .
  2. (de) Wolfgang Jacobson et Rolph Aurich, Der Sonnensucher Konrad Wolf, Berlin, Aufbau Verlag, .

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Prix Konrad Wolf (de)

Liens externes[modifier | modifier le code]