Joseph François Foullon

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Joseph François Foullon.

Joseph François Foullon ou Foulon de Doué, seigneur de Doué, né à Saumur le 25 juin 1715, est une des premières victimes de la Révolution française et mourut à Paris le 22 juillet 1789.

Avant la Révolution[modifier | modifier le code]

Issu d'une famille noble d'Anjou, il est intendant général de la Guerre, puis de la Marine sous Étienne François de Choiseul, intendant des Finances sous l'abbé Joseph Marie Terray, Joseph de Foulon est un administrateur habile mais peu aimé en raison de sa dureté.

Conseiller d'État en 1784, très écouté de la Cour à laquelle il présente des plans de redressement financier, il est très hostile aux idées nouvelles et à l'entourage de Philippe d'Orléans (1747-1793).

Sous la Révolution[modifier | modifier le code]

Le 12 juillet 1789, Louis XVI de France le nomme contrôleur des finances à la place de Jacques Necker. Le choix de cet homme, depuis longtemps impopulaire, excita une vive irritation. On a fait croire aux Parisiens que c'était à Joseph de Foulon qu'était confiée l'intendance de l'armée rassemblée autour de Paris pour en finir avec l'Assemblée.

Aussi juge-t-il bon de se mettre à l'abri et quitte-t-il Paris, le 21 juillet 1789, pour se rendre à Viry-Châtillon chez l'ancien secrétaire d'État de la Marine Gabriel de Sartine. Il est arrêté dans le parc de ce dernier par des paysans et des domestiques et conduit pieds nus à Paris. Comme il fait chaud, que ce vieillard de près de soixante-quinze ans a soif et transpire, on lui donne à boire du vinaigre poivré et on lui essuie le visage avec des orties.

Conduit à l'Hôtel de ville de Paris au matin du 22 juillet 1789, il voit défiler Jean Sylvain Bailly et La Fayette qui haranguent la foule mais n'osent demander sa libération.

On le pend à un réverbère dans la rue de la Verrerie, en présence de son gendre Berthier de Sauvigny qui fut lui aussi pendu place de Grève. La corde entourant le cou de Joseph Foulon ayant cassé, on le décapite. Sa tête fut portée en triomphe avec une poignée de foin dans la bouche. On l'accusait d'avoir conseillé la banqueroute et d'avoir dit pendant la famine : « S'ils ont faim qu'ils broutent de l'herbe ». Toutefois, cette citation n’est pas authentifiée[1].

Selon les mémoires de Madame Campan, son cœur fut porté au Palais Royal par des femmes « au milieu d'un bouquet d’œillets blancs ».

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Clément Martin, Nouvelle histoire de la Révolution française, Perrin 2012, p.167

Source partielle[modifier | modifier le code]

Marie-Nicolas Bouillet et Alexis Chassang (dir.), « Joseph François Foullon » dans Dictionnaire universel d’histoire et de géographie,‎ 1878 (Wikisource)