Kimsooja

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Kimsooja
LaundryWoman fnlrgb.jpg
A Laundry Woman capture vidéo; rivière Yamuna, Inde, 2000
Naissance

Daegu, Corée du Sud
Nom de naissance
김수자 Gim Su-ja
Romanisation révisée
Gim SujaVoir et modifier les données sur Wikidata
McCune-Reischauer
Kim SujaVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Coréenne
Activité
Formation
Université de Hong-ik, Corée
Lieux de travail
Mouvement
Distinctions
Bourse Guggenheim
Anonymous Was A Woman Award (en) ()Voir et modifier les données sur Wikidata
Site web
Œuvres principales
A Needle Woman

Kimsooja, née en 1957 à Daegu (Corée du Sud) est une artiste multidisciplinaire, plasticienne et vidéaste.

L'étoffe et le tissu composent ses premiers travaux. Très vite, ces matériaux deviennent emblématiques et récurrents dans son œuvre. Elle se sert du tissage comme allégorie de la féminité. Depuis, l'étendue de ses pratiques n'a cessé de s'étendre, de se renouveler sans cesse. Son propre site, des interviews et diverses publications permettent d'appréhender son œuvre d'artiste.

Repères biographiques[modifier | modifier le code]

Elle a réalisé ses études de peinture à l'université Hongik à Séoul et a ensuite suivie un atelier de lithographie à l'École nationale des beaux-arts de Paris. Elle vit actuellement à New York et Séoul. Elle est résidente au MoMA PS1. Son travail a été inclus dans plus de 30 biennales et triennales d'art contemporain. Elle a représenté la Corée du Sud pour la 24e Biennale de São Paulo en 1998 et la 55e Biennale de Venise en 2013.

Son travail a fait l'objet d'expositions personnelles à MoMA PS1; Palais de Cristal de Madrid, Reina Sofia; le Vancouver Art Gallery; Kunsthalle Wien; Kunsthalle Bern; Kunstmuseum Liechtenstein; Hirshhorn Museum and Sculpture Garden; musée d'Art Contemporain de Lyon; musée Kunst Palast, Düsseldorf; musée d’Art Moderne Saint-Étienne; Guggenheim Bilbao; et le Centre Pompidou Metz.[1]

Éléments du langage de l'artiste[modifier | modifier le code]

Le tissu[modifier | modifier le code]

Tels des puzzles ses morceaux de tissus sont assemblés et cousus entre eux, colorés et brodés tels des patchworks. Elle les déplie dans des espaces divers et variés. S'inspirant de pratiques traditionnelles coréennes, bojagi, ses travaux son exposés tels des couvre-lits de mariage; des enveloppes de paquets ; de grands tapis ou encore des nappes de tables de restaurant[2].

Le nomadisme[modifier | modifier le code]

En 1997, elle entreprend un voyage de 2727 km à travers la Corée du Sud. "Bottari Truck" est une vidéo la représentant de dos, perchée sur un camion rempli de bottaris (baluchon de nomade coréen). Cette œuvre symbolise le thème du voyage et de l'errance de l'art contemporain mondialisé. La vidéo sera projetée à travers un périple jusqu'à l'église Saint-Bernard (lieu de manifeste pour les sans-papiers).

Œuvre[modifier | modifier le code]

À la suite d'une résidence au MoMA PS1 en 1992-93, Kimsooja a présenté des sculptures qui s'inspirent d'articles de la vie quotidienne et qui furent recouverts par l'artiste de tissu coréen traditionnel[3]. Ces objets, et en particulier les tissus aux couleurs vives utilisés par l'artiste évoquent la notion de bottari en coréen qui signifie emballer pour un voyage[4].

En 1992, l'installation Deductive Objects exposé à MoMA PS1, s'étendait sur la surface d'un mur où l'artiste introduisit des morceaux de tissus entre les briques[4]. Dans Sewing into Walking-Kyungju, 1994, la première performance en vidéo de l'artiste, Kimsooja s'est rendue dans la vallée de Kyungju, en Corée, où elle déposa 2 tonnes et demi de vêtements usagés sur le sol d'une forêt. Cette performance était un hommage aux victimes d'une rébellion démocratique dans la province de Kwangju en Corée en 1980[5].

