Joseph François Foullon

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Joseph François Foullon
Joseph-François Foullon.jpg
Fonctions
Surintendant des Finances
12 -
Intendant des finances
-
Conseiller d'État
à partir de
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 74 ans)
ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité
Enfants
Joseph-Pierre-François-Xavier Foullon de Doué (d)
Eugène Joseph Stanislas Foullon d'Ecotier (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Parentèle
Louis François Foullon (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Propriétaire de

Joseph François Foullon dit Foulon de Doué, baron de Doué, né à Saumur le , assassiné à Paris le , est un administrateur français. Il fut une des premières victimes de la Révolution française, huit jours après l'assassinat du prévôt des marchands Jacques de Flesselles.

Nommé surintendant (ministre) des finances à la place de Jacques Necker, il a été pendu puis décapité devant l'Hôtel de ville de Paris, en présence du nouveau maire Jean-Sylvain Bailly et de Lafayette, commandant de la Garde nationale, en même temps que l'intendant de Paris, Bertier de Sauvigny, avant d'avoir, comme lui, sa tête promenée au bout d'une pique.

Biographie[modifier | modifier le code]

Avant la Révolution[modifier | modifier le code]

Issu d'une famille noble d'Anjou, Joseph François Foullon est le fils de Joseph Honoré Foullon, seigneur de Chaintre et de La Bessière, président et prévôt de Saumur, lieutenant-général criminel de Saumur, et d'Anne Fouyer de La Prousterie. Marié à Isabelle van der Dussen, il est le père de Joseph Foullon de Doué, d'Eugène Joseph Stanislas Foullon d'Ecotier et de Marie Joséphine Foullon[1], ainsi que le beau-père de Louis Bénigne François Bertier de Sauvigny.

Il est intendant général de la Guerre, puis de la Marine sous Étienne François de Choiseul, intendant des Finances sous l'abbé Joseph Marie Terray, Joseph de Foulon est un administrateur habile.

Conseiller d'État en 1771, très écouté de la Cour à laquelle il présente des plans de redressement financier, il est très hostile aux idées nouvelles de libéralisation du commerce du grain et à l'entourage de Philippe d'Orléans.

Durant la Révolution[modifier | modifier le code]

Le , Louis XVI le nomme contrôleur général des finances à la place de l'ancien banquier genevois Jacques Necker, très populaire dans les milieux bourgeois de la capitale. Ce choix excita une vive irritation chez ses partisans. Une campagne de calomnie est menée contre lui depuis l'entourage du duc d'Orléans : on fait croire aux Parisiens que c'est à Joseph de Foullon qu'est confiée l'intendance de l'armée rassemblée autour de Paris pour en finir avec l'Assemblée, qu'il spécule sur le grain en l'accaparant, et que lorsqu'on lui a fait observer que le pain devenait trop cher pour le peuple, il aurait répondu : « Si le peuple n'a pas de grain, qu'il mange du foin[2] ».

N'étant pas en sécurité à Paris, il s'installe le à Viry-Châtillon, chez l'ancien secrétaire d'État de la Marine Gabriel de Sartine. Il est arrêté dans le parc de ce dernier par des paysans et des domestiques.

Malgré son âge de près de soixante-quinze ans, il est conduit à Paris, pieds nus avec la bouche bourrée de foin. Comme il fait chaud, on lui donne à boire du vinaigre poivré et on lui essuie le visage avec des orties.

Conduit à l'Hôtel de ville de Paris au matin du , il est ensuite pendu à un réverbère dans la rue de la Verrerie, en présence de son gendre Bertier de Sauvigny, pendu place de Grève plus tard dans la journée. La corde entourant le cou de Joseph Foullon ayant cassé, on le décapite. Sa tête fut portée en triomphe avec une poignée de foin dans la bouche.

Selon les mémoires de Madame Campan, son cœur fut porté au Palais Royal par des femmes « au milieu d'un bouquet d’œillets blancs ».

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Sylvie Nicolas, Les derniers maîtres des requêtes de l'Ancien Régime (1771-1789). Dictionnaire proposographique, Paris, Ecole des Chartes, coll. « Mémoires et documents de l'Ecole des Chartes » (no 51), , 399 p. (ISBN 2-900791-21-9)
  2. Ou « S’ils ont faim qu'ils broutent de l'herbe ». Toutefois, cette citation n’est pas authentifiée. Voir Jean-Clément Martin, Nouvelle histoire de la Révolution française, Paris, Perrin, 2012, p. 167.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]