Joseph François Foullon

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Joseph François Foullon.

Joseph François Foullon dit Foulon de Doué, seigneur de Doué, né à Saumur le 25 juin 1715, assassiné à Paris le 22 juillet 1789, est un administrateur français, qui fut une des premières victimes de la Révolution française, quatre jours après l'assassinat du maire de Paris Jacques de Flesselles.

Nommé surintendant (ministre) des finances à la place de Jacques Necker, il a été pendu puis égorgé devant l'Hôtel de ville de Paris, en présence du nouveau maire Jean-Sylvain Bailly et de Lafayette, commandant de la Garde nationale, en même temps que l'intendant de Paris, Berthier de Sauvigny, avant d'avoir sa tête promenée au bout d'une pique.

Avant la Révolution[modifier | modifier le code]

Issu d'une famille noble d'Anjou, il est intendant général de la Guerre, puis de la Marine sous Étienne François de Choiseul, intendant des Finances sous l'abbé Joseph Marie Terray, Joseph de Foulon est un administrateur habile.

Conseiller d'État en 1784, très écouté de la Cour à laquelle il présente des plans de redressement financier, il est très hostile aux idées nouvelles de libéralisation du commerce du grain et à l'entourage de Philippe d'Orléans (1747-1793).

Sous la Révolution[modifier | modifier le code]

Le 12 juillet 1789, Louis XVI de France le nomme contrôleur des finances (ministre des finances) à la place de l'ancien banquier genevois Jacques Necker, très populaire dans les milieux libéraux. Ce choix excita une vive irritation chez ses partisans. Une campagne de calomnie est menée contre lui depuis l'entourage du Duc d'Orléans: on a fait croire aux Parisiens que c'était à Joseph de Foulon qu'était confiée l'intendance de l'armée rassemblée autour de Paris pour en finir avec l'Assemblée, qu'il spéculait sur le grain en l'accaparant, et que lorsqu'on lui a fait observé que le pain devenait trop cher pour le peuple, il avait répondu ; - "Si le peuple n'a pas de grain, qu'il mange du foin".

N'étant pas en sûreté à Paris, il s'installe le 21 juillet 1789 à Viry-Châtillon, chez l'ancien secrétaire d'État de la Marine Gabriel de Sartine. Il est arrêté dans le parc de ce dernier par des paysans et des domestiques.

Malgré son âge de près de soixante-quinze ans, il est conduit à Paris, pieds nus avec la bouche bourrée de foin. Comme il fait chaud, on lui donne à boire du vinaigre poivré et on lui essuie le visage avec des orties.

Conduit à l'Hôtel de ville de Paris au matin du 22 juillet 1789, il voit parader le nouveau maire Jean Sylvain Bailly avec La Fayette qui haranguent la foule et qui n'ordonnent pas sa libération.

On le pend à un réverbère dans la rue de la Verrerie, en présence de son gendre Berthier de Sauvigny qui fut lui aussi pendu place de Grève. La corde entourant le cou de Joseph Foulon ayant cassé, on le décapite. Sa tête fut portée en triomphe avec une poignée de foin dans la bouche. On l'accusait d'avoir conseillé la banqueroute et d'avoir dit pendant la famine : « S'ils ont faim qu'ils broutent de l'herbe ». Toutefois, cette citation n’est pas authentifiée[1].

Selon les mémoires de Madame Campan, son cœur fut porté au Palais Royal par des femmes « au milieu d'un bouquet d’œillets blancs ».

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Clément Martin, Nouvelle histoire de la Révolution française, Perrin 2012, p.167

Source partielle[modifier | modifier le code]

Marie-Nicolas Bouillet et Alexis Chassang (dir.), « Joseph François Foullon » dans Dictionnaire universel d’histoire et de géographie,‎ (Wikisource)