En 1999, Kimsooja a présenté sa performance A Needle Woman, au CCA Kitakyūshū, Japon. Présentée à plusieurs reprises, cette installation l'a été dans sa version la plus aboutie à l'InterCommunication Center de Tokyo, au printemps 2000. Elle fut ensuite présentée à Moma PS1 en 2001, au Kunsthalle Bern en 2001, et fut l'objet d'une présentation sur la façade de l’hôtel de ville,

À l'occasion de La Nuit Blanche à Paris en 2009. Apparaissant filmée de dos, vêtue d'une longue robe noire, sur six écrans disposés en rectangle, l'artiste se dévoile dans divers paysages urbains ou naturels : debout dans une rue passagère à New York, à Delhi, à Shanghai, à Tokyo ; allongée, seule, sur un rocher à Kitakyūshū, au Japon ; debout de nouveau et seule encore, devant la Jamuna, une rivière indienne.

Dans Earth – Water – Fire – Air, une vidéo présentée en 2009 pour la biennale de Lanzarote en Espagne, Kimsooja a filmé la fusion des éléments sur une île des Canaries[6].

Débuté en 2010, un film en 16 mm titré Thread Routes (Les Routes du Fil) a été présenté au Gugghenheim de Bilbao en 2015. Les quatre premiers chapitres de la série ont été filmés au Pérou, en Europe, en Inde et en Chine[7].

Installations publiques[modifier | modifier le code]

Kimsooja, To Breathe - Invisible Mirror / Invisible Needle, La Fenice, Venise, 2006.
Kimsooja, To Breathe: Bottari, Pavillon coréen, Venise, 2013.
Kimsooja, To Breathe – A Mirror Woman, Palais de Cristal Madrid, 2006, photo Jaeho Chong.

A Lighthouse Woman (2002) est une installation pour laquelle Kimsooja a projeté un spectre lumineux sur le phare de l'île de Morris Island aux États-Unis, pour le festival de Spoleto en 2002. A Lighthouse Woman inaugura une série d'installations commémoratives qui incluent: Sewing Into Walking - Dédié aux victimes de Kwangju, 1995; Planted Names, 2002; Mandala: Chant for Auschwitz, 2010; et A Mirror Woman: The Ground of Nowhere, 2003[8].

Pour To Breathe: Invisible Mirror/ Invisible Needle qui fut présenté à La Fenice de Venise en 2006, Kimsooja a projeté un spectre coloré sur un écran qui occupait la scène du théâtre. Une bande son intitulée The Weaving Factory (2004) formait un couplet d'inspiration et d'expiration du souffle de l'artiste[9].

Dans To Breathe – A Mirror Woman, qui fut développé pour le Palais de Cristal de Madrid en 2006[10], Kimsooja a installé un miroir qui recouvrait le sol. La coupole du palais était recouverte d'un film transparent qui dispersait la lumière. Le palais était aussi rempli par le son de la respiration de l'artiste[11].

Kimsooja a représenté La Corée du Sud pour la 55e Biennale de Venise en 2013[8]. Pour le pavillon coréen, Kimsooja a créé l'installation To Breathe: Bottari. et a recouvert le pavillon d'un film transparent qui dispersait la lumière, illuminant la structure interne du bâtiment avec des auréoles de couleur. Sa bande son The Weaving Factory (2004-2013) aussi remplissait l'espace avec un rythme alterné d'inspiration et d'expiration[12]. Aussi présent dans l'installation To Breathe: Blackout (2013), une chambre anéchoïque où le public pouvait être plongé dans l'obscurité et le silence absolus[12].

