Karim Tabbou

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Karim Tabbou
Illustration.
Fonctions
Porte-parole de l'Union démocratique et sociale
En fonction depuis
(6 ans et 2 mois)
Prédécesseur Création du parti
Député

(4 ans, 11 mois et 24 jours)
Élection 10 mai 2012
Circonscription Circonscription de la wilaya de Tizi Ouzou
Groupe politique FFS
Premier secrétaire national du Front des forces socialistes

(4 ans et 7 mois)
Prédécesseur Samir Bouakouir
Successeur Ali Laskri
Biographie
Nom de naissance Karim Tabbou
Date de naissance (46 ans)
Lieu de naissance Ouadhia (Algérie)
Nationalité Algérienne
Parti politique FFS (1992-2012)
UDS (depuis 2012)
Diplômé de Université de Tizi Ouzou

Karim Tabbou, né le à Ouadhia (Algérie), est le porte-parole de l'Union démocratique et sociale (UDS).

Figure du Hirak, il est plusieurs fois arrêté et incarcéré en 2019.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse, famille et formation[modifier | modifier le code]

Originaire des Ouadhias, en Grande Kabylie, il est issu d'une famille modestes de neuf enfants, dont il est l'aîné. Sa mère est femme au foyer, et son père est maçon.

En 1999, il est licencié en sciences économiques à l’université de Tizi Ouzou.

Marié, il est père d'un garçon et d'une fille[1].

Front des forces socialistes[modifier | modifier le code]

Il a été, de 2006 à 2011, premier secrétaire du Front des forces socialistes (FFS), parti d’opposition algérien fondé en septembre 1963 par Hocine Aït Ahmed, et dont il est un admirateur. Ce dernier l'apprécie et décide d'en faire son successeur, malgré l'opposition de la vieille garde du parti. En effet, cette dernière est opposée au renouvellement qu'il prône. Il devient ainsi, à 33 ans, le plus jeune chef de parti en Algérie[2]. Après avoir pris la tête du parti fin avril 2007, juste après avoir été quelques jours auparavant nommé numéro 2[3], il est confirmé dans ses fonctions lors d'un congrès tenu la même année[4], puis sa démission est rejetée par Aït Ahmed en novembre 2007 après l'échec aux élections locales[5]. Le 18 novembre 2011, en désaccord avec les cadres du parti, il est remplacé par Ali Laskri[6].

Le 30 mai 2012, il est suspendu des rangs du parti[7], des cadres du parti lui reprochant une attitude radicale à l'égard du régime[8]. De son côté, Tabbou refuse de démissionner de son mandat de député (pour lequel il a été élu en mai 2012), comme le lui demande son parti[9]. Le 17 juillet 2012, il décide de quitter le FFS[10].

Union démocratique et sociale[modifier | modifier le code]

Karim Tabbou et ses camarades annoncent la formation prochaine de leur nouveau parti politique le 1er novembre 2012[11], l'Union démocratique et sociale (UDS), créé pour répondre au besoin d'installer une démocratie sociale et citoyenne en Algérie[12],[13]. Le régime refuse de légaliser son parti en juillet 2013, alors qu'il a fait une demande en ce sens en juillet 2013[14]. En septembre 2013, le parti est officiellement lancé[15].

En 2016, en tant que député, il s'oppose à la révision constitutionnelle algérienne de 2016[16].

Manifestations de 2019 et arrestation[modifier | modifier le code]

En 2019, lors des manifestations de masse ayant notamment conduit à la démission du président Abdelaziz Bouteflika — au pouvoir depuis 1999 —, et qui se sont poursuivies pour réclamer la mise en place d'une transition démocratique, Tabbou devient une personnalité phare du mouvement[17].

Le 11 septembre 2019[18] à 13h des agents des services de sécurité se sont présentés à son domicile à Douera (Banlieue Ouest d'Alger), et inculpé pour « atteinte au moral de l'armée »[19],[20], pour ses déclarations tenues le 8 mai 2019 à Kherrata[21].

La commission des droits de l'homme du Parlement européen[22] et les Forces du pacte de l'Alternative démocratique appellent à sa libération[23]. Il est libéré sous condition le 25 septembre[24], puis de nouveau arrêté le lendemain[25],[26]. Les nouveaux chefs d'accusation concernent un appel à manifester à l'occasion de la fête de l'indépendance le 5 juillet, ainsi que des publications sur Facebook[27]. Il est dès lors placé à l'isolement[28]. Ses avocats affirment que Tabbou a été victime de violences et insulté par ses geôliers[29].

