Kobayashi Issa

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Issa
一茶
Description de cette image, également commentée ci-après
Portrait de Issa (dessiné par Muramatsu Shunpo 1772-1858).
Nom de naissance Nobuyuki Kobayashi
Alias
Issa Kobayashi
Naissance
Kashiwabara (actuel bourg de Shinano), actuelle Préfecture de Nagano, Drapeau du Japon Japon
Décès
Kashiwabara, Drapeau du Japon Japon
Activité principale
Auteur
Langue d’écriture japonais
Genres

Issa Kobayashi (小林 一茶, Kobayashi Issa?), plus connu sous son seul prénom de plume Issa (一茶?, signifiant « une (tasse de) thé »[1]), est un poète japonais du XIXe siècle[2] (fin de la période Edo). De son vrai nom, Nobuyuki Kobayashi (alias Yatarō comme prénom d'enfance), il est né le dans le village de Kashiwabara[3] de la province de Shinano (actuelle Préfecture de Nagano) et y meurt le . Il est considéré comme l'un des trois grands maîtres du haïkaï classique japonais (江戸三大俳人) avec Bashō et Buson.

Auteur d'environ 20 000 haïkus en quasi-totalité composés au XIXe siècle[2], Issa rompt avec les formes de classicisme du XVIIIe de Buson en proposant un type de romantisme qui renouvelle le genre en y infusant l'autoportrait, l'autobiographie, et le sentiment personnel. Il laisse aussi de nombreux textes de prose poétique hybride du genre haibun, dont le Oraga haru (おらが春, Mes années de printemps) et le Chichi no shuen nikki (父の終焉日記, Journal des derniers jours de mon père)- cette dernière œuvre passant pour être à l'origine du genre watakushi shōsetsu ("roman à la première personne" ou "roman naturaliste") dans la littérature japonaise, avant même toute influence occidentale [4],[5].


Biographie[modifier | modifier le code]

Fils d'un paysan moyennement aisé, la vie d'Issa fut marquée par une succession de malheurs et par la pauvreté. Il perd sa mère à l'âge de quatre ans. Son père se remarie lorsqu'Issa a sept ans et sa belle-mère ne cache pas son hostilité pour lui. Issa part pour Edo (actuelle Tōkyō) à l'âge de quatorze ans pour servir comme domestique. En 1812, Issa décide de quitter Edo et de mettre un terme à sa vie d'errance pour retourner vivre dans son village natal.

Au cours de sa vie, Issa s'est marié trois fois. Sa première femme, Kiku, lui donne trois fils, Sentarō, Ishitarō et Konzaburō ainsi qu'une fille, Sato. Tous les quatre mourront en bas âge. Après la mort de sa première femme, Issa épouse Yuki dont il divorcera au bout de trois mois. De sa troisième femme, Yao, il aura une fille Yata qu'il ne connaîtra jamais, car il meurt pendant que sa femme est enceinte.

La grange où Issa a passé les six derniers mois de sa vie.

Le , un incendie détruit de nombreuses maisons de son village, dont la sienne. Issa se réfugie dans une grange de sa ferme, où il passe les six derniers mois de sa vie. Issa meurt le . Selon l'ancien calendrier japonais, il est mort le 19e jour du 11e mois de la 10e année de l'ère Bunsei : comme cette année correspond approximativement avec l'an 1827, de nombreuses sources anciennes donnent à tort 1827 comme date de décès.

Selon Shiki, les haïkus de Issa se distinguent par le comique (comédie de situation), la satire (moquerie des guerriers et des moines dépravés), et la compassion (empathie bouddhiste pour le faible et tout ce qui vit).

Extraits[modifier | modifier le code]

Deux poèmes illustrent particulièrement bien la peine d'Issa après la mort de sa première fille :

露の世は
露の世ながら
さりながら
Tsuyu no yo wa
Tsuyu no yo nagara
Sarinagara
Rosée que ce monde
Rosée que ce monde-ci
Oui, sans doute et pourtant[6]
秋風や
むしりたがりし
赤い花
Akikaze ya
Mushiri ta gari shi
Akai hana
Sous la brise d'automne
ces fleurs rouges
qu'elle aurait tant aimé arracher[7]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Éditions originales[modifier | modifier le code]

Recueils de poèmes
  • 1791. Kansei sannen kikō
  • 1792. Kansei kujō
  • 1792. Saikoku kikō
  • 1803. Kyōwa kujō
  • 1804. Bunka kujō
  • 1819. Ora ga haru (tr. Mon année de printemps)
  • 1822. Bunsei kujō (1822-1825)
Journaux

Éditions en français[modifier | modifier le code]

Monographies (recueils et sélections)
Anthologies
  • 2002. Haiku : anthologie du poème court japonais (trad. Corinne Atlan et Zéno Bianu ; texte français seulement), éd. Gallimard, coll. « Poésie » no 369, 239 pages, (ISBN 2-07-041306-3), 504 haïkus (pour moitié des quatre maîtres : 46 de Bashô, 51 de Buson, 82 de Issa, 56 de Shiki)

Évocations[modifier | modifier le code]

  • Philippe Forest, Sarinagara, roman, 2003
  • Cédric Gras, L'hiver aux trousses, Paris, Gallimard, 2016, p.170 : «Oie sauvage oie sauvage / À ton premier voyage / Quel âge avais-tu ?»

Sources[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Littéralement, il signe Issa avec les caractères ichi (?, signifiant « un ») et cha (?, signifiant « thé »), un raccourci pour « une (tasse de) thé ».
  2. a et b Moins de 500 haïkus sur 20 000 sont composés, et moins encore publiés, avant 1801.
  3. Kashiwabara fait aujourd'hui partie du bourg de Shinano
  4. Katsuyuki YABA, Kobayashi Issa - Hito to bungaku, Bensei shuppan, Tokyo, 2004 / 矢羽勝幸著『小林一茶ー人と文学ー』(勉誠出版、2004年)
  5. Issa Kobayashi, Journal des derniers jours de mon père - Chichi no shûen nikki , traduction du haibun de Kobayashi Issa par Seegan Mabesoone, Pippa Éditions, 2014, (ISBN 978-2-916506-54-8)
  6. Autre traduction : Ce monde de rosée / est un monde de rosée / et pourtant pourtant... (Trad. Brigitte Allioux, éd. Cécile Defaut)
  7. Autre traduction : Vent d'automne / les fleurs rouges / qu'elle aimerait arracher (B. Allioux)

Liens externes[modifier | modifier le code]