D'autres installations publiques importantes incluent A Needle Woman: Galaxy was a Memory, Earth is a Souvenir (2014); une sculpture monumentale commissionnée et installée pour la biennale du Cornell Council for the Arts en 2014[13]. Mandala: Zone of Zero en 2003, et Lotus Zone of Zero, une commission publique pour le palais Rameau à Lille, où Kimsooja créa un cercle composé de 384 lanternes[11]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Kimsooja, « Kimsooja », sur kimsooja.com (consulté le 28 mars 2018).
  2. « Kimsooja - AWARE », AWARE,‎ (lire en ligne)
  3. Yilmaz Dziewior, Cities on the Move, exhibition catalogue, Art-Worlds in Dialogue: From Gauguin to the Global Present, Museum Ludwig Cologne, 2000.
  4. a et b Mello Laetitia, The Pilgrimage of Our Own Existence, Arte Al Limte, Published by Arte Al Limite, March 2012. p. 30-38
  5. Brewinska, Maria, from the exhibition catalogue Kimsooja at the Zacheta Gallery of Art, Warsaw, 2003.
  6. Ingrid Commandeur, Kimsooja: Black holes, Meditative Vanishings and Nature as a Mirror of the Universe, in Windflower, Perceptions of Nature, NAI and Kroller-Muller Museum, 2012
  7. http://guggenheim-bilbao.es/en/exhibitions/kimsooja-thread-routes/
  8. a et b Kimsooja Biography: http://www.kimsooja.com/biography.html
  9. Ricky D’ambrose, Kim Sooja: To Breathe: Invisible Mirror / Invisible Needle, les presses du reel, 2013
  10. Ricky D’ambrose, Kim Sooja: To Breathe: Invisible Mirror / Invisible Needle, les presses du réel, 2013
  11. a et b Doris Van Drathen, Standing at the Point Zero Catalogue for a solo exhibition Kimsooja, A Mirror Woman: The Sun & The Moon at the Shiseido Gallery, Tokyo, Published by Shiseido Corporate Culture Department, 2008
  12. a et b Anita Hackethal, http://www.designboom.com/art/kimsooja-korean-pavilion-at-the-venice-art-biennale/
  13. Cornell Council for the Arts, http://cca.cornell.edu/?p=galaxy-was-a-memory-earth-is-a-souvenir

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Diana Augaitis, Kimsooja : Unfolding, Vancouver, Vancouver Art Gallery and Hatje Cantz, , 183 p., 29 cm (ISBN 3775732349)
  • (ko + en) Bae, Soon-hoon (préface) et Cho, Eunjung ; Rubio, Olivia María et Soyeon, Ahn (Catalogue publié à l'occasion de l'exposition qui s'est tenue à la Yonggwang Hydro & Nuclear Power Plant Station du 3 au 19 septembre 2010. - Biogr. et liste des expositions de l'artiste), Earth - water - fire - air : by Kimsooja, Séoul, National Museum of Contemporary Art, Korea, , 38 p., 26 cm
  • (fr + en) Marcella Beccaria, Kimsooja, Sivana, , 96 p., 20 x 1 x 16 cm (ISBN 8836623212)
  • (fr + en) Gilles Coudert (réalisateur), Doris van Drathen et Emma Lavigne (texte) et Emma Lavigne (commissaire) (exposition, Centre Pompidou-Metz, 26 octobre 2015-4 janvier 2016), Kimsooja : To Breathe, Centre Pompidou-Metz, , 96 p., 21 cm (ISBN 979-10-91490-25-2)
  • Hegyi, Lóránd (commissaire) et al. (exposition au Musée d'Art moderne, Saint-Etienne Métropole, 25 février, 28 mai 2012), Kimsooja, Cinisello Balsamo (Milano) : Silvana editoriale ; Saint-Étienne : Musée d'art moderne, , 111 p., 20 cm (ISBN 978-8836-62321-1)
  • (en) Kimsooja (personne interviewée) et Gautherot, Franck (intervieweur) (exhibition presented at the Korean pavilion of the 55th International art exhibition-la Biennale di Venezia, June 1-November 24, 2013), Kimsooja : To Breathe : Bottari, Presses du réel, , 239 p., 27 cm + 1 foulard plié (ISBN 978-2-84066-612-7)
  • (ja + en) Yasuo Kobayashi, Robert Storr, David Elliott, Noi Sawaragi et Ariella Azoulay (exhibition held at Setagaya art museum (Tokyo), 8 Feb. - 23 Mar. 1997. Interview with Soo-Ja Kim by Hans-Ulrich Obrist), De-genderism : détruire dit-elle/il, Tokyo : Setagaya art museum : Tankosha, , 134 p., 26 cm + 1 cahier (30 p.) (ISBN 4-473-01526-2 et 978-4-473-01526-6) : Présente les oeuvres de Eva Hesse, Matthew Barney, Yayoi Kusama, Mona Hatoum, Marie-Ange Guilleminot, Janine Antoni, Rebecca Horn, Marina Abramovic, Ma Liuming, Soo-Ja Kim, Go Kato, Robert Gober, Minako Nishiyama, Kazuhiro Hachiya, et Vito Acconci.
  • (fr + en + de) Thierry Raspail et Jean-Hubert Martin (Musée d'art contemporain de Lyon ; Museum Kunst Palast), Kim Sooja : conditions of humanity = conditions d'humanité, Lyon : Musée d'art contemporain ; Milan : 5 continents, , 105 p., 27 cm (ISBN 88-7439-059-9, 2-906461-61-X et 3-9808208-7-4)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]