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Zahra Tabbou. Epouse de Karim Tabbou : «Karim est un patriote qui ne vit que pour son pays» », sur El Watan (consulté le 31 octobre 2019)
  2. Karim Tabou, l’héritier d’Aït Ahmed, sur jeuneafrique.com (consulté le 29 juillet 2011)
  3. « Karim Tabbou, numéro 2 du FFS », sur El Watan (consulté le 14 septembre 2019)
  4. « Dans les travées du 4e congrès du FFS », sur El Watan (consulté le 14 septembre 2019)
  5. « FFS : Karim Tabbou reconduit à son poste - Le Matin d'Algérie », sur Le Matin d'Algérie (consulté le 14 septembre 2019)
  6. « Laskri a été désigné secrétaire général du parti, FFS : Tabou débarqué - Algérie360.com » (consulté le 14 septembre 2019)
  7. « Karim Tabbou et Samir Bouakouir suspendus du FFS », sur Le Matin d'Algérie (consulté le 14 septembre 2019)
  8. « Crise au FFS : Karim Tabbou veut créer un parti politique », sur Le Matin d'Algérie (consulté le 16 septembre 2019)
  9. liberte-algerie.com, « FFS : Karim Tabbou sommé de remettre son mandat: Toute l'actualité sur liberte-algerie.com », sur http://www.liberte-algerie.com/ (consulté le 16 septembre 2019)
  10. « Karim Tabbou et cinquante-neuf cadres démissionnent du FFS », sur Algérie Patriotique (consulté le 14 septembre 2019)
  11. « Karim Tabbou, dissident du FFS, a lancé son propre parti ce samedi — Siwel », sur Siwel (consulté le 14 septembre 2019)
  12. http://udsalgerie.politicien.fr/a-propos-de-luds/
  13. UDS, le nouveau parti de Karim Tabbou
  14. « Karim Tabbou à “Liberté” “Le système désarme politiquement et moralement la société” - Algérie360.com » (consulté le 14 septembre 2019)
  15. « L’UDS empêchée de tenir son congrès constitutif », sur Algérie Patriotique (consulté le 14 septembre 2019)
  16. « Habib Zeghad, Karim Tabbou et Koreichi Mohamed El Habib/Les 3 députés qui ont dit non ! :Algerie Focus France », sur Algerie Focus (consulté le 15 septembre 2019)
  17. « Algérie: une figure de la contestation placée en détention provisoire », sur Le Figaro (consulté le 14 septembre 2019)
  18. « Arrestation de Karim Tabou, sa famille ne sait pas “où il se trouve” », sur Al HuffPost Maghreb (consulté le 12 septembre 2019)
  19. « Algérie: l'opposant Karim Tabbou placé en détention provisoire - RFI », sur RFI Afrique (consulté le 12 septembre 2019)
  20. « Karim Tabbou sera présenté au procureur du tribunal de Koléa », sur tsa-algerie.com, (consulté le 13 novembre 2019)
  21. « Karim Tabbou de nouveau interpellé (avocat) », sur Al HuffPost Maghreb (consulté le 26 septembre 2019)
  22. « La commission des droits de l’homme du Parlement européen appelle à la libération immédiate de Karim Tabbou ! - Algérie360.com » (consulté le 14 septembre 2019)
  23. « Les forces de l’alternative démocratique exigent la libération immédiate de Karim Tabbou - Algérie360.com » (consulté le 14 septembre 2019)
  24. « Libération d'une figure de la contestation en Algérie », sur L'Orient-Le Jour (consulté le 25 septembre 2019)
  25. « Karim Tabbou interpellé au lendemain de sa remise en liberté - L'info - Pour rester en éveil », sur L'info - Pour rester en éveil (consulté le 26 septembre 2019)
  26. Le Monde avec AFP, « Algérie : moins de 24 heures après sa libération Karim Tabbou de nouveau arrêté », Le Monde,‎ 2019/09/27/ (lire en ligne)
  27. « De lourds chefs d’accusation contre Tabbou », sur El Watan (consulté le 3 octobre 2019)
  28. « Karim Tabbou est placé en isolement "depuis sa mise en détention provisoire" », sur Al HuffPost Maghreb (consulté le 9 octobre 2019)
  29. liberte-algerie.com, « “Karim Tabbou insulté, injurié et mis en isolement”: Toute l'actualité sur liberte-algerie.com », sur http://www.liberte-algerie.com/ (consulté le 10 octobre 2019)